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mardi 21 avril 2026

Demain, une France sans tabac ?

Temps de lecture : 2 minutes

Le tabagisme demeure un enjeu majeur de santé publique en France. Nous comptons 27 % de fumeurs, contre une moyenne de 24% en Europe. On estime qu’environ 75 000 décès sont dus chaque année à des complications qui lui sont liées, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable. Est-ce évitable, et comment ?

La situation ne progresse que très lentement. L’objectif est de parvenir à zéro tabac ou presque (taux inférieur ou égal à 5 %) d’ici à 2032 mais selon les projections actuelles, il ne pourra être atteint que dans… 141 ans. Toutefois,  des pays leaders de la lutte antitabac nous indiquent des moyens d’aller plus vite. Les chiffres le montrent : avec des stratégies fondées sur des données probantes et une réglementation intelligente, le changement est possible.

Trois scénarios

La plateforme Path to Smoke-Free présente trois scénarios, très différents. Le premier, c’est l’immobilisme : si rien de plus n’est fait, la France n’atteindra le statut de pays sans tabac, nous l’avons vu plus haut, qu’en 2166, soit 134 ans après l’objectif théorique. Le second, c’est de prendre modèle sur les pays leaders dans ce domaine, tels la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni ou le Japon. Il y aurait alors des chances pour que l’objectif soit atteint en 2076. Le troisième scénario, c’est de se caler sur la politique mise en oeuvre en Suède : nous décrocherions alors le pompons douze ans plus tôt, en 2064.

Pourquoi la Suède est en passe de vaincre le tabagisme

Avec un taux de tabagisme de seulement 5,3 %, qui tombe à 4,5 % chez les Suédois de naissance, ce pays va probablement devenir le premier au monde sans tabac. En 2004, il comptait encore 16,5 % de fumeurs. Les étrangers venus l’Union européenne qui s’installent suivent le mouvement : de 24%, ils ne sont plus que 7,8% à fumer.

Les effets sur la santé publique sont spectaculaires : par rapport à la moyenne de l’Union européenne, la Suède enregistre 21,2 % de décès liés au tabagisme en moins, 31,3 % de décès pour cause de cancer en moins et 36 % de décès par cancer du poumon en moins. En outre, les décès dus aux maladies cardiovasculaires ont baissé de 12% depuis 2008 et ceux qui sont dus à des cancers provoqués par le tabac, de 25,3 %.

Le secret de ce succès ? Une stratégie qui consiste à faire accepter des produits de substitution, facilement accessibles et peu coûteux. Des  produits innovants à base de nicotine (ou produits nicotiniques à risques réduits – PNRR), souvent très efficaces : vapes, cigarettes électroniques, produits oraux comme le snus (une tradition suédoise), patchs de nicotine.

 Accélérer la trajectoire de la France vers un avenir sans tabac

 En comparant la Suède et la France, il est facile les lacunes de nos politiques. Contrairement à la Suède, la France impose aux PNRR un cadre réglementaire très restrictif, censée protéger les jeunes contre l’exposition à la nicotine, mais qui n’aide guère les fumeurs de longue date à se sevrer. En l’état actuel de ces réglementations,

  • la vente de cigarettes électroniques traditionnelles est autorisée, mais les vapes jetables sont, elles, interdites depuis février 2025 ;
  • depuis février aussi, les patchs de nicotine sont interdits dans l’ensemble du pays;
  • le snus est interdit depuis 1992 à l’échelle de l’Europe.

La France ne peut plus se permettre de perdre encore du temps. Des politiques efficaces existent, elles ont fait leurs preuves ailleurs, elles se basent sur la liberté et l’innovation et elles sauvent des vies, qu’attendons-nous ?

Illustration de couverture ©

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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7 réponses

  1. Les atermoiements français autour de la cigarette électronique sont une aberration… criminelle.

    Par ailleurs, pour aller vite, il faut communiquer par la peur.

    Ca a marché pour tout : de la sécurité routière (avec des bilans mensuels !) au changement climatique (avec désormais une piqûre de rappel quotidienne pendant la météo sur le service public).

    Il ne faut pas hésiter à montrer des cancéreux à l’hôpital, des familles endeuillées à cause de décès de proches à 60-65 ans, etc.

    La gouvernance par la peur serait ici parfaitement justifiée, bien plus que dans des domaines où les fake news abondent (le 80 km/h sauve des vies, il faut sauver la planète, j’en passe et des pires).

  2. Si les fumeurs souhaitent prendre leur plaisir et écourter leur vie, c’est leur problème, ils sont prévenus. Déjà bien que l’on rembourse leurs soins.
    Par contre il faut leur interdire de fumer sur les lieux publics, en particulier les terrasses de café. L’été un seul fumeur pollue toute une terrasse et oblige ceux qui sont incommodés d’aller se réfugier à l’intérieur.
    De quel droit ont ils le privilège de l’agrément en terrasse?

  3. Hum. Il faut tout de même relativiser. De 2004 à 2024, l’espérance de vie des Français a tout de même augmenté de 2,7 ans, contre 2,8 pour les Suédois. Si c’est significatif au niveau statistique, cela ne fait pas de miracle non plus….

  4. En même temps, la cigarette faisait faire autrefois bien des économies au système de retraite car trois hommes sur quatre fumaient dans les années 70 et ils arrivaient donc en retraite avec le coeur usé ou bien un début de cancer…

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