C’est Pascal Roché, directeur général de Ramsay Santé, qui le dit ! S’exprimant dans Les Échos, il estime la situation française grave : « Nous avons des dépenses parmi les plus élevées du monde, mais des indicateurs de santé qui, par rapport aux autres pays, se dégradent. » Il faut donc « qu’on arrête de dire qu’on a le meilleur système de santé au monde ». Il s’inquiète de la situation des 1 000 hôpitaux et cliniques privés dont la moitié est aujourd’hui « dans le rouge », mais aussi de celle des établissements publics qui accusent 3 milliards d’euros de perte. C’est pourquoi, il défend notamment la suppression de lits d’hospitalisation. Selon lui, 25% d’entre eux sont vides : « On dispose de 15% de lits en plus par habitant que la moyenne européenne. Nous sommes à 5,6 lits pour 1 000 habitants contre 2 en Suède où les gens ne sont pas moins bien soignés. »
La Suède est un modèle pour le dirigeant. Son groupe, leader européen de l’hospitalisation privée et des soins primaires avec 465 établissements, y est présent ainsi qu’en Norvège, au Danemark, en Italie et en France.
La gestion des hôpitaux est confiée au secteur privé après un appel d’offres
Dans ce pays scandinave, « la gestion des hôpitaux peut être confiée au secteur privé après un appel d’offres. On dispose d’une visibilité contractuelle sur huit ans et potentiellement quatre années de plus. Mais on nous demande de nous engager sur des objectifs qualitatifs qui sont mesurés ». Les patients suédois ont accès à des indicateurs de qualité – temps d’attente aux urgences, temps de prise en charge des cancers, taux de réadmission après telle ou telle opération chirurgicale, etc. – qui leur permettent de se détourner des hôpitaux les moins performants en allant se faire soigner ailleurs. Ces mêmes patients reçoivent tous les ans le décompte des dépenses qui ont été engagées pour leur santé, « cela démontre que rien n’est gratuit », insiste Pascal Roché. Il vante aussi le dossier médical partagé, détenu par 98% de la population, « qui permet un suivi efficace des soins et donc des dépenses inutiles ». Pascal Roché » indique enfin que dans les centres de soins de ville suédois que Ramsay gère, seuls 30% des patients sont vus par un médecin. Ils sont d’abord orientés vers une infirmière à même d’apporter une réponse adéquate.
Pour Pascal Roché, ce qui fait la supériorité du système suédois, qui n’est pas parfait, la priorité est donnée aux besoins des patients. Le bien-être du client, c’est bien ce qui est au cœur du processus de marché. C’est pourquoi, il est indispensable de permettre aux patients de révéler leurs préférences en termes de qualité des soins et de consentement à payer. Et pour qu’ils soient en mesure de le faire, il leur faut avoir les moyens de changer de prestataires de soins, d’arbitrer entre différentes offres, de sanctionner ceux qui ne répondent pas à leurs attentes. Autrement dit, il faut qu’une concurrence existe entre les fournisseurs de soins et il est nécessaire que ces derniers puissent prendre toutes les décisions qu’ils désirent en termes de qualité et de prix proposés », comme l’explique très bien un article du Journal des Libertés.
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2 réponses
Le drame français c’est qu’il y a trop d’organismes qui « s’occupent » de la santé et trop d’administratifs qui bâtissent des tableaux Excel pour produire des constats mais pas d’actions.
Demandez donc au Ministre de la Santé pourquoi il ne s’inspire pas de ce modèle.
Ajoutons qu’en Suède la densité administrative dans les hôpitaux n’est en rien comparable à celle de la France.