S’appuyant notamment sur une étude de l’institut Jean Jaurès, une offensive socialiste est menée par le sénateur Alexandre Ouizille pour taxer les plus-values latentes constatées lors des transmissions, réformer le pacte Dutreil pour concentrer ses effets sur les PME et ETI et augmenter le taux marginal des successions à 50 % au-delà de 3 millions d’euros. Cette hargne contre l’héritage et la propriété est mortifère.
Il y a Bakounine et les Saint-Simoniens qui voulaient abolir l’héritage. Il y a les marxistes ou néo marxistes comme Piketty qui préfèrent l’égalité dans la pauvreté à l’enrichissement du plus grand nombre dans l’inégalité. Au mieux, pour avoir quelque crédibilité, ils ménagent les petits patrimoines. Marx ne tolérait quelque héritage familial qu’en attendant la disparition de la propriété. Mélenchon ne prend tout qu’au-delà de 12M€ !
La propriété et l’héritage contestés
De tous bords se lèvent des attaques contre les successions. Des chrétiens qui considèrent que les biens de ce monde ne nous sont que prêtés à usage, voudraient, à l’encontre de l’enseignement de saint Thomas d’Aquin, confisquer les patrimoines au décès de chacun pour les redistribuer uniformément aux jeunes ainsi que, déjà en 1853, le philosophe catholique François Huet le recommandait dans son ouvrage Le règne social du christianisme.
Rawls (2001), suggère de taxer à taux progressif, comme un revenu, tout ce que reçoit chaque individu dans le cours de sa vie. Une proposition reprise par Atkinson (2015) en Angleterre et par France Stratégie (Jean Pisani Ferry 2017) ou le Conseil d’analyse économique (Clément Dherbécourt), tous deux dépendant du premier ministre.
Pseudo libéral, Stuart Mill proposait de supprimer l’héritage au profit des collatéraux, de fixer un plafond à l’héritage des enfants ou de l’imposer lourdement. Ordo libéraux, Röpke défendait des droits de succession importants et très progressifs tandis que Rüstow préconisait une taxation radicale de l’héritage.
Certains libertariens sont si individualistes qu’ils considèrent que chacun ne doit répondre à ses besoins que par lui-même. Ils souhaitent à ce titre que l’héritage soit aboli pour éviter de fausser le marché par des rentes, sauf éventuellement à allouer, par les héritages confisqués, une dotation aux jeunes pour leur permettre de démarrer dans la vie ( cf. Otsuka, Steiner et Vallentyne, 2005, p. 210 et ss. ou Koenig). Un mort n’a plus la capacité de transférer ses biens observe le libertarien de gauche Hillel Steiner.
Ils ont tous tort. Pourquoi un individu pourrait-il tout donner durant sa vie mais ne pas pouvoir le faire sous condition suspensive de sa mort ? Pourquoi privilégier celui qui dilapide sa fortune à l’encontre de celui qui souhaite la transmettre ?
La propriété est naturelle à l’homme
 La reconnaissance de la propriété comme naturelle à l’homme a été l’un des ferments de notre civilisation grecque, romaine et judéo chrétienne fondée sur la liberté qui ne s’épanouit que dans le respect de la propriété. La propriété coexiste à l’homme, elle est constitutive de sa nature en ce sens que l’homme est déjà propriétaire de lui-même, c’est-à -dire aussi responsable de lui-même ; en ce sens aussi que la propriété est l’outil de son autonomie. Les régimes totalitaires en sont le sombre contre-témoignage : ils dénuent tout homme de toute propriété pour le rendre servile.
« La raison pour laquelle les hommes entrent en société, nous dit Locke, c’est la préservation de leur propriété. » Avec Aristote, saint Thomas a observé que la propriété procure 1° une administration meilleure des biens ; 2° un ordre plus grand et mieux observé ; enfin, 3° la paix mieux assurée entre les hommes.
La propriété est nécessaire à l’échange qui favorise la prospérité. Elle incite à la créativité, à l’innovation, au progrès humain. Des droits de succession reviennent bientôt à une nationalisation sans indemnité et à une collectivisation dont chacun sait qu’elle est toujours désastreuse.
La transmission est nécessaire à la civilisation
Comme Pascal Salin l’observe, rien ne justifie « que les parents [aient] le droit de donner naissance à leurs enfants, de les éduquer, de les doter d’un capital humain, mais pas de leur transmettre un patrimoine sans que l’État y prélève sa part. » Dans l’énergie que chacun met à accumuler de la richesse, qu’elle soit modeste ou importante, il y a souvent plus que la volonté de jouir de ses biens ou de se protéger de l’avenir. Il y a presque toujours le souhait de transmettre, de vivre par ses héritiers dotés au-delà de soi-même, de faire vivre un patrimoine, son Å“uvre après soi. Et cette possibilité de transmettre est un puissant moteur dans l’action quotidienne, dans les projets, dans le souci d’économie de chacun sans lequel il n’y aurait pas ou moins d’épargne et donc pas ou moins d’investissement. Les hommes sont prêts à s’engager plus facilement dans l’aventure de la vie en sachant qu’ils travaillent pour ceux qui leur survivent et les continuent.
La propriété inscrit les individus dans l’espace et dans le temps. Elle structure matériellement les familles. Le socialiste Pierre-Joseph Proudhon (Théorie de l’impôt,1860) considérait que les impôts de succession sont « une attaque formelle à la famille, à l’organisation intime de la société. […] Avec l’impôt sur les successions, l’État sort de ses attributions fiscales ; il se fait réformateur des mÅ“urs, ce qui est bien autrement grave que de s’immiscer dans l’industrie ; il s’introduit dans la famille ; dans une certaine mesure il la nie. Il défait ce qui est au-dessus de lui, antérieur à lui, ce sans quoi il n’existerait pas, et qu’il est tenu de protéger par-dessus toute chose. »
Mais c’est précisément pour abolir la famille et l’histoire, la propriété et ses attachements, pour dissoudre l’individu dans la société que se liguent contre les successions l’extrême gauche et ses idiots utiles, des socialistes aux chrétiens progressistes jusqu’à certains libertariens. Et c’est parce que leur but est cette destruction qu’il faut les arrêter dans cet élan subversif et ravageur.
13 réponses
Comme si les gauchistes savaient faire autre chose que voler l’argent dans la poche des citoyens !
Leur seul et unique moment « créatif » c’est lorsqu’ils inventent de nouveau impôts !
Vous ne ferez pas comprendre à un idéologue, bavard, littéraire de gauche ce qu’est la création de richesse. Pour lui la richesse ça ne se crée pas, c’est ce que l’on prend (vole?) à ceux qui en ont!
.. Qu’il y a t il de plus « inhumain » ?
Pourquoi travailler ! En retirer de l’argent du fruit de son travail et en fin se le faire « piquer », « voler » … par l’état… Tu économises, l’etat te le vole, tu n’économise pas l’état ne peut rien te voler…. oú est l’égalité devant l’impôt ?
Il faut donc peut être mettre un impôt héritage à tout le monde sur chaque revenu, ainsi tout le monde « contribue » et ceux qui économisent, leurs héritages ne seront pas « volés »
Est ce que les comportements d’une majorité de « hauts » fonctionnaires et de nombres d’élus mettent en périls les principes répulicains dont la notion de responsabilité individuelle ?
De nouvelles formes d’aristocraties se seraient elles constituée ?
Je dirai même plus : Un seul et unique salaire pour complaire à cette gauche scélérate. Le smic pour tous. MERCI au crétinissime MELENCHON et sa bande de jobards.
Les socialistes ne savent que racketter la population, la mafia moderne!
Comme bien souvent , Compliments cher Ami ( je suis peut être un peu familier , mais depuis le temps ) pour ce bel article . On pourrait presque en rire tant ce projet est absurde . Pourquoi ne pas en rester à cette doctrine marxiste  » A chacun selon ses besoins  » qui simplifierait tant les choses ?
Mais parce qu’elle conduit à l’échec , l’histoire nous le raconte bien . Ah c’est vrai j’oubliais que pour certain la France n’a pas d’histoire et qui plus est n’est pas chrétienne.
Allons y gaiement! Le jour où les successions seront confisquées par la collectivité, chacun accumulera ce qu’il lui faut pour sa fin de vie et en vivra jusqu’à la fin de ses jours, c’est à dire partira à la « retraite », se retirera des affaires à 50 ans et mangera son capital. Le système sera très rapidement à genoux.
Si je vis jusqu’à 80 ans ce qui n’est pas une estimation trop optimiste, mes enfants seront proche de 55 ans et auront largement fait leur vie, réussie ou ratée ce sera de leur responsabilité.
Mon épouse est déjà propriétaire en propre d’un capital non négligeable, elle est à l’abri du besoin.
Je revendique donc, mais sans illusion, la liberté de tester, pour tout ou partie de mes biens, en faveur de qui je veux, ma famille peut-être, ou peut être pas si je juge qu’il ont assez ou bien qu’ils n’ont pas fait la preuve qu’ils le méritent, ou pourquoi pas en faveur d’un jeune entrepreneur prometteur en qui j’ai confiance.
Ne serais ce pas une liberté conforme à nos valeurs libérales?
« … il s’introduit dans la famille ; dans une certaine mesure il la nie. Il défait ce qui est au-dessus de lui, antérieur à lui, ce sans quoi il n’existerait pas, et qu’il est tenu de protéger par-dessus toute chose. »
Un tel Etat s’écroule dans le chaos un jour ou l’autre. L’URSS en est le plus bel exemple, et le chaos dans lequel elle est tombée menace désormais toute l’Europe.
Empêcher de transmettre, c’est supprimer une motivation profonde à (s’)investir. La réussite des ETI familiales est fondée sur une vision à long terme de l’entreprise, soutenue par la perspective d’une transmission. C’est une incitation à investir plutôt qu’à consommer. Une perspective à long terme qui fait souvent défaut aux dirigeants mercenaires des groupes.
Nos petits institutionnels en lustrines n’ont toujours pas compris qu’en s’attaquant à la transmission, ils tuent les entreprises et la création de richesse, leur idéologie forgée d’incompétence fait disparaître la base fiscale qu’ils voudraient étendre à l’infini pour mieux en profiter.
Résultat, cette assiette convoitée se déplace déjà largement vers l’étranger.
« Pourquoi privilégier celui qui dilapide sa fortune à l’encontre de celui qui souhaite la transmettre ? » C’est exactement cela, on privilégie celui qui dilapide tout ou ne fait aucun effort en comptant sur la solidarité nationale en cas de coup dur ou pour assurer sa retraite, donc sur les impôts des autres, en spoliant ceux qui prévoient leur avenir et souhaitent transmettre à leurs proches. Une honte, il ne devrait y avoir aucun droit de succession, un impôts sur les revenus générés par les biens donnés, oui, mais une fois payé, chacun doit être libre de donner ses biens à qui il le souhaite, sans aucune taxe. Peut être que si les politiciens qui nous dirigent n’avaient pas de si bonnes retraites, seraient ils plus réceptif à se constituer un patrimoine pour y faire face, et à ne pas le surtaxer
Transmettre c’est prolonger l’actions de sa vie