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dimanche 8 février 2026

Guerre en Ukraine : c’est Reagan qu’il nous eût fallu !

Temps de lecture : 2 minutes

Rencontre Trump-Poutine Alaska

Dans un remarquable entretien accordé au magazine L’Express, l’historienne Françoise Thom, qui est sûrement la meilleure spécialiste de la Russie en France, rappelle la manière dont Poutine utilise la méthode des bolcheviks dans les négociations internationales : «  Il y a à la fois le désir du parvenu d’être admis à la table des grands, en même temps que celui de donner un coup de pied à l’échiquier, d’humilier l’interlocuteur ». L’ancien officier du KGB utilise les techniques soviétiques et – hélas – ça marche ! Trump est tombé dans le piège de Poutine car il croit vraiment que celui-ci veut la paix. Il remet même le dictateur russe en selle sur la scène internationale en le recevant sur le territoire américain avec le tapis rouge et tous les honneurs (y compris des applaudissements ostensibles !). Beaucoup d’amabilités… pour rien. Poutine est un criminel – il n’est jamais inutile de le répéter – froid, qui ne dévie pas de son objectif. D’ailleurs, malgré ces échanges en apparence cordiaux, les bombardements ont continué sur les villes ukrainiennes… L’attitude de Trump envers Moscou inquiète aussi le Wall Street Journal qui écrit que l’hôte de la Maison-Blanche n’a strictement aucune vision claire à propos de ce conflit et qu’il « mène sa politique étrangère selon son instinct et ses impulsions tactiques. S’agit-il d’un chemin vers la paix ou vers un apaisement ? Impossible de savoir. Nous ignorons si M. Trump le sait lui-même. » Nous sommes en effet très loin d’une paix réglée en 24 heures et tant que le président Trump ne désignera pas clairement l’agresseur et l’agressé dans cette guerre, il est peu probable que l’on parvienne à un règlement.

Reagan aurait désigné la Russie de Poutine comme le « pays du mal »

Une bonne surprise vient en revanche des Européens dont les plus importants dirigeants se sont mobilisés pour soutenir l’Ukraine. Après l’humiliation et la honte du sommet en Alaska, ils ont sauvé l’honneur des démocraties. Poutine n’aurait certainement jamais imaginé qu’ils puissent ainsi faire bloc, sur le plan politique aussi bien que militaire. Une entente qui  pourrait porter des fruits si le président américain comprenait, enfin, les enjeux de cette guerre et surtout le vrai but de Poutine : mettre la main sur l’Ukraine. C’est ce qu’il voulait déjà en février 2022, c’est ce qu’il veut encore aujourd’hui. Il considérerait tout autre issue comme un échec. Et, signerait-il  des traités à tour de bras, il ne s’arrêterait pas là : l’histoire a prouvé qu’il n’en a jamais respecté aucun. Malheureusement, Trump n’est pas Reagan. Reagan n’aurait certainement pas hésité à appliquer à la Russie de Poutine le jugement qu’il avait porté sur l’URSS,  le « pays du mal » – ce même pays que Poutine rêve de faire renaître. Reagan défendait les valeurs de la liberté et de la démocratie face aux dictateurs. Il a tenu ferme jusqu’à l’effondrement du totalitarisme communiste, à la fin des années 1980. Il croyait en la victoire des pays libres et indépendants. Trump n’y croit pas encore.

Illustration de couverture Trump-Poutine, capture d’écran YouTube TF1 INFO

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32 réponses

  1. Faire la guerre à l’Est quand les problèmes sont au Sud ? … on dirait l’affrontement de Rome et de Byzance à l’heure où la Conquête islamique menaçait ! Nos valeurs sont bien plus en danger sur le territoire national que dans les confins glacés du Donbass ou de la Mandchourie. A mon avis, Trump a raison d’acheter à vil prix le Tsar Poutine, et de coaliser le monde helleno-chrétien face à un danger bien plus grave d’effondrement. La situation est fort différente de l’époque Reagan, et l’armée de Poutine qui patauge depuis 3 ans dans le Donbass n’est pas la menace soviétique de jadis. On peut acheter Poutine comme on achète d’autres autocrates dans le monde. Et faire face aux défis de demain.

    1. Bien d’accord avec vous mais il faut admettre que les zombis qui nous gouvernent ont un talent certain pour voir la paille dans l’oeil du voisin et pas le poutre dans le leur .
      L’important ,comme vous le dite , vient du sud et nous tuera assurément car les politiciens hors sol qui croient nous diriger , nous « fort-mater » refusent de voir la réalité . Normal elle ne correspond pas à leur attente .
      Je ne sais pas pourquoi mais je pense à une bande de crétins.

      1. @ Yves Heulnot- Poh : l’Union Européenne pourra ouvrir des mosquées salafistes subventionnées à Kharkov… voilà la « grande victoire »… Que voulez-vous que je vous dise ? On lutte contre Kadyrov et on importe des millions de petits Kadyrov sur notre propre sol ! Et, telle Byzance à la veille de sa chute, nos dirigeants débattent sur le sexe des anges.

        1. les dirigeants européen n’existent plus que par le guerre qui cachent ((pour le moment ))leurs incapacités et leurs magouilles

    2. Il n’ y a jamais eu d’affrontement entre Rome et Constantinople ! Mais un long affrontement entre la Perse Sassanide et l’empire Byzantin !
      Et au VIIeme siècle, les musulmans ont envahi les deux.. mais Constatinople a résisté 7 siècles.

    3. J’ai visité Kharkov avant la guerre : aucune mosquée. Mais la plus grande mosquée d’Europe est à Moscou, elle a été inaugurée par Poutine…

  2. Trump est un véritable CRETIN. Sa mère nous avait prévenus. Il n’a aucune compétence à part avoir escroqué ses investisseurs et ses banquiers. Il n’a ni culture historique, ni culture économique. Il a bluffé ses partisans avec sa grande gueule et des promesses fallacieuses. Mais le masque est tombé et on voit l’ego démesuré, l’hubris et l’imbécillité.
    Trump (Trompe) est un BAS-DU-FRONT et un FOUT-LA-MERDE extrêmement cynique. Il ne rêve que de « faire des deals » comme un enfant autiste. Il rêve de mettre la main sur les terres rares d’Ukraine, comme un voleur, et espère que l’assassin poo-tin (traduisez) le laissera faire. Ce en quoi il se trompe, nous trompe et TRAHIT les Ukrainiens.
    Honte à Trompe le bas-du-front qui fout la merde.

  3. Ce commentaire est fort juste. Si Trump laisse tomber l’Ukraine il trahit la lutte décoloniale des pays satellites de la Russie impériale. Espérons qu’il le comprenne.

  4. Ces pays seront abandonnés comme la Pologne en 1939 : trop loin, trop cher.
    On a la honte et le déshonneur, pas encore la guerre?

  5. Trump se trompe sur Poutine cet épisode (Alaska) le montre . Mais que va faire un Trump si manifestement trompé ? Nous verrons. Quant à nous européens de l Ouest , n oublions pas que nous avons mis plus de 20 ans à ouvrir les yeux, et ce malgré les avis éclairés par leur vécu des européens de l Est . Rassurons nous : les faits ne déçoivent pas , les démocraties sont lentes à démarrer mais gagnent toujours au finish . Non sans douleur certes. Mais y a t il une seule chose tangible qui ne s obtienne sans effort en ce bas monde ?

    1. @ Val Guillaume : à mon avis « d’ici 20 ans » les « démocraties » seront devenues des émirats marxistes… De mon côté, je trouve assez byzantin de nous disputer sur le Donbass alors même que nous sommes incapables de faire respecter nos valeurs sur notre propre sol ! Et que la tendance démographique et idéologique conduit à la disparition du libéralisme à moyen-terme dans nos propres pays !

  6. « historienne Françoise Thom, qui est sûrement la meilleure spécialiste de la Russie en France » C’est vous qui le dites ; et même si c’était le cas, cela ne garantit pas que son analyse soit honnête et dépourvue d’intentions manipulatrices. Pour ceux qui connaissent l’histoire, à coté d’éléments véridiques et forts, elle introduit des conte-vérités un peu grosses qui révèlent un parti pris à l’opposé d’une neutralité « scientifique ». Parfait pour désinformer les ignorants, à qui elle livre ce qu’ils aiment entendre.

      1. Disons que, pour vous, ce qui définit un spécialiste c’est quelqu’un qui partage vos opinions ! Vu qu’un certain nombre de spécialistes ont des avis divergents vous les diabolisez. Peu de vos lecteurs sont dupes de l’aspect archaïque de cette manière d’envisager les choses. D’un côté les gentils de l’autre les criminels.

      2. Franchement Nicolas , je ne sais pas quelle est a part du vrai et celle du faux . Certes Françoise Thom a une réputation méritée ( disent les initiés) mais certes aussi je crois qu’une vraie négociation ne se met pas sur la place publique . Trump est un redoutable commercial et Poutine un redoutable joueur d’échec. L’un et l’autre ont tout intérêt à ce que cesse cette guerre pour des raisons humaines ( mettons cela en premier) mais aussi économiques et stratégiques . Quant à l’Europe , elle veut jouer un rôle qu’elle n’a pas les moyens de tenir moins encore avec UVD qui s’octroie des pouvoirs qu’elle n’a pas et qui n’est pas un chef d’Etat élu.
        Elle aura fait beaucoup de mal au moins jusqu’à ce que les casseroles qu’elle a aux chevilles se mettent à tinter.

        1. Poutine est surtout un criminel qui n’a jamais respecté le moindre accord. On ne peut rien conclure avec un mafieux criminel.

        2. Poutine n’acceptera la paix que quand il aura conquis totalement l’Ukraine…
          Ou en partira, la queue entre les jambes, comme à la fin de la 1ère guerre d’Afghanistan, l’année même de la chute du mur, et 2 ans avant l’implosion de l’URSS.
          De Thucydide, Poutine doit connaître : « Tout homme tend à aller au bout de son pouvoir ».
          Moins sans doute : « La force de la cité ne réside ni dans ses remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens ».

  7. La confrontation de la Russie avec ses voisins a été fréquente durant les derniers siècles. La guerre avec l’Ukraine n’est que la poursuite du processus, qui a permis que la guerre se maintienne dans l’ADN de l’URSS et qui perdure dans celui de la Russie.
    Les régions quasi abandonnées de Russie, n’ayant pas suivi l’évolution des villes, sont un gisement de main-d’œuvre pouvant faire à peu près n’importe quoi moyennant un peu d’argent, des promesses et des informations, dont ils ne sont pas en mesure de juger le bien-fondé. Les revenus relatifs aux énergies fossiles permettent à la Russie de financer l’armée et la fabrication de matériel militaire, avec des personnes initialement sous-employées.
    L’obligation du monde à réduire de manière drastique l’utilisation des énergies fossiles sera pour la Russie une très grosse épine dans le pied. Elle aura besoin d’une industrie permettant de compenser la réduction des revenus des énergies fossiles. En accaparant l’Ukraine et en la mettant à sa botte, la Russie gommerait au moins partiellement ce premier problème. (La fin de la guerre avec l’Ukraine lui permettrait d’offrir des emplois industriels en Ukraine, aux personnes issues de son industrie militaire.)
    Selon cette vision, tout porte à croire que la Russie ne se contentera pas des oblasts détruits qu’elle contrôle actuellement, qui représentent environ 0,7% de la superficie de la Russie. La Russie doit évoluer du régime, « revenu des énergies fossiles / guerres » au régime « revenu de la production industrielle / paix ». D’autre part et c’est un point très important la Russie doit réduire de manière drastique les actions de déstabilisation, menées depuis des années hors de ses frontières.
    Actuellement, aucun signe ne laisse suspecter que la RUSSIE s’engage dans un processus permettant d’éliminer la composante guerrière de son ADN.

  8. Il faudrait surtout à la France un général de Gaulle qui rappelle que les seuls intérêts de la France sont les seuls intérêts de la France (et qu’elle n’a, évidemment, pas d’amis).

    Je vous concède, monsieur Lecaussin, que l’époque est, hélas, aux conformistes de piètre envergure tournés vers un passé défunt sans aucune actualité et d’un grave défaut de conscience, donc, des vrais enjeux de leur pays. Tout du moins, et c’est bien malheureux, en France…

  9. Merci à Nicolas pour la pertinence et l’honnêteté de ses chroniques. Je ne partage pas toujours son avis mais apprécie son intelligente manière de voire .

  10. Je crains que Trump ne soit qu’un représentant de commerce, pour lui tout s’achète; (voyez le Groënland et le Canada) mais aussi tout se vend. Il se prend probablement pour un fin négociateur, bouffi dans son orgueil qu’il est. J’ai le sentiment qu’il n’a pas vu que Poutine est en train de le rouler dans la farine, d’ailleurs il lance en ce moment des essais de missiles nucléaires qui mettraient Paris à 20 minutes de la Russie mais Trump continue de lui passer la rhubarbe. Trump a la prétention d’obtenir le Nobel de la paix, une paille ! Où en est donc sa promesse de mettre un terme à la guerre d’Ukraine en 3 jours ??

    1. ce serait plus rapide effectivement de mettre fin à la guerre en bombardant les troupes russes se situant sur le territoire ukrainien légalement reconnu (frontière de 94), on ne pourrait rien reprocher aux pays qui le ferait en soutien de l’Ukraine, et cela permettrait à l’armée Ukrainienne de ré-avancer….. quant on veut, on peut…..mais le veut on, y compris dans les pays qui prétendent est les plus aidant de la cause ukrainienne

  11. Il ne faut pas trop compter sur les américains (ils ne veulent pas) ni sur les européens (ils ne peuvent pas) pour arrêter Poutine. Pour ce faire, il faut que le régime s’effondre de l’intérieur, via une faillite, une lassitude de la population…et la seule solution malheureusement pour cela, c’est que la guerre dure, épuise la population et l’économie Russe…c’est triste à dire, mais cela est uniquement entre les mains des ukrainiens, dans leur sang….tout au plus peut on espérer une aide massive des européens, qui n’ont malheureusement pas les finances pour.

  12. C’est évident, un Reagan aurait envoyé 50 000 hommes et des centaines d’avions dès décembre 21. Et Poutine se serait calmé.
    Comme disait Churchill,  » on ne négocie pas avec un tigre ! »
    On l’abat.

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