Depuis quelques années, certaines grandes villes françaises ont expérimenté la gratuité des transports collectifs urbains (TCU). L’observatoire des villes du transport recensait 46 territoires aux transports gratuits en 2024. À première vue, cette mesure paraît séduisante : faciliter l’accès aux bus, trams ou métros, encourager la mobilité « durable » et alléger le portefeuille des ménages. Mais derrière cette apparente générosité, se cache une réalité économique brutale : la gratuité coûte cher, et c’est le contribuable qui paie la note.
Le vrai coût des transports collectifs
Selon un rapport de la Cour des comptes, en 2019, les recettes tarifaires des usagers couvraient en moyenne 41 % des dépenses de fonctionnement des transports collectifs urbains. L’écart est important selon la taille des réseaux : 45 % en Île-de-France, 33 % hors IDF, et seulement 18 % pour les petites agglomérations de moins de 100 000 habitants. Et si l’on inclut les investissements (tramways, métros, bus propres, infrastructures), le taux de couverture chute à 26 %. La contribution « réelle » des usagers, une fois déduites les aides financières, comme celle des employeurs, tombe même à 22 %. Autrement dit : pour 1 euro dépensé, 78 centimes viennent de la fiscalité.
La principale source de financement est le versement mobilité (prélevée sur la masse salariale des entreprises de 11 salariés et plus), qui rapportait déjà 9,3 milliards d’euros en 2019, soit 46 % du financement total des TCU. Les contributions des collectivités locales, financées par les contribuables, ont servi de variable d’ajustement pour le financement des TCU, le taux du versement mobilité ayant atteint son plafond.
Dans un contexte où la gratuité des transports est de plus en plus présente (en 2022, dans les réseaux hors Île-de France, 50 % des voyages ont été effectués à tarif réduit, et 10 % à titre gratuit), celle-ci n’est pas un cadeau, mais une « double peine » : perte de recettes immédiate, et explosion des besoins de subventions. À Lille, la gratuité pour les moins de 18 ans a coûté 8 millions en 2022, soit 10 % des recettes tarifaires annuelles et 2,5 % des charges. Dans d’autres villes où la gratuité partielle a été instaurée, comme à Nantes ou à Rennes, l’extension du dispositif a dû être suspendue.
La Cour des comptes fournit un chiffre éclairant : le coût moyen d’un déplacement en TCU est de 3,55 euros, dont 0,76 euro seulement payé par l’usager. Les 2,79 € restants sont pris en charge par les impôts et les taxes. Dans un système gratuit, ce ratio tomberait à zéro pour l’usager… mais grimperait à 100 % pour les contribuables, particuliers et entreprises.
Un mirage écologique et social
Certains défenseurs de la gratuité brandissent l’argument écologique. Pourtant, les résultats sont maigres. À Niort, Dunkerque ou Bourges, la fréquentation a certes bondi (+23 %, +88 %, +80 % l’année suivant la mise en place de la gratuité), mais l’essentiel du report modal s’est fait… depuis la marche, le vélo, la trottinette ou bien de personnes qui ne se déplaçaient pas auparavant (67 % du total du report modal). La voiture, elle, reste ultra-dominante : en 2019, les TCU représentaient 4,4 % des kilomètres parcourus et 9,1 % des déplacements quotidiens, contre 62,8 % pour la voiture (ces chiffres ayant très peu évolué depuis 1994).
Sur le plan social, le constat n’est guère plus flatteur. Le paradoxe est bien présent : la gratuité n’aide pas prioritairement ceux qui en ont le plus besoin, mais elle déstabilise durablement le financement des réseaux.
La tarification responsable contre le populisme budgétaire
Les besoins d’investissement dans les transports sont colossaux. Rien qu’en Île-de-France, l’extension de la ligne 14 et la mise en service des lignes 15, 16, 17 et 18 nécessitent des milliards d’euros. Le passe Navigo a dû augmenter d’environ 18,3 % de 2022 à 2025 pour financer ces projets notamment. Dans ce contexte, la gratuité est un luxe insoutenable qui compromet la modernisation des réseaux.
La gratuité universelle, séduisante pour les élus en quête de popularité, est en réalité une illusion coûteuse et contre-productive. Elle déresponsabilise les usagers, fragilise les réseaux par un manque de ressources propres et alourdit les impôts. Ce modèle pose également un problème majeur vis-à-vis du secteur privé et de la concurrence qui s’en suit. Là où des entreprises pourraient proposer des solutions alternatives de mobilités, la gratuité imposée par certains territoires bloque l’émergence d’offres concurrentielles afin d’améliorer la qualité des services.
Pour que les transports collectifs puissent enfin répondre aux besoins réels de mobilité, il faut restaurer le lien entre prix et coût. Car en économie comme ailleurs, ce qui est gratuit ne l’est jamais vraiment : quelqu’un paie toujours la facture.
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10 réponses
Même un élu de droite comme a niort a mis en place cette gratuite des transports!!!!
Ce qui montre bien que la démagogie et le clientélisme rongent notre société!!!!!
Alors que notre économie vacille……
Nos gaulois sont malheureusement que des irresponsables patentés….
Je pense que la rôle des médias et de la presse est délétère. Il n’est pas surprenant que les médias marxistes promeuvent les idées marxistes. Ce qui est gênant est que les médias supposément libéraux (Le Figaro, Les Echos, L’Opinion) promeuvent le social-libéralisme et le capitalisme de connivence. Après, il ne faut pas s’étonner que les esprits soient farcis de fadaises collectivistes. Un phénomène qui n’est pas propre à la France, mais se répand dans tous les pays où les médias libéraux cesse d’éclairer le débat public.
Avec une trottinette, mise de fonds 300 euros, vous allez partout, assez vite, et n’arrivez pas en sueur.
Et vous ne coûtez rien aux autres.
Et voilà que l’État veut en rendre l’usage pénible (casque, diminution de la vitesse, etc).
Ca marche trop bien sans doute, et ça affranchit le citoyen des pouvoirs publics ?
Renoncer à l’obligation du casque et aux limitations de vitesse, je veux bien, mais alors tous ceux qui seront emmenés aux urgences avec un traumatisme crânien, il faudra leur envoyer la facture de leurs soins. Car autrement, ce sera encore une fois le contribuable qui paiera les soins médicaux d’un groupe d’irresponsables.
oui , comme dit, il y a bien quelqu’un qui paye. comme dit Friedman:
» there is no free lunch »
à force d’avoir tout gratuit, le francais à l’impression que rien ne coute.
il ne sait du coup plus compter car inutile puisque tout est à « O€ ».
apres pas facile de revenir à la dure réalité
Mais bien sûr, en France on ne gaspille pas assez d’argent. Il est donc essentiel de rendre les transport soi-disant gratuits, qui vont valoir une augmentation des taxes et impôts!
Allo ? Candide ? Vous vous êtes encore fait piéger par ces enfumeurs qui nous gouvernent ( à nos frais). Comment voulez vous rendre quelque chose gratuit si celui qui décide ne gagne rien ? Il faut bien qu’un dindon paye . Et le dindon c’est celui qui gobe cette offre .
Evidemment que la gratuité pour les uns est payées par les autres . Evidemment aussi que s’agissant de matériels publiques , les précautions d’utilisations ne sont pas les mêmes que pour le matériel privé . On s’en moque , » c’est pas nous qu’on paie » dirait l’autre . Alors Gratuité , ce mot ne relève t-il pas de ceux à rayer du langage ?
Ah, cette envie de contraintes pour les autres !
Et demain, on demande aux cancéreux du tabac de payer leurs chimios ?
Après, faut savoir ce qu’on veut. Soutenir les mobilités douces ou inciter les pratiquants à reprendre leur voiture, avec les nuisances (dont accidents) correspondantes ?
Dans les rares pays qui imposé le casque aux cyclistes, la pratique du vélo a chuté du jour au lendemain de 30 %.
PS : il y aurait aussi beaucoup à dire sur l’accidentalité comparée vélo vs trottinette, qui rendrait risible l’obligation du casque pour la seconde quand le premier y échappe…
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10 réponses
Même un élu de droite comme a niort a mis en place cette gratuite des transports!!!!
Ce qui montre bien que la démagogie et le clientélisme rongent notre société!!!!!
Alors que notre économie vacille……
Nos gaulois sont malheureusement que des irresponsables patentés….
Cela n’a pas changé depuis Vercingétorix !
Je pense que la rôle des médias et de la presse est délétère. Il n’est pas surprenant que les médias marxistes promeuvent les idées marxistes. Ce qui est gênant est que les médias supposément libéraux (Le Figaro, Les Echos, L’Opinion) promeuvent le social-libéralisme et le capitalisme de connivence. Après, il ne faut pas s’étonner que les esprits soient farcis de fadaises collectivistes. Un phénomène qui n’est pas propre à la France, mais se répand dans tous les pays où les médias libéraux cesse d’éclairer le débat public.
Avec une trottinette, mise de fonds 300 euros, vous allez partout, assez vite, et n’arrivez pas en sueur.
Et vous ne coûtez rien aux autres.
Et voilà que l’État veut en rendre l’usage pénible (casque, diminution de la vitesse, etc).
Ca marche trop bien sans doute, et ça affranchit le citoyen des pouvoirs publics ?
Renoncer à l’obligation du casque et aux limitations de vitesse, je veux bien, mais alors tous ceux qui seront emmenés aux urgences avec un traumatisme crânien, il faudra leur envoyer la facture de leurs soins. Car autrement, ce sera encore une fois le contribuable qui paiera les soins médicaux d’un groupe d’irresponsables.
A Compiègne le transport est gratuit depuis plus de 40 ans, les parkings hôpitaux également…
oui , comme dit, il y a bien quelqu’un qui paye. comme dit Friedman:
» there is no free lunch »
à force d’avoir tout gratuit, le francais à l’impression que rien ne coute.
il ne sait du coup plus compter car inutile puisque tout est à « O€ ».
apres pas facile de revenir à la dure réalité
Mais bien sûr, en France on ne gaspille pas assez d’argent. Il est donc essentiel de rendre les transport soi-disant gratuits, qui vont valoir une augmentation des taxes et impôts!
Allo ? Candide ? Vous vous êtes encore fait piéger par ces enfumeurs qui nous gouvernent ( à nos frais). Comment voulez vous rendre quelque chose gratuit si celui qui décide ne gagne rien ? Il faut bien qu’un dindon paye . Et le dindon c’est celui qui gobe cette offre .
Evidemment que la gratuité pour les uns est payées par les autres . Evidemment aussi que s’agissant de matériels publiques , les précautions d’utilisations ne sont pas les mêmes que pour le matériel privé . On s’en moque , » c’est pas nous qu’on paie » dirait l’autre . Alors Gratuité , ce mot ne relève t-il pas de ceux à rayer du langage ?
Ah, cette envie de contraintes pour les autres !
Et demain, on demande aux cancéreux du tabac de payer leurs chimios ?
Après, faut savoir ce qu’on veut. Soutenir les mobilités douces ou inciter les pratiquants à reprendre leur voiture, avec les nuisances (dont accidents) correspondantes ?
Dans les rares pays qui imposé le casque aux cyclistes, la pratique du vélo a chuté du jour au lendemain de 30 %.
PS : il y aurait aussi beaucoup à dire sur l’accidentalité comparée vélo vs trottinette, qui rendrait risible l’obligation du casque pour la seconde quand le premier y échappe…