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vendredi 16 octobre 2026

Compte personnel de formation (CPF) : le gouvernement préfère augmenter le reste à charge plutôt que de libéraliser

Temps de lecture : 2 minutes

Le ministère du Travail va devoir composer avec une baisse de 2,5 milliards d’euros de son budget en 2027. En réformant le compte personnel de formation (CPF), il pourrait dégager entre 300 millions et 350 millions d’euros d’économies : les salariés devront payer davantage pour financer leurs formations. La participation forfaitaire obligatoire passerait de 150 à 350 euros. Rappelons qu’elle n’était encore que de 103,20 euros avant le décret du 30 mars 2026 : elle aurait donc plus que triplé en un an.

Y échapperaient les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, les salariés dont l’employeur cofinance la formation, ceux qui suivent une formation figurant sur la liste des priorités fixées par l’État (défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique…), ainsi que les bilans de compétences, la validation des acquis de l’expérience et les transitions professionnelles. Autre nouveauté : un questionnaire préalable évaluerait la « maturité » du projet professionnel et un algorithme déterminerait à partir de là le montant à acquitter. En cas de doute, le titulaire serait invité à échanger avec un conseiller en évolution professionnelle. Une perte de temps potentielle pour les directions de ressources humaines qui devront « rattraper » leur dossier en cas de rejet. Précisons que rien n’est encore voté : la mesure figure dans le projet de loi de finances pour 2027, présenté en Conseil des ministres début octobre

Mais ce n’est pas le pire dans cette usine à gaz qu’est le CPF. Le dispositif, qui existe depuis 2015, fait l’objet de fraudes massives (faux organismes de formation, usurpations d’identité…). Entre 2021 et 2024, elles ont été multipliées par cinq selon Tracfin : de 7,8 millions à 43,2 millions d’euros. Si le préjudice financier reste difficile à établir, il était estimé à 221 millions d’euros en 2025, avec des enjeux financiers moyens par entreprise qui dépassent les 700 000 euros.

Pour quelle efficacité ? Les formations les plus suivies ne sont pas les plus pertinentes pour améliorer les trajectoires professionnelles, d’après un rapport d’information du Sénat. « Le public qui utilise son CPF s’oriente en majorité vers des actions de formation non qualifiantes, comme les bilans de compétences, ou vers des formations et non diplômantes, comme des formations en langues vivantes ». En 2021, 15 % des personnes ayant achevé leur formation estimaient qu’elle leur a permis de trouver ou de retrouver du travail.

Le montant du reste à charge est donc l’arbre qui cache la forêt : l’État impose aux salariés une conversion d’une partie de leur salaire en « droits à la formation » (il est impossible de récupérer l’argent de son compte CPF en espèces ou sur son compte bancaire), il détermine les formations prioritaires, les organismes agréés, impose un questionnaire et un conseiller si le projet est jugé trop fragile par un algorithme. On pourrait simplement laisser les salariés utiliser leur argent pour se former à leurs frais s’ils le souhaitent et responsabiliser davantage les entreprises, comme en Suisse ou en Allemagne. Un salarié qui paie sa formation la choisit ; un salarié qui dépense des « droits » la consomme.

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4 réponses

  1. Une fois de plus l etat montre son incapacité a gérer efficacement la redistribution qu il promeut
    L etatisme en France est une drogue douce qui mène le pays dans le fossé avec la bénédiction de nos gaulois ravis

  2. C’est une arnaque ce cpf, comme d’habitude, on t’oblige à cotiser (pour récupérer du fric) et ceux qui décident mettent en place des règles pour que tu ne puisses pas bénéficier de ton cpf (exemple la limite d’âge).

  3. Tant que l’on comptera sur des fonctionnaires pour gérer quoi que ce soit, ce sera l’échec assuré. Les fonctionnaires sont comme le définit leur nom, des exécutants. Pas des aigles, pas des entrepreneurs. Ne pas compter sur eux pour prendre les bonnes décisions. Ils n’ont pas été formés pour ça et surtout pas à l’Ena où ils ont appris à pantoufler pendant de longues études. Mais comment faire comprendre cela aux Français assommés au quotidien par des journalistes qui ne voient de réussite que dans l’obtention d’un diplôme qu’ils n’ont pu atteindre ?

  4. Comme d’habitude, l’Etat prélève d’office sur les salaires, met en place des intermédiaires qui coûtent, qui lui permettent « en même temps » de truquer les chiffres du chômage, et « flèche » vers une dépense dont le salarié n’a pas forcément besoin, mais qu’il paye quand même en partie !
    Comme avec les tickets-resto et le pass culture, entre autres.
    Et il y en a toujours un, champion des étiquettes, qui croit que les Français sont d’accord avec ces stupidités !

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