Le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe sur le QE3

Quand un hyper-inflationniste commente le QE3 de Bernanke, cela mérite le détour.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
inflation-demotivator.jpg

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe sur le QE3

Publié le 18 octobre 2012
- A +

Quand un hyper-inflationniste commente le QE3 (Quantitative Easing) de Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale des États-Unis, cela mérite le détour. 

Par Chris Becker.

Gideon Gono, gouverneur de la Banque de Réserve du Zimbabwe qui a détruit le Dollar Zimbabwéen par des créations monétaires hyper inflationnistes, met en parallèle “l’assouplissement quantitatif” (actuellement en vigueur aux États-Unis, ndlr) et la politique qu’il a suivie durant la dernière décennie, dans le dernier rapport semestriel de 2012 sur la politique monétaire de la Reserve Bank of Zimbabwe (RBZ).

Gideon Gono écrit (passages importants en gras) :

2.14 Dans ce contexte le Gouvernement du Zimbabwe a échoué à atteindre les obligations fiscales de par les allocations budgétaires qui ont été sévèrement érodées par la hausse de l’inflation. Ainsi, le financement des dépenses capitales et récurrentes représente un important défi pour le Gouvernement.

2.15 Ces développement négatifs menacent le système des services publics et l’économie dans son ensemble d’un arrêt complet, entrainant ainsi une aggravation de la pauvreté pour le peuple Zimbabwéen.

2.16 C’est contre cette situation que le Gouvernement intervient pour sauver la situation à travers différentes interventions par la Banque de Réserve du Zimbabwe.

2.17 Ces interventions conçues dans le même moule que les packages de subvention et de mesures d’assouplissement quantitatifs, actuellement en vigueur aux États-Unis et au sein de l’Union Européenne, étaient destinées à susciter une réponse positive en matière de réserve et à stopper un déclin économique plus important.

Mais plus encore,

2.20 Malgré des mesures interventionnistes nombreuses entreprises par le Gouvernement via la Banque Centrale du Zimbabwe, l’activité économique a continué de diminuer progressivement avec une inflation atteignant à son plus haut niveau les 231 millions % en Juillet 2008. Les autres défis ayant affecté l’économie comprennent :

  • Fréquentes pannes de courant ;
  • Pénurie de liquidités ;
  • Pénurie grave de devises étrangères ;
  • Fuite des cerveaux ;
  • Marchés noirs puissant pour les produits importés et les transactions ;
  • Réserves de carburant erratiques ;
  • Comportement d’emprunt à risque et spéculation endémique ;
  • Hausse rapide des coûts de production.

2.21 En plus de ces nombreux problèmes, la valeur de la monnaie locale a chuté précipitamment alors que les activités spéculatives s’intensifiaient. Contre cette situation, les transactions étaient de plus en plus réalisées en monnaies étrangères bien plus stables et prévisibles.

Même si Ben Bernanke et Mario Draghi ainsi que tous les autres membres des Banques Centrales essayent de vous convaincre que ce qu’ils entreprennent est totalement différent de ce que Gideon Giono a réalisé, vous devriez vraiment prendre plus au sérieux Gideon Gono, qui admet, tout compte fait, que la stratégie de la planche à billet ne fonctionne pas pour « stimuler » la croissance. Tout ce qu’elle peut stimuler ce sont des risques de haute et hyper-inflation.

—–
Source : Mises South Africa Blog
Traduction : Virginie Ngo

Voir les commentaires (4)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (4)
  • C’est pourtant si évident que je me demande comment ces-gens-là ne s’en rendent pas compte : La richesse n’est pas contenue dans son symbole (la monnaie), mais dans les biens et services. Du coup, imprimer des billets ne crée pas de richesse, mais la transfère de la poche de ceux qui possèdent cette monnaie dans celle de ceux qui l’impriment.

    • en même temps c’est bien le but poursuivi: filer plein d’argent aux banques et/ou récupérer leurs actifs toxiques pour éviter qu’elles ne fassent faillite. Après d’autres blablatent sur la relance, mais ce n’est pas l’argument n°1 des banquiers. Et il est vrai qu’on attend quand même que l’inflation se matérialise vraiment (à part dans l’or)

      • Ne vous inquiétez pas pour ça, elle commence à arriver notamment pour les produits de première nécessité !

      • Beaucoup de banques se sont servi de cet argent pour reconstituer des fonds propres qu’elles avaient déjà mis sur le marché (d’où le problème) Une partie de l’inflation a donc déjà eu lieu, avant même la mise à disposition de l’argent.
        Le reste, mous risquons fort de nous le prendre d’un coup… Quand la machine s’emballe, on ne contrôle plus rien…

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don
Suite de notre recension, après les leçons 1, 2 et 3 sur le capitalisme, le socialisme et l’interventionnisme… L’inflation

Cette quatrième leçon porte pour l’essentiel sur l’idée de création monétaire. L’histoire se répète et a montré depuis longtemps, notamment lors de l’épisode de la découverte des réserves massives d’or et d’argent en provenance d’Amérique au XVIème siècle, à quel point la quantité de monnaie ou l’émission massive qui en est faite est source de montée des prix et constitue à ce titre une très mauvaise solution pour tenter ... Poursuivre la lecture

Economie, Capitalisme, Socialisme, Interventionnisme, Inflation, Liberté d’entreprendre, Libertés individuelles

Une lecture rafraîchissante, très concrète et abordable.

Ce recueil reprend une série de six conférences du célèbre économiste et penseur autrichien face à un public estudiantin en Argentine en 1959, sur des thèmes intemporels. L’intérêt de cette parution est de ne rien perdre, en les restituant, du caractère pédagogique et toujours parfaitement instructif aujourd’hui, de ces leçons.

Le capitalisme

Dans sa première leç... Poursuivre la lecture

Ouf, François Bayrou peut respirer ! Il reste Premier ministre pour un petit moment encore. Quoique adopté sans vote grâce à l'article 49.3 de la Constitution, le Projet de loi de finances (PLF 2025) révisé par ses soins après les déboires du PLF Barnier n'a pas abouti à la censure de son gouvernement. Il faut dire que depuis sa nomination à Matignon en décembre, M. Bayrou n'a pas ménagé sa peine pour faire plaisir au Parti socialiste (PS) quoi qu'il en coûte.

Ce dernier, satisfait du bout des lèvres des "concessions" budgétaires obten... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles