Le 15 août dernier, le président de la République de Pologne Andrzej Duda a rendu hommage aux 14 000 soldats de la République populaire ukrainienne commandés par Symon Petlioura, qui ont combattu aux côtés de l’armée polonaise contre l’Armée rouge soviétique en 1920.
Indépendantistes vis-à-vis de l’Empire russe puis de la Russie bolchevique, ils s’étaient réfugiés en Pologne (aujourd’hui ces territoires sont ukrainiens). Les deux armées se sont alliées afin de repousser l’impérialisme de Lénine. Le 15 août, la contre-attaque commença près de Varsovie, se terminant par la victoire de la Pologne. La bataille de Varsovie, menée par les Polonais, préserva l’indépendance de leur pays, mais surtout réussit à contrecarrer les plans soviétiques de propagation du communisme en Europe occidentale (du moins jusqu’à aujourd’hui…)
En retour, ce 15 août 2022, Volodymyr Zelensky rend hommage aux Polonais pour cette bataille et les félicita, dans leur langue, pour leurs actions passées et actuelles. L’ambassadeur d’Ukraine en Pologne Vasyl Zvarych a déclaré : « Nous sommes plus forts ensemble, ce qui a été prouvé par l’alliance de l’armée polonaise et de l’armée populaire ukrainienne en 1920. Nous avons gagné ensemble alors, nous allons gagner ensemble maintenant ! Gloire aux héros ! » Pour le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, « Nous affrontons à nouveau ensemble un ennemi séculaire ».
Les relations entre les deux pays ont pourtant connu des épisodes tragiques. Entre 1942 et 1944, des sections de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) ont perpétré des massacres en Volhynie, région ukrainienne anciennement polonaise, contre la minorité polonaise, exterminant quelque 100 000 personnes. Les représailles des milices polonaises ont coûté la vie à beaucoup de paysans ukrainiens. Ce conflit fut encouragé, voire provoqué par les nazis qui occupaient la région à l’époque, mais les deux pays se rejettent la responsabilité du déclenchement des massacres, qualifiés de génocide par le Parlement polonais le 22 juillet 2016.
Néanmoins, la Pologne et la majorité des Polonais sont solidaires de l’Ukraine. Il ne faut pas oublier le passé, mais il est nécessaire de construire l’avenir et pour cela de bannir la rancœur, comme l’ont fait la France et l’Allemagne. Aujourd’hui, la Pologne dirige l’aide humanitaire, elle est aussi l’un des principaux fournisseurs d’armes à l’Ukraine. Les Polonais ont ouvert leurs maisons à des millions d’Ukrainiens et les volontaires qui combattent en Ukraine constituent l’un des contingents étrangers les plus importants. Les Ukrainiens et leurs représentants leur en sont très reconnaissants.
La France devrait s’inspirer de cette solidarité et mieux mesurer l’importance de la lutte contre l’impérialisme russe, désormais néo-soviétique. La Pologne, en combattant la Russie pendant des siècles, a protégé l’Europe occidentale.
Emmanuel Macron aurait-il oublié Alexandre Millerand ? Président du conseil des ministres du 20 janvier au 23 septembre 1920, puis élu président de la Troisième République à cette date, il a soutenu la Pologne contre l’Armée rouge. Le 26 juillet 1920, alors Premier ministre, il déclara au Sénat : « Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est possible et impossible pour aider notre allié polonais. » Il affirma également : « En ce qui concerne la Pologne, ce qui est en cause, c’est l’indépendance d’un peuple ; en ce qui concerne la Russie, ce sont les principes mêmes de la civilisation moderne ». Ainsi, la France accorda un prêt à la Pologne et lui fournit des armes, ainsi que du matériel militaire. Le 19 février 1921, les deux pays signèrent l’alliance franco-polonaise, document qui renforça la sécurité de la Pologne. Plutôt que de dialoguer dans le vide avec Vladimir Poutine, conseillons à notre président de relire l’histoire de France.
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Une réponse
Oui et rappelons lui que Millerand n’a pas terminé son second mandat. Qu’il foute le camp et que la France soit remise sur les rails qu’elle n’aurait jamais dû quitter (attention, je ne fais aucune allusion à la SNCF).
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