Invoquant le premier amendement à la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression, un juge fédéral a émis le 4 juillet 2023 – jour de la fête nationale américaine – une injonction préliminaire interdisant à l’administration Biden de vouloir assurer le contrôle des contenus apparaissant sur les réseaux sociaux. C’est ce que nous apprend un récent article du Wall Street Journal (WSJ) pour qui cette décision « apporte un nouvel espoir que la justice fédérale n’acceptera pas l’auto-nomination de l’administration Biden en tant qu’arbitre de la vérité en ligne ». Cette décision est survenue après qu’une plainte eut été déposée par les procureurs républicains du Missouri et de Louisiane contre ce qu’ils estimaient être une « entreprise fédérale de censure » menée par l’administration Biden au nom de la lutte contre la désinformation sur les réseaux.
Mais, répondra-t-on, la lutte contre les fake news n’est-elle pas un but louable, surtout à notre époque ? La vraie question devrait plutôt être celle-ci : est-ce bien au gouvernement de traquer la désinformation ? En effet, ne s’arroge-t-il pas, ce faisant, de nouveaux pouvoirs démesurés, comme celui d’imposer son orthodoxie à la société tout entière à travers les moyens de communication actuels, ou encore de désigner à la vindicte populaire les nouveaux hérétiques ? Nouvelles censures, mais aussi nouvelles inquisitions – comme le bannissement des réseaux sociaux pour non-conformité à l’orthodoxie en vigueur…
Comme l’écrit le WSJ, « le but de la clause de liberté d’expression du premier amendement est de préserver un marché d’idées sans entraves dans lequel la vérité finira par prévaloir, plutôt que d’encourager la monopolisation du marché, que ce soit par le gouvernement lui-même ou par un acteur concessionnaire privé » (nous soulignons). Il en va en effet des biens matériels comme des idées, lesquels relèvent d’un marché que l’on aurait tort de vouloir réglementer, contrôler ou orienter à travers le volontarisme des pouvoirs publics. C’est la concurrence économique qui fait émerger les entreprises les plus créatives, et dont l’offre répond supérieurement à la demande de leurs clients ; de même, c’est la concurrence des idées qui, loin d’aboutir à un relativisme intellectuel où le vrai ne serait plus dissociable du faux, permet à celui-là de triompher tôt ou tard sur celui-ci. Certes, les idées fausses ont parfois la vie dure. Mais même dans ce cas, il est préférable de laisser la concurrence jouer à plein plutôt que de soumettre le marché des idées à l’autorité monopolistique de l’État. C’est déjà ce que disait Thomas Jefferson – l’un des Pères fondateurs que cite le juge fédéral à l’appui de sa décision : « La raison et la libre enquête sont les seuls agents efficaces contre l’erreur ».
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Une réponse
Ce qui est incroyable c’est que l’on puisse débattre des limites de la liberté d’expression !
Cette liberté, FONDAMENTALE n’existe que sans limite n’ayant de sens, justement, que si elle autorise l’expression de ce qui déplait aux pouvoirs en place.
Si non à quoi sert elle?
Un nouvel oxymore: limite à la liberté d’expression…
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