En avril dernier, le directeur général (DG) de Safran, Olivier Andriès, avait lancé la polémique en déclarant devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les freins à la réindustrialisation de la France : « Pour moi, il n’est plus question aujourd’hui d’investir en France dans une ville qui est détenue par une majorité écologiste ». Une réaction qui s’explique par l’accueil qu’il a reçu (des jets de tomates) alors qu’il annonçait vouloir installer une nouvelle fonderie d’aubes de turbine pour moteurs d’avions à Rennes. A l’Horizon 2029, 500 emplois devaient y être créés.
Les écologistes bretons sont coutumiers du fait. Ils s’étaient ainsi opposés, il y a quelques années, à l’implantation d’une usine de viennoiseries Bridor en Ille-et-Vilaine. Elle devait pourtant créer près de 3 000 emplois.
Mais en Bretagne, il n’y a pas que des écologistes. Il y a aussi des socialistes, des communistes et autres gauchistes et autonomistes. Ils ont voté, le 25 juin 2025, la mise en place du versement mobilité régional et rural (VM2R), dit aussi « taxe mobilité ». Seuls les élus LR et RN du conseil régional ont voté contre cette disposition.
Le VM2R est une invention des sénateurs (à majorité de « droite », faut-il le rappeler ?) qui l’ont introduite (contre l’avis du gouvernement) dans le projet de budget 2025 préparé par Michel Barnier et son équipe. L’amendement est revenu dans le projet de loi de finances du gouvernement Bayrou et a, cette fois, été adopté.
Les régions – à l’exception de l’Ile-de-France qui en a déjà un – peuvent donc choisir de mettre en place ce VM2R, censé financer les transports régionaux, qui touche tous les employeurs employant au moins 11 salariés, tous établissements confondus. La loi fixe un taux maximum de 0,15 % appliqué sur les salaires soumis à cotisations sociales. Ce VM2R s’ajoute au versement mobilité (VM) déjà existant qui peut être perçu par les autorités organisatrices de la mobilité dans leur ressort territorial et au versement mobilité additionnel (VMA) mis en place dans certaines zones.
Les entrepreneurs ont tout de suite réagi. Le président du Medef Bretagne a déclaré : « Vous avez un contexte économique international très incertain. Les perspectives commerciales des entreprises sont extrêmement dégradées voire invisibles. Les trésoreries se tendent de plus en plus. Ce VM2R est impôt direct sur la production et non sur les bénéfices. On va ajouter un prélèvement obligatoire à des entreprises qui sont déjà étouffées par les prélèvements que l’on vit au quotidien. Ça va avoir un impact sur la désindustrialisation et sur les rémunérations ».
Raymond Le Brazidec, conseiller régional du groupe « Bretagne Centre Gauche » pense, au contraire, que la région a « besoin de ce versement. Cette nouvelle ressource financière est vitale pour la région. Cette fiscalité nous a été imposée par le législateur. Ceux qui contestent ce dispositif : quelles alternatives proposez-vous ? ».
Signalons à M. Le Brazidec, dont la vue ne porte pas au-delà des frontières de l’Armorique, que les régions Normandie et Pays-de-la-Loire voisines ont choisi de de se passer de VM2R. Comment se débrouillent-elles ? En faisant des économies, pardi !
Ce n’est pas le cas en Bretagne où les subventions à la culture, au sport, etc. ont été « sanctuarisées ». L’alternative aurait pu aussi consister à faire payer les usagers des transports régionaux plutôt que les entreprises.
Selon France Bleu, le collectif des acteurs économiques composé d’une cinquantaine d’organisations représentant la quasi-totalité de l’économie régionale, créé au moment de la tentative d’instauration de l’écotaxe, s’est réuni pour la première fois depuis seize ans. Les « Bonnets rouges » seraient-ils de retour ?
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