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mercredi 15 avril 2026

La grande crainte de Poutine : que l’Ukraine devienne, comme tous les autres pays de l’UE, plus prospère que la Russie

Temps de lecture : 2 minutes

Nous connaissons très bien les raisons invoquées par Poutine pour envahir l’Ukraine. Elles changent d’ailleurs souvent, en fonction de l’actualité. Opposition à l’élargissement de l’OTAN, dénazification du pays, il essaie de justifier une guerre qui devait durer trois jours mais perdure depuis plus de trois ans. Dans une excellente analyse, Michael Tory, cofondateur du cabinet de conseil financier Ondra Partners, mentionne une autre raison, plus rarement évoquée : Poutine ne peut pas se permettre de laisser l’Ukraine prospérer. Car une Ukraine libre et prospère démontrerait indéniablement que son règne à lui, Poutine, a été un désastre économique pour son pays. L’auteur compare le développement économique des anciens satellites de l’URSS (les pays européens occupés au lendemain de la deuxième guerre mondiale) avec celui de la Russie, depuis 1990 jusqu’à aujourd’hui. Après la chute de l’URSS, le PIB des pays qui ont rejoint l’Union européenne a été multiplié par dix en moyenne (par 14 pour la Pologne). En revanche, le PIB de la Russie et des pays hors UE situés à sa frontière occidentale n’a été multiplié que par quatre (voir graphique plus bas).

En 1990, le PIB de la Fédération de Russie était deux fois supérieur à celui, combiné, des nouveaux pays de l’UE (500 milliards de dollars contre environ 250 milliards de dollars). Aujourd’hui, le PIB combiné des nouveaux pays de l’UE s’élève à 2 400 milliards de dollars, contre 2 200 milliards pour la Russie, un écart de prospérité qui se creuse d’année en année. Nous avons aussi écrit que, selon le FMI, tous les pays membres de l’UE ont un PIB/hab plus élevé que celui de la Russie (14 260 dollars), y compris la Roumanie (21420 dollars) et même la Bulgarie (18 520 dollars) ! On est bien loin des prévisions de Poutine qui, en 2001, tablait sur une croissance économique si robuste que la Russie deviendrait, d’ici 2020, la cinquième économie mondiale. Quand l’Ukraine aura rejoint l’UE et généré une croissance économique comparable à celle des autres anciens satellites soviétiques déjà membres, sa prospérité sera ressentie à coup sûr comme une humiliation pour la Russie de Poutine.

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8 réponses

  1. Russie. Le plus grand pays du monde. 30 fois plus grand que la France. Pour un PIB inférieur.
    Même sorti du communisme, ce pays est resté un nain économique. Et aussi un nain militaire vu son foirage de l’invasion ukrainienne.
    La paranoïa de Poutine et son complexe d’infériorité sont compréhensibles.

  2. Une raison très convaincante, et il faut y ajouter l’attrait des liberté politiques, économiques, culturelles qui régneront en Ukraine.
    Si la Russie doit construire un « mur de Berlin » tout le long des milliers de kilomètres de sa frontière avec l’Ukraine de l’Ouest, cela fait beaucoup, et ce sera inefficace.

  3. Il ne faut pas oublier l’impérialisme russe. Ce peuple ne se sent bien que lorsqu’il opprime les autres, car il ne le peut autrement.

  4. D’abord on compte en PIB « à parité de pouvoir d’Achat ».
    Le PIB de la Russie mesuré ainsi est devant celui de l’Allemagne (à peine).
    L’Ukraine solitaire et corrompue ne s’est pas développée et se trouve actuellement absolument en ruine et l’était déjà en 2022.

    Ensuite, la prospérité de l’Ukraine est maintenant définitivement compromise et se trouve absolument privée d’avenir du fait de la perte prochaine de sa façade maritime. Odessa est un but de guerre russe. Game Over.

  5. Article entièrement mensonger. Vous rêvez. Il n’a jamais été dit par personne en Russie que les combats de cette guerre dureraient 3 jours. Ceci est un mensonge factuel évident. Sinon, citez qui a dit ça et quand.
    D’autre part tous les calculs et chiffres affichés dans votre article sont des PIB qui mélangent les poireaux et les carottes. Les seuls calculs crédibles doivent évidemment toujours être faits « PPA » (à Parité de Pouvoir d’Achat). Avec cette échelle, on constate que la Russie est la 4 ième économie mondiale, selon l’INSEE. La France est 9ième (ce qui est un tour de force dans les conditions actuelles)
    Définition INSEE
    La parité de pouvoir d’achat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui permet d’exprimer dans une unité commune les pouvoirs d’achat des différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d’unités monétaires nécessaire dans des pays différents pour se procurer le même « panier » de biens et de services.
    Ce taux de conversion peut être différent du « taux de change » ; en effet, le taux de change d’une monnaie par rapport à une autre reflète leurs valeurs réciproques sur les marchés financiers internationaux et non leurs valeurs intrinsèques pour un consommateur.
    Voir le classement selon « Bourse Technique » des 20 plus grandes économies du monde, selon le PIB (PPA)

    1. C’est par habitant qu’il faut calculer le PIB/PPA ! Sinon, même la Roumanie a le PIB/PPA plus élevé que celui d ela Suisse ! Mais per capita, celui des Suisses est deux fis plus élevé ! Tous les pays de l’UE (à l’exception de la Bulgarie) ont un PIB/hab en PPA plus élevé que celui de la Russie.

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