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samedi 14 février 2026

« Dans la maison de mon père », de Joseph O’Connor

Temps de lecture : 2 minutes

En Septembre 1943, les forces allemandes occupent Rome. Seul le Vatican, pays neutre et indépendant, est épargné.  Et si une frontière infranchissable l’entoure, le père Hugh O’Flaherty ne se gêne pas pour la franchir. Alors Pie XII, qui croit en l’efficacité de la diplomatie politique, lui supprime, sans diplomatie aucune selon l’auteur, son titre de représentant du Vatican pour visiter les prisonniers de guerre Alliés et Juifs. Mais Hugh est bien décidé à exfiltrer hors d’Italie ces malheureux dont le nombre ne cesse d’augmenter au sein du Vatican. Il réunit des êtres chers pour manigancer un scenario avec, pour seul but, la liberté des incarcérés. Du roman historique le lecteur passe au roman policier avant de réaliser la dimension philosophique du livre.  Ce prêtre a tout du héros, capable de passer outre les ordres de la hiérarchie ecclésiale, de risquer sa vie au nom de la liberté et peut-être même par finir de convertir Hauptmann, chef de la Gestapo qui n’aura cessé de le suspecter. En attendant,  le chÅ“ur de chanteurs, dont l’homme d’Eglise s’entoure,  n’est qu’un prétexte pour regrouper secrètement des amis fiables, désireux comme lui de stopper un tel génocide.  Qu’il soit aristocratique, patriotique, politique ou tout simplement humaniste, chacun de ses acolytes fait revivre avec émotion les moments cruciaux qui précédèrent cette mission prévue pour le soir de Noël, lors duquel on voit le padre courir sous les voûtes souterraines du Vatican, traverser le Tibre sous les tirs allemands, risquer sa vie jusqu’ à accomplir l’impossible : distribuer les fonds récoltés pour permettre à des milliers de Juifs de s’échapper.

Le style est enlevé, les confidences pleines de loyauté, l’ironie et la ruse, comme l’amitié et le courage, soudent indubitablement les hommes. Véritable chorale de témoignages qui remontent le temps, ce livre offre de beaux passages descriptifs où la noirceur de la Rome occupée s’estompe grâce à la grandeur d’âme et la générosité d’une chaîne solidaire malheureusement méconnue.

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Une réponse

  1. Sauf que dns la réalité c’est le Pape Pie XII qui a permis à des milliers de juifs d’éviter les rafles. Ben Gourion et Golda Meir l’ont récompensé pour son action!

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