Journal d'actualité libéral
|
mercredi 27 mai 2026

Anciens premiers ministres : la fin des privilèges ?

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis le 1er janvier 2026, les anciens Premiers ministres et anciens ministres de l’Intérieur ne bénéficient plus d’avantages en nature à vie, tels qu’un véhicule avec chauffeur, un secrétariat ou une protection policière permanente. En septembre dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé, sur X, que tous ces « moyens mis à disposition des anciens premiers ministres à vie le seront dorénavant pour une durée limitée ». Seuls ceux qui ont quitté leurs fonctions depuis moins de deux ans, ou sont exposés à un risque avéré, pourront encore profiter d’un dispositif de sécurité, réévalué périodiquement.

Cette réforme, pressentie dès l’entrée en fonction de M. Lecornu, met (timidement) fin à des pratiques qui existaient depuis un décret du 22 octobre 1997 pas même publié au Journal officiel, et signé notamment par Jacques Chirac, ancien président de la République, et Lionel Jospin, Premier ministre de l’époque.

Certes, le coût budgétaire est limité – un peu plus de 1,4 million d’euros en 2023 – mais il s’agit ici d’une question de principe : rien ne justifie le fait que des responsabilités politiques temporaires ouvrent droit à des avantages durables, hors impératifs sécuritaires. En ce sens, la réforme ne va pas assez loin : la situation des anciens présidents de la République, par exemple, reste intacte. Ils continuent de bénéficier, après l’exercice de leur mandat, de collaborateurs permanents, d’une prise en charge de leur loyer, de leurs frais généraux de locaux meublés et équipés, de leurs frais de réception et de déplacement pour les activités liées à leur ancienne fonction, d’un véhicule avec chauffeurs, sans oublier une dotation annuelle de 65 000 € brut… En 2023, le coût estimé était de 718 450 € pour Nicolas Sarkozy et de 598 714 € pour François Hollande.

D’autres privilèges concernent les fonctionnaires de l’Assemblée nationale, comme l’IREF l’a démontré dans une étude (rémunérations, système de primes, prêts bonifiés…). Autant de dispositifs et de régimes d’exception qui sont difficilement conciliables avec les exigences de rigueur budgétaire, à l’heure où la France a l’un des taux de dépenses publiques parmi les plus élevés d’Europe (57,1 % du PIB en 2024, contre une moyenne de 49,6 % du PIB dans la zone euro).

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


7 réponses

  1. Mais le plus grand privilège dont on ne parle pas et qu’il faudrait supprimer, c’est… ne pas être jugé et ne pas rendre de compte pour le mal qu’ils ont fait au pays!

  2. Il est sain dans une société que les privilèges ne soient pas le but d’une vie. Certains privilèges sont dus au travail de leurs bénéficiaires au profit de la société, ils ont quelque chose de légitime à condition de rester dans une juste mesure. Et c’est à ce niveau que le problème se situe.
    Notre société française est devenue consumériste et individualiste, dirigée par une caste qu’elle a choisie, plébiscitée et adulée. Elle paie aujourd’hui le prix de son aveuglement.

  3. Le coût estimé de 1,4 millions d’euro me paraît bien sous-estimé au vu de ce que coûte le soutien à MM Sarkozy ou Hollande voisin du même montant. Le cas de M Hollande est particulièrement odieux, lui qui détestait les riches (travailleurs) à 4000€ mensuel et s’employa à leur faire les poches…..

  4. A quand les vraies économies ? Il me semble que 1789 avait permis l’abolition des privilèges non ? Ou bien ont ils juste été transposés ?? Il serait grand temps que la France fasse preuve de plus de justice vis à vis de Nicolas qui en a marre de payer tous ces privilèges et de se serrer la ceinture pour ça. Surtout quand on voit le résultat sur le pays …

  5. Comme d habitude des effets de manches qui vont contenter certains !
    Ils pourront dire : vous voyez ils font quelque chose.
    Alors que non c’est RI DI CU LE comme toujours.
    Mais dans ce pays on se contente de tellement peu…… Que cela en devient frustrant et rageant.
    Je n’en peux plus d’entendre cette phrase « c’est mieux que rien » !
    Autrement dit : contentez vous en, dites merci, léchez les pieds des gens qui vous accordent cette aumône !
    Je n’en peux plus ! !! !

  6. Pas + d’1 an d’indemnisation pour TOUS les politiques et surtout le président de la république en fin de mandat.
    Quant aux risques pour les 1ers ministres et les ministres de l’intérieur, quand ils ont accepté le poste, ils connaissaient les risques. STOP !!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.