Le modèle français de l’enseignement supérieur souffre de plus en plus de la concurrence internationale. Une tribune parue dans Challenges (6 novembre 2025) nous a heureusement surpris : « Il faut réinventer d’urgence le contrat social dans l’enseignement supérieur », d’autant plus que son auteur n’a rien d’un « ultralibéral »…
Christian Gollier est un économiste belge, ancien directeur général de la Toulouse School of Economics. Il explique que le modèle français de l’enseignement supérieur, fondé selon lui sur un « contrat social », est en crise du fait de la mobilité internationale des étudiants et des chercheurs. De ce fait, notre pays s’est laissé « largement distancer sur le marché mondialisé de l’enseignement supérieur ». Le modèle français, fondé sur la « gratuité » (en fait la gratuité apparente payée par les contribuables) de l’accès aux études, l’interdiction (en tout cas officielle, car elle existe en fait de manière hypocrite) de la sélection à l’entrée, l’absence de concurrence et la quasi-absence d’évaluation des professionnels (en dépit de réformes d’affichage), craquèle de partout.
« L’explosion des salaires de l’élite scientifique » à l’international en est le signe le plus accompli, mais de manière plus générale la médiocrité des traitements des universitaires français par comparaison avec ceux de nos voisins, sans parler des salaires aux Etats-Unis, devient intenable. S’y ajoutent, écrit sans fard notre auteur, le problème de la « gouvernance académique », une autonomie qui n’en est pas une faute de financement convenable, un fort conservatisme (en dépit du « progressisme » souvent affiché) et un découragement des initiatives entrepreneuriales.
Malgré ce constat peu reluisant, Christian Gollier constate que « nous continuons à croire en la capacité de l’Etat à protéger notre système des coups de boutoir de la féroce concurrence ». Une chimère. Il en conclut que « la France doit urgemment changer son contrat social » et ce, en agissant simultanément sur trois leviers : la mise en concurrence, la gouvernance universitaire et les modes de financement.
Si ces recommandations sont vagues, sans doute faute de place, elles ont le mérite de démontrer que notre enseignement supérieur en général et nos universités en particulier souffrent. Pour paraphraser Milton Friedman, ce ne sont pas tant les hommes que le « système » qui est en cause. En fait, nous continuons de subir aujourd’hui les conséquences du monopole de l’Université voulu par Napoléon et de l’absence de libéralisation des universités à la fin du Second Empire et au début de la IIIe République (sur ces points nous renvoyons nos lecteurs à notre ouvrage Exception française. Histoire d’une société bloquée de l’ancien Régime à Emmanuel Macron, Odile Jacob, 2020). En réalité, sur la question de l’enseignement supérieur comme sur toutes les autres, notre pays souffre de centralisation et d’interventionnisme. En contrepoint, il faut libérer l’enseignement supérieur et laisser la concurrence jouer !
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2 réponses
L absence de courage politique de N Sarkozy a bloqué le projet de V Pecresse de transformer fondamentalement l enseignement supérieur pour devenir une réformette…….dans la grande traduction gauloise!!!!
Depuis silence radio avec juste qq bonnes vieilles gesticulations……
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L absence de courage politique de N Sarkozy a bloqué le projet de V Pecresse de transformer fondamentalement l enseignement supérieur pour devenir une réformette…….dans la grande traduction gauloise!!!!
Depuis silence radio avec juste qq bonnes vieilles gesticulations……
Pas avec notre gauche intolérante et sectaire qui verouille et interdit tout débat.