Le premier coup de feu fut tiré en 2018 quand les États-Unis imposèrent une hausse des droits de douane tout en accusant Pékin de s’adonner à des pratiques commerciales déloyales (transferts plus ou moins « forcés » de technologie, nombreuses violations de propriété intellectuelle…). Loin d’être un lointain souvenir, il y a quelques jours, la guerre a atteint un nouveau palier avec l’Oncle Sam qui a augmenté ses droits de douane jusqu’à atteindre 125 % du prix d’un article ! La riposte ne s’est pas fait attendre, la Chine appliquant des surtaxes avoisinant, elles aussi, 125 % sur certains produits américains.
Selon les données des douanes chinoises, les exportations chinoises vers les États-Unis, qui représentaient 419 milliards de dollars en 2024, ont (déjà) diminué de 8 % au premier trimestre 2025. En contrepartie, la Chine suspend certaines importations agricoles (soja, maïs) et lance, à tout va, des enquêtes anti-dumping contre des entreprises américaines (Nvidia).
Plus important encore, la Chine a compris qu’elle ferait bien de réduire sa dépendance. Le plan « Made in China 2025 », lancé en 2015, accélère encore sa vitesse de croisière. L’objectif étant d’atteindre l’autonomie technologique dans des secteurs aussi stratégiques que ceux des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle ou des énergies renouvelables. L’empire du Milieu a ainsi investi 1,4 trillion de yuans (200 milliards de dollars) dans le seul secteur de la recherche et du développement en 2024 (soit une augmentation de l’ordre de 10 % par rapport à 2023). Le message de Weng Wentao, ministre chinois du Commerce, ne saurait se faire plus clair : si les États-Unis persistent dans l’unilatéralisme et l’intimidation, la Chine se battra jusqu’au bout pour défendre ce qu’elle estime être ses droits légitimes.
Maintenir le cap malgré les incertitudes
La guerre commerciale n’a, pour l’instant, que des effets limités sur l’économie chinoise. Non seulement la croissance a été de 5% l’année dernière, mais les exportations atteignent maintenant le niveau record de 3,4 trillions de dollars. ! Cela dit, certains secteurs dépendants du marché américain, (l’électronique, le textile) commencent à pâtir de cette guerre commerciale surtout que la consommation intérieure, secteur clé pour tenter d’absorber les chocs externes, n’est pas au beau fixe. Zheng Shanjie, chef de la planification économique, l’a d’ailleurs reconnu en mars 2025 : « L’incertitude de l’environnement extérieur s’accroît, et nous faisons face à une demande intérieure insuffisante. » Pour y remédier, Pékin annonce une hausse des dépenses publiques de 6 % en 2025, visant à stimuler l’investissement et à favoriser la consommation. Autre point faible, le secteur immobilier (en crise depuis 2021), une épine de plus dans la patte du dragon rouge. Estimée à plus de 1,2 trillion de dollars, la dette des promoteurs ressemble de fort près à une épée de Damoclès. Tombera, tombera pas ?
Xi Jinping réaffirme pourtant son objectif de faire de la Chine une « puissance technologique mondiale » d’ici 2035 ! Et peu importe si le géant américain semble faire barrage à ses ambitions.
À long terme, la guerre commerciale pourrait accélérer le découplage économique entre les États-Unis et la Chine, bien que l’interdépendance reste forte. Cependant, des entreprises comme Apple, qui assemble 90 % de ses iPhones en Chine, envisagent de déplacer 25 % de leur production en Inde d’ici 2026, signe d’une reconfiguration des chaînes d’approvisionnement.
La presse chinoise à fond contre « l’agresseur »
Qu’en pense la presse chinoise, ou plutôt qu’en dit-elle ? Le Quotidien du Peuple, China Daily, le Global Times ainsi que les plateformes numériques comme Weibo jouent un rôle central dans la construction d’un récit aussi nationaliste que pragmatique.
Les médias chinois ne se gênent pas pour dépeindre les États-Unis sous la figure de l’agresseur tentant de « contenir » l’ascension légitime de la Chine. Un éditorial du Global Times daté du 10 avril 2025 titre d’ailleurs : « Les tarifs américains : une tentative désespérée de bloquer la Chine ». Le reste de l’article est à l’avenant : « Washington utilise des mesures coercitives pour freiner notre développement, mais la Chine ne pliera pas. » Les tarifs sont présentés comme une attaque aussi injuste que brutale contre un pays respectueux des règles commerciales. Sur Weibo, des hashtags comme #AmericanBullying (#IntimidationAméricaine) génèrent instantanément des millions de vues. En bref, la Chine se veut innocente.
Par ailleurs, les médias n’hésitent pas à mettre en avant la résilience économique du pays afin de rassurer aussi bien la population que les investisseurs. Nombreux sont les articles à s’attarder longuement sur les succès. C’est à qui vantera l’excédent commercial de 877 milliards de dollars, à qui encensera la droite ligne du régime qui, en rien, ne saurait faillir.
Ce ton volontairement optimiste vise à étouffer de potentielles incertitudes. Quant aux chiffres mis en avant, ils sont choisis minutieusement. La TV chinoise n’évoque que rarement la faible croissance de la consommation (3,7 %) et s’appesantit peu sur les problèmes structurels propres au pays.
Sur les réseaux sociaux, ce n’est guère mieux. Des influenceurs sont payés par l’Etat pour relayer un message officiel au travers de posts qui se veulent aussi rassurants que viraux. Ainsi il n’est pas rare de voir une jeune influenceuse mode affirmer tout sourire que « les usines tournent à plein régime » !
Et à toute heure du jour comme de la nuit, les médias célèbrent le plan « Made in China 2025 ». Un reportage diffusé en février sur CCTV (principale chaîne de télévision) filmait des usines Huawei sur fond de slogan : « Chaque puce produite en Chine est une victoire contre l’hégémonie technologique. » Les journaux et radios se focalisent sur les indéniables avancées (comme les 1,3 million de brevets déposés en 2024) tout en minimisant les défis (dépendance aux équipements étrangers pour près de 70 % de la production de puces). Cette version des faits, qui mise tout sur la galvanisation d’un patriotisme à la chinoise est relayée par de nombreux hashtags en ligne tel que #ChinaTechRising.
La sphère journaliste chinoise reste encore fortement cadenassée par les élites du Parti et les rédacteurs se contentent souvent d’être de simples relais idéologiques. N’oublions pas que selon Reporters sans frontières, la Chine se classe 179eme sur 180 pour la liberté de la presse ! Et guerre commerciale ou pas, certaines choses ne sont pas près de changer.
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3 réponses
« … la Chine se classe 179eme sur 180 pour la liberté de la presse !
Croyez vous les Chinois dupes de la propagande qui les submerge…. ?
L’impudence chinoise n’a pas de borne à cause du communisme. Elle ne respecte aucune règle et ose accuser les autres, pratiquant le dumping à outrance sur tous les produits, en ce moment les voitures, et faisant tout pour limiter les importations de l’étranger. Elle pille litérallement le reste du monde!
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3 réponses
« … la Chine se classe 179eme sur 180 pour la liberté de la presse !
Croyez vous les Chinois dupes de la propagande qui les submerge…. ?
Les Russses le sont bien !
L’impudence chinoise n’a pas de borne à cause du communisme. Elle ne respecte aucune règle et ose accuser les autres, pratiquant le dumping à outrance sur tous les produits, en ce moment les voitures, et faisant tout pour limiter les importations de l’étranger. Elle pille litérallement le reste du monde!