Journal d'actualité libéral
|
lundi 15 décembre 2025

Du « droit aux vacances » au « service public des départs en vacances » ?

Temps de lecture : 2 minutes

Les droits dits économiques et sociaux sont un puits sans fond. Illustration avec les congés payés.

L’Humanité (27-29 juin 2025) organise un débat sur plusieurs pages intitulé « Droit aux vacances : l’Etat doit-il en être le garant ? ». Sont invitées à s’exprimer trois personnes idéologiquement très proches : Nicolas Cano, le président de l’association Ancav, créée entre autres par la CGT ; Michelle Demessine, l’ancienne secrétaire d’État communiste au Tourisme ; et Henriette Steinberg, la secrétaire générale du Secours populaire français.

Michelle Demessine chante les louanges du « droit aux vacances », une « conquête sociale » de 1936, « structurée après la Libération par le Conseil national de la Résistance ». Un droit devenu « un véritable service public du départ, avec des villages conçus pour les classes populaires ». Nicolas Cano rappelle qu’à la CGT, on défend le « droit aux vacances », auquel malheureusement l’Etat (sous-entendu capitaliste) a porté atteinte, de manières directe et indirecte, « à travers ses choix économiques et sociaux » et du fait de l’affaiblissement des comités d’entreprise (aujourd’hui les comités sociaux et économiques).

Question : « Comment l’État pourrait-il en faire davantage ? ». Réponse de l’ancienne secrétaire d’État : « relancer une vraie politique publique ». Autre question, qui est au cœur du débat : « Serait-il utile de créer un service public dédié aux départs en vacances ? » Les réponses divergent quelque peu. Le cégétiste veut que « l’État impulse (sic) une vraie politique de départ en vacances » et qu’il joue « son rôle de force publique en imposant une meilleure répartition des richesses, notamment en direction des salariés ». Il ajoute : « Si on obtenait que les entreprises soient contraintes de financer correctement les comités d’entreprise, ce serait une victoire. Si l’Etat soutenait le tourisme social, ne serait-ce qu’à 20 % du niveau de soutien accordé aux entreprises du CAC 40, ce serait déjà énorme ». Tandis que Michelle Demessine parle d’une « vraie bataille politique » à mener, la secrétaire générale du Secours populaire est plus enthousiaste : « Dès lors qu’un sujet relève de l’action publique, il doit couvrir tous les besoins ».

Nul ne sera surpris par ces propos qui démontrent combien à l’extrême gauche et au Parti communiste, l’étatisation complète de la sphère économique et sociale repousse paradoxalement à un futur très lointain le prétendu dépérissement de l’État et par conséquent prolonge indéfiniment la « dictature du prolétariat » (en fait la dictature menée par un seul ou par quelques-uns au nom du « prolétariat »)…

Mais surtout, dans la société « capitaliste » présente, on voit combien la notion de besoins est un puits sans fond car, à l’image de l’égalitarisme brocardé par Alexis de Tocqueville, les besoins sont infinis et ils s’auto-alimentent. Le « droit aux congés payés » imposé par l’Etat central (grâce à la prospérité créée par le capitalisme…), les comités d’entreprise organisés par l’Etat, les services publics de l’État et des collectivités locales pour organiser le « droit aux vacances », le ministère du Temps libre, etc.

Plutôt que de créer des « faux droits » (et pourquoi pas le « droit aux congés payés de l’Abominable homme des neiges », dixit Friedrich Hayek ?), l’État devrait plutôt s’attacher à libérer les énergies. Les individus s’en porteraient mieux, au travail comme en vacances.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.