D’un sophisme économique entendu souvent en salle des profs

À chaque rentrée scolaire, le secrétaire du syndicat de mon lycée vient nous asséner ses sophismes économiques

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D’un sophisme économique entendu souvent en salle des profs

Publié le 5 septembre 2011
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Aujourd’hui c’est la rentrée scolaire. Les salles de profs vont de nouveau s’animer et les sophismes économiques fleurir.

Par Fabrice Descamps

Des militants du SNES en pleine effervescence (source: site du SNES)

Le sophisme économique que je vais traiter brièvement dans ce billet me tient tout particulièrement à cœur car c’est celui que nous assène à longueur d’années scolaires nos chers camarades du SNES. Je voudrais, dans ce propos liminaire, remercier les militants du SNES puisque, aussi paradoxal que cela vous semblera, s’ils ne débitaient pas tant de sornettes dans une salle des profs ni ne passaient leur temps à vitupérer sans désemparer contre “l’ultra-libéralisme”, peut-être votre serviteur ne se serait-il jamais intéressé au sujet pour découvrir l’énormité des billevesées que le prof moyen profère contre cette école de pensée. Depuis vingt ans que je les écoute pérorer doctement, j’avoue en avoir soupé de leur balourdise. Dans un lycée comme le mien, qui est un haut-lieu de l’imbécillité gauchiste, je pense avoir développé quelques talents d’entomologiste pour repérer puis classer tous les scarabées bousiers de la sottise enseignante.

À chaque rentrée scolaire, le secrétaire du syndicat de mon lycée vient asséner à ceux qui ont pris des heures supplémentaires son sermon annuel sur l’air du “non, mais tu te rends compte, si tout le monde fait comme toi, les jeunes n’auront bientôt plus de boulot” ou encore “avec un départ à la retraite sur deux non remplacé en ce moment, ton attitude irresponsable crée encore plus de chômage”.

Eh bien non, camarade! Voici pourquoi.

Pour créer un poste de fonctionnaires, il faut bien prendre l’argent quelque part et payer le salaire du fonctionnaire avec. L’argent dépensé à payer le fonctionnaire ne sera pas dépensé ailleurs à payer un autre travailleur. Donc l’embauche de fonctionnaires est une opération blanche pour la société. De même, si notre société connaît du chômage, l’argent dépensé pour créer un poste de fonctionnaire sera autant d’argent en moins pour embaucher quelqu’un ailleurs mais cela n’affectera en rien le chômage global. Admettons que notre société ait un seul chômeur. Si je crée un et un seul poste de fonctionnaire en plus, celui-ci ne sera pas forcément pris par le chômeur mais peut-être par un jeune qui sera arrivé entre-temps sur le marché du travail. Comme le nombre global de travailleurs dans notre société ne changera pas, notre seul chômeur restera sur le carreau. Inversement, si, en tant que fonctionnaire, je prends des heures supplémentaires, ce sera peut-être l’équivalent d’un emploi dans la Fonction publique qui sera perdu mais cet argent servira à embaucher quelqu’un ailleurs.

On comprend que le SNES ne soit pas content : ça fait un affidé en moins pour ce syndicat dont les enseignants dépendent pour avoir leurs fameuses mutations. Mais ça ne fait pas un travailleur en moins dans toute la société.

Cela me semble tellement évident que je ne comprends même pas comment certains collègues continuent à se laisser culpabiliser et manipuler par le discours du SNES.

Attention, je n’affirme pas ce disant que la politique actuelle du gouvernement, consistant à supprimer un poste sur deux lorsque les fonctionnaires partent à la retraite, soit astucieuse, je souligne seulement qu’elle n’a aucune incidence sur les chiffres du chômage, ce que leur examen confirme.

Si M. Sarkozy m’avait demandé mon avis, j’aurais préféré que l’on supprimât tous les postes de fonctionnaires partant à la retraite dans les pléthoriques administrations centrales parisiennes et qu’on substituât aux postes supprimés dans l’enseignement secondaire des postes dans le primaire et le supérieur. Mais bon, on ne m’a pas demandé mon avis et tant mieux d’ailleurs car je suis un partisan convaincu de la démocratie représentative contre la démocratie directe ou son dernier avatar dégénéré, la démocratie participative à la Ségolène Royal. Mais ce serait un autre article.

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