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lundi 19 octobre 2026

Comment osez-vous, M. Macron, promettre d’être « intraitable » ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le chef de l’État a affirmé qu’il sera « intraitable » face aux casseurs. « Notre responsabilité est double : entendre la colère, et faire respecter fermement l’ordre républicain. » « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser. » Les coupables sont nommés : des « factieux issus de groupuscule d’ultra gauche, rejoints par de nombreux délinquants ». Les préfets « iront jusqu’à interdire certains rassemblements », en lien avec les maires. Et sur le maintien de l’ordre, « toute la transparence sera faite ».

« Comment osez-vous ? » lança naguère l’activiste écologiste Greta Thunberg à la tribune des Nations unies. Elle reprochait au monde entier de parler au lieu d’agir, à propos du climat. Les innombrables commerçants dont les boutiques ont été saccagées le week-end dernier pourraient défiler en scandant eux aussi la formule, après les dernières déclarations en date d’Emmanuel Macron dont les promesses d’intransigeance, réitérées à chaque flambée de violences, finissent par résonner comme un disque rayé. Oui, comment peut-on oser faire des promesses qui en neuf ans d’exercice du pouvoir n’ont jamais été tenues ? Et ce, au lendemain d’une journée où l’on a pu constater la quasi impuissance de quelque 10 000 policiers et gendarmes, dont 5000 à Paris, contre des casseurs ultra violents. Promettre en bonus « toute la transparence » sur un dispositif dont on est responsable, c’est reconnaître qu’il a failli.

Quant à la sévérité judiciaire, on sait déjà ce qu’elle vaut. Après les émeutes de l’été 2023, le ministère de la Justice a recensé 4 481 gardes à vue dont 1 319 pour des mineurs, 1 863 condamnations et des peines de prison ferme de 9,3 mois en moyenne. Le taux de réponse pénale, 92%, a donc été très important. Il n’a pas empêché ce qui vient de se passer. Promettre la plus grande sévérité envers les délinquants ne signifie pas que l’Etat est capable d’agir.

Promettre d’être « intraitable » devant les caméras de la télévision ne coûte que le temps d’une séance de maquillage. Rien à voir avec l’élaboration et l’application déterminée d’un plan pour renforcer la justice, la police et la capacité d’accueil des prisons.

Désigner les factieux d’ultragauche n’est pas faux : le ministre de l’Intérieur leur impute lui aussi l’essentiel des violences organisées. Mais cela n’explique pas que 1 500 commerces aient été pillés sous la « protection » de 10 000 hommes. La responsabilité des casseurs est pénale, les tribunaux s’en chargeront. Celle de l’État est politique, et c’est la seule dont un président ait à répondre.

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