La représentation proportionnelle n’est pas démocratique. La Tribune dimanche du 8 février dernier a publié une tribune intitulée « Avec la proportionnelle, un nouveau souffle démocratique pour la France ». Elle était signée par plusieurs dizaines d’hommes politiques et de politistes (Benjamin Morel) de gauche, parfois prononcée, et du centre gauche. Parmi les signataires François Hollande, Elisabeth Borne, Raphaël Glucksmann, Marc Fesneau (proche de François Bayrou), Boris Vallaud (mais pas Olivier Faure, partisan du scrutin majoritaire), Marine Tondelier. Bref du beau monde…
Cette tribune, d’une particulière médiocrité, plaide en faveur de l’adoption de la représentation proportionnelle (on ne sait pas de quel type, un point soigneusement obombré…), officiellement pour des motifs démocratiques : « Le passage à un scrutin proportionnel pour les élections législatives contribuerait à débloquer une mécanique politique manifestement grippée et redonnerait de la vitalité démocratique ». La tribune ajoute : « Si nous voulons continuer à avancer (?!), il nous faut désormais apprendre à négocier et à faire des compromis, ce que pratiquent depuis longtemps la plupart de nos voisins ». Le texte omet de citer l’exception de l’Angleterre, terre du scrutin majoritaire à un tour, et il se garde bien de nous donner les résultats de ces magnifiques régimes politiques, à commencer par celui de nos amis belges…
Le terme « compromis » est avancé comme central : il s’agirait de « bâtir des majorités stables grâce à une recherche de compromis menée en toute clarté ». Il nous semblait pourtant que la gauche au pouvoir s’était très bien accommodée en son temps (notamment en 1981 et, n’est-ce pas M. Hollande, 2012) du scrutin majoritaire, mais passons…
En fait, la tribune parle très peu de l’aspect démocratique en dépit de son titre. On peut d’ailleurs considérer que la représentation proportionnelle constitue un double défi à la démocratie : d’abord, parce qu’elle amène à la constitution de coalitions après les élections, donc dans le dos des électeurs ; ensuite, parce qu’elle limite, et parfois supprime, l’intérêt d’une dissolution, faute d’alternance. C’est le règne non des compromis, mais des compromissions sur fond de clientélisme et de marché politique, avec un rôle central donné aux partis… centristes, ce qui explique que François Bayrou soit favorable à ce mode de scrutin depuis des décennies. Quelle démocratie que la constitution d’un gouvernement Attal III qui succèderait à un gouvernement Bayrou VI et à un gouvernement Borne IV comme aux plus beaux jours du « régime des partis » de la IVe République !
En réalité, la tribune vise autre chose que la démocratie : il s’agit explicitement d’empêcher le Rassemblement National (favorable traditionnellement à la représentation proportionnelle, mais partagé aujourd’hui sur la question…) d’arriver au pouvoir ! En effet, il s’agit de « limiter le risque d’une remise en question des droits et libertés » (les droits et libertés « de gauche » bien sûr, pas la protection du droit de propriété…). Démocratique vraiment !
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10 réponses
Le meilleur système à tester serait le jugement majoritaire… Mais aucun politicien ne l’accepterait !
Qui va enfin se décider à réclamer le scrutin à un tour pour les législatives. Pourtant c’est bien l’art des compromissions au 2e tour des dernières élections qui nous a mis dans la situation actuelle, non?
+1
La proportionnelle a tué la 3è république puis la 4è. Va-t-elle tuer la 5è?
« Bref du beau monde » vous dites..C’est une moquerie mais peut-être pas pour tous.
Cette proposition n’est qu’une réaction désespérée au mouvement de fond qui va éliminer la gauche du pouvoir, un « knee jerk » ou coup de genou comme disent les Américains. Le RN arrivera au pouvoir parce que la gauche et ses alliés écolos et wokistes vont droit dans le mur, les LR ne sont que des avatars au caractère mou et le centre est assis entre deux chaises qui s’éloignent. Ce n’est pas réjouissant parce que le RN manque d’un programme économique libéral et efficace (ou peut-être le cache-t-il jusqu’à sa prise de pouvoir), des politiques migratoires et sécuritaires fermes sont certes nécessaires mais pas suffisantes pour gouverner la France, et on peut compter sur la gauche pour utiliser les pions qu’elle met en place maintenant, comme le fait Macron, pour mettre d’énormes bâtons dans les roues du RN quand il arrivera au pouvoir. Pour la gauche, la démocratie n’est défendable que si elle leur donne le pouvoir, dans le cas contraire, tous les coups sont permis, y compris la démolition de la France.
La manière dont fonctionne l’assemblée nationale depuis la dernière dissolution est la démonstration incontestable que le compromis est impossible à obtenir. On s’imagine un parlement encore plus fractionné avec une multiplication des chapelles du fait de la proportionnelle. Aujourd’hui, au sein même des partis, qu’ils soient de gauche ou de droite, ils sont dans l’incapacité de s’entendre sur le nom d’un candidat. On s’imagine la cacophonie lorsqu’il s’agira de trouver des compromis entre partis et factions opposés
Peut être s’attaquer à l’abstention serait plus judicieux, les élus seraient plus représentatifs de la réalité!!
Les problèmes actuels de la France n ont strictement rien a voir avec nos institutions
C est reparti pour ressasser de vieilles lunes franchouillardes : elections a la proportionnelle mais laquelle ??? 6 eme République pour quelle constitution ????…..
Bel eloge de la paresse!!!!
Pas nécessaire d’instaurer la proportionnelle pour avoir le bazar ! Il suffit de voir la façon dont l’Assemblée Nationale issue des dernières élections fonctionne. A part aux extrêmes, et encore, où sont les compromis ? C’est plutôt les compromissions et/ou la guerre des chefs.
Ce ne sont pas nos institutions qui sont en cause mais la médiocrité des élus … et les électeurs qui ne se sentant pas écoutés, croient bien faire en manifestant leur colère par leur bulletin de vote (ou l’abstention)
Voici une « solution » (finale pour la démocratie ?) qui justifie vraiment un « barrage républicain ». Il faut absolument éviter une telle catastrophe, le système actuel étant déjà miné par les compromissions du centre, des abrutis de « verts » et de toute la gauche envers Les Fascistes Insupportables de Mélenchon l’antisémite candidat dictateur.