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samedi 6 décembre 2025

Des députés de gauche veulent limiter la « tyrannie du fait divers » et la « diffusion d’une sémantique racialisante »

Temps de lecture : 2 minutes

Une quarantaine de députés — parmi lesquels Alexis Corbière, Clémentine Autain, Sandrine Rousseau et François Ruffin — ont déposé un amendement dans la loi sur la réforme de l’audiovisuel public. Il ne demande rien de moins que « une réflexion éditoriale sur la place qu’occupent les faits divers dans la couverture de l’actualité. »

Les auteurs du texte s’inquiètent de « l’instrumentalisation des faits divers, devenue méthode de cadrage de l’information sur certaines chaînes privées comme CNews ». « Le meurtre de Lola, à Paris en 2022, et celui de Thomas, à Crépol en 2023, ont été l’occasion de véritables campagnes de diffusion d’une sémantique racialisante de la part de représentants politiques, d’éditorialistes et de médias d’extrême droite », estiment-ils. Ils s’en prennent aussi à Éric Zemmour qui « a cherché à mettre en circulation à partir de ces faits divers la catégorie de  « francocide » ». Pour eux, la faute revient à « une partie des médias qui semble servir « haut-parleur » à des visions du monde réactionnaires, sécuritaires et racistes, centrées en particulier sur la menace que constituerait l’immigration pour la sécurité et l’unité de la nation. » Leur cible est l’empire médiatique Bolloré (CNews, Canal+, C8, Europe 1, JDD), « qui ne dissimule guère sa proximité avec l’extrême droite ». Ils se plaignent aussi de la « radicalisation de médias historiquement associés à la droite conservatrice (Valeurs actuelles et même Le Point ou L’Express) ».

Difficile de savoir comment ces députés veulent « limiter la tyrannie des faits divers » à moins de carrément interdire d’en parler. Car d’autres médias que ceux qu’ils honnissent les mentionnent aussi. Par ailleurs, bannir les faits divers des journaux reviendrait à cacher des réalités et trier les événements, procédés usuels dans les dictatures où le niveau de criminalité est soigneusement occulté, mais inadmissible dans un pays démocratique. De plus, l’histoire de la presse est jalonnée de grandes bagarres entre journalistes et patrons trop politiquement intrusifs ; mais que ce soit l’Etat qui cherche à imposer ses vues, dicter aux médias leur ligne éditoriale ou la teneur de l’information qu’ils diffusent, relève d’une autre dimension, bien plus alarmante. Oui, il y a des règles à respecter mais l’actualité ne se fabrique pas. Le texte a été rejeté à l’Assemblée, il est actuellement au Sénat.

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