« Je parle pas beaucoup. Quand je parle, c’est que j’ai vraiment réfléchi à un truc et je le crois faisable, sinon je reste chez moi ». Tels ont été les derniers mots prononcés par Jean-Louis Borloo, invité par Sonia Mabrouk sur CNews dans « la grande interview » du 25 novembre. A vrai dire, l’extrémiste du centre ne nous avait pas habitués à avoir beaucoup d’idées, mais la perspective d’une arrivée à Matignon, évoquée il y a quelques semaines, semble avoir donné des ailes à l’ancien ministre.
Jean-Louis Borloo est revenu sur la proposition qu’il avait lancée au début du mois d’octobre à la Convention des intercommunalités, mais qui en réalité est beaucoup plus ancienne dans son esprit, d’une « République fédérale à la française ». Il est parti d’un constat : le « problème de gouvernance », l’« émiettement de l’action publique » française, qui ne peut se résoudre que par un pouvoir central et vertical ou bien par un système fédéral. Il opte pour la seconde branche de l’alternative.
Mais quid de l’Union européenne, a immédiatement demandé Sonia Mabrouk ? L’ancien ministre a largement répondu à côté : « On va évacuer le problème européen ». C’est bien dommage car les partisans d’un fédéralisme européen, à commencer par les socialistes, ont le plus souvent une conception très centralisatrice de l’Europe avec la création d’un État européen, doté comme tel d’une fiscalité propre (alors qu’aujourd’hui les ressources propres de l’Union européenne restent limitées)…
Le président d’honneur de l’UDI ne veut pas « moins d’État », mais « mieux d’État ».
Quelle est la vision du « fédéralisme à la française » que porte le Président d’honneur de l’Union des démocrates indépendants ? « Que l’Etat s’occupe de la sécurité, de la recherche, de l’avenir (?), des médicaments, de la collecte de l’impôt », « c’est un truc qui marche bien », a-t-il cru devoir ajouter. Et le reste ? « Il faut transférer aux provinces un seul poste de commandement ». « Que le logement soit réglé par la province, que la santé soit réglée par la province », Jean-Louis Borloo donnant au terme de l’Ancien Régime la signification d’un regroupement, si nous avons bien compris, du département et de la région.
La conception de l’ancien ministre est malheureusement conforme à sa pratique du pouvoir lorsqu’il était titulaire d’un maroquin, de la Ville ou de l’Ecologie : une conception fondamentalement étatiste. En fait, Jean-Louis Borloo ne comprend pas ce qu’est la subsidiarité. Il s’en tient, sans utiliser le terme d’ailleurs, à une acception verticale de cette dernière en oubliant le préalable, c’est-à-dire la conception horizontale qui distingue aussi strictement que possible la sphère de la société civile de celle de l’État. En effet, la base dans la subsidiarité, c’est l’individu, ce n’est pas une collectivité publique ! Et même sa conception verticale est coupable car il conçoit une décentralisation centralisée au niveau de provinces, au lieu d’attribuer la compétence de principe (et les finances qui vont avec) au niveau administratif le plus proche de l’individu, à savoir les communes.
Certains lecteurs auraient-ils des doutes sur notre interprétation des propos tenus ? Qu’ils consultent le site de l’UDR (« Fédéralisme régional : la ligne de l’UDR est majoritaire ») qui se félicite des déclarations de son président d’honneur en précisant : « Jean-Louis Borloo plaide pour « mieux d’État » et non « moins d’État » ».
Avec les hommes politiques sans idées, le pire est quand, par exception, ils en ont une…
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5 réponses
J’ai vu la même interview sur BFM. Ma compréhension de qu’il cherche à améliorer c’est le recouvrement des responsabilités entre toutes les couches du millefeuille territorial. Là dessus il a raison de dénoncer cette complexité qui se traduit par des sureffectifs de fonctionnaires et des délais allongés. Est ce qu’il serait d’accord avec vos commentaires? il faudrait lui poser directement la question pour préciser sa compréhension ou pas de la subsidiarité, mot qu’il n’a pas prononcé dans son interview.
Une majorité de citoyens avertis est consciente qu’aucun ancien ou actuel apparatchik qui, de fait, surfe sur l’affaiblissement constant et planifié de l’organisation du pays depuis des décennies, n’est capable de concourir à son redressement donc à sa survie à court ou moyen terme.
Trop de catégories socio- professionnelles ont largement prosperees tandis que l’économie réelle du pays degringolait en profitant de leur doctrine encore plus, jamais assez: politiciens,fonctionnaires nationaux et locaux,journalistes (nombre multiplié par quatre en cinquante ans), membres d’associations subventionnées,
Experts,…..
Le libéralisme n’a bien sûr rien à voir dans cet état de fait puisque dans toute démocratie populaire, le secteur public est très majoritaire, le secteur gris qui est dirigé par des hauts fonctionnaires donc contrôlé par le public vient en second et le secteur privé se trouve réduit à des sociétés possédées par quelques oligarques, la grande distribution consommatrice d’aides fiscales et une masse de TPE PME, qui dépendent souvent de l’obtention de marchés publics et dont les dirigeants ignorent si elles passeront le cap de l’année prochaine.
Dans ces conditions. les positions et états d’âmes d’apparachiks certes bien intentionnés présentent vraiment peu d’intérêt.
Encore un littéraire! (voyez son CV)
IL a trouvé des formules et en est tout fier:
« Pas moins d’état ».. « Mieux d’état »! quel géni!
Déjà le « pas moins d’état » devrait faire bondir, mais le « mieux d’état » devrait provoquer une réaction de panique!
Car s’il y a autant d’état et qu’il fait mieux, ce que, jusqu’à preuve du contraire, l’on peut traduire plus efficace dans ses nuisances, M. Borlo aurait mieux fait de rester chez lui.
… Et s’il a vraiment « réfléchis à ce truc » au point de le trouver génial, quel cerveau! Cinq fois ministre donc cinq fois responsable de la décadence de notre pays! Alors ne comptons pas trop sur lui pour nous sortir de la m.. dans laquelle il a participé à nous mettre!
« Le niveau administratif le plus proche de l’individu, à savoir les communes. »
Pas d’accord.
Les milliers de petites communes de quelques centaines d’habitants ne servent plus à rien.
Tout se décide à l’intercommunalité, qui n’est pas élue directement, d’ailleurs!
On devrait élire au suffrage direct ces intercommunalités, avec un délégué pour chaque commune.
Un conseil municipal dans un village où il n’y a plus aucun bistrot, aucun commerce, aucune école, aucun médecin, c’est inutile.
Après, il faut aussi supprimer le département ou la région. j’opterais plutôt pour le département ça en fait plus à supprimer).
Ces entités ont développé des armées mexicaines de fonctionnaires qui se font “concurrence”, ont construit des palais, se mêlent de tout, investissent même à l’étranger…
Les uns gèrent des routes, des complexes scolaires, des ports… Les autres aussi!
Un grand ménage est nécessaire.
Il faudrait leur donner des objectifs chiffrés.
Et, le plus important, supprimer le STATUT de fonctionnaire.
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5 réponses
J’ai vu la même interview sur BFM. Ma compréhension de qu’il cherche à améliorer c’est le recouvrement des responsabilités entre toutes les couches du millefeuille territorial. Là dessus il a raison de dénoncer cette complexité qui se traduit par des sureffectifs de fonctionnaires et des délais allongés. Est ce qu’il serait d’accord avec vos commentaires? il faudrait lui poser directement la question pour préciser sa compréhension ou pas de la subsidiarité, mot qu’il n’a pas prononcé dans son interview.
Une majorité de citoyens avertis est consciente qu’aucun ancien ou actuel apparatchik qui, de fait, surfe sur l’affaiblissement constant et planifié de l’organisation du pays depuis des décennies, n’est capable de concourir à son redressement donc à sa survie à court ou moyen terme.
Trop de catégories socio- professionnelles ont largement prosperees tandis que l’économie réelle du pays degringolait en profitant de leur doctrine encore plus, jamais assez: politiciens,fonctionnaires nationaux et locaux,journalistes (nombre multiplié par quatre en cinquante ans), membres d’associations subventionnées,
Experts,…..
Le libéralisme n’a bien sûr rien à voir dans cet état de fait puisque dans toute démocratie populaire, le secteur public est très majoritaire, le secteur gris qui est dirigé par des hauts fonctionnaires donc contrôlé par le public vient en second et le secteur privé se trouve réduit à des sociétés possédées par quelques oligarques, la grande distribution consommatrice d’aides fiscales et une masse de TPE PME, qui dépendent souvent de l’obtention de marchés publics et dont les dirigeants ignorent si elles passeront le cap de l’année prochaine.
Dans ces conditions. les positions et états d’âmes d’apparachiks certes bien intentionnés présentent vraiment peu d’intérêt.
Encore un littéraire! (voyez son CV)
IL a trouvé des formules et en est tout fier:
« Pas moins d’état ».. « Mieux d’état »! quel géni!
Déjà le « pas moins d’état » devrait faire bondir, mais le « mieux d’état » devrait provoquer une réaction de panique!
Car s’il y a autant d’état et qu’il fait mieux, ce que, jusqu’à preuve du contraire, l’on peut traduire plus efficace dans ses nuisances, M. Borlo aurait mieux fait de rester chez lui.
… Et s’il a vraiment « réfléchis à ce truc » au point de le trouver génial, quel cerveau! Cinq fois ministre donc cinq fois responsable de la décadence de notre pays! Alors ne comptons pas trop sur lui pour nous sortir de la m.. dans laquelle il a participé à nous mettre!
« Le niveau administratif le plus proche de l’individu, à savoir les communes. »
Pas d’accord.
Les milliers de petites communes de quelques centaines d’habitants ne servent plus à rien.
Tout se décide à l’intercommunalité, qui n’est pas élue directement, d’ailleurs!
On devrait élire au suffrage direct ces intercommunalités, avec un délégué pour chaque commune.
Un conseil municipal dans un village où il n’y a plus aucun bistrot, aucun commerce, aucune école, aucun médecin, c’est inutile.
Après, il faut aussi supprimer le département ou la région. j’opterais plutôt pour le département ça en fait plus à supprimer).
Ces entités ont développé des armées mexicaines de fonctionnaires qui se font “concurrence”, ont construit des palais, se mêlent de tout, investissent même à l’étranger…
Les uns gèrent des routes, des complexes scolaires, des ports… Les autres aussi!
Un grand ménage est nécessaire.
Il faudrait leur donner des objectifs chiffrés.
Et, le plus important, supprimer le STATUT de fonctionnaire.
heureusement qu’il reste la buvette de l’AN, c’est un gros village