Journal d'actualité libéral
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vendredi 16 janvier 2026

La politique a besoin des think tanks en général et de l’IREF en particulier

Temps de lecture : 3 minutes

Dans le monde anglo-saxon, les révolutions libérales ont été préparées par des think tanks, ces « boîtes à idées » qui offrent une assise rationnelle et intellectuelle aux débats et projets politiques des citoyens et des partis qui les représentent. Ils font des études et des recherches, mais ils communiquent aussi pour partager leurs conclusions et leurs propositions. Ils propagent les idées qui charpentent l’action politique et font advenir de nouvelles majorités.

Les think tanks libéraux

La Société du Mont-Pèlerin réunie autour de Friedrich von Hayek après la Seconde Guerre mondiale a irrigué un réseau de think tanks créés afin de diffuser et enrichir la pensée libérale, dans une perspective de reconquête politique. Elle a notamment favorisé la création de l’Institute of Economic Affairs en Angleterre, qui prépara l’avènement de Margareth Thatcher en 1979, ainsi que celle d’Héritage Foundation aux États-Unis à laquelle l’élection de Reagan fut redevable comme à d’autres think tanks américains nés à la même période : l’American Enterprise Institute (AEI), le Cato Institute ou Atlas Network créé par Antony Fisher….

En France, les think-tanks sont peu nombreux et peinent à disposer de financements privés. Il existe nombre d’organismes dotés d’argent public et souvent animés par des fonctionnaires détachés (cf. la réponse ministérielle du 14/05/2019 à Mme Pires Beaune), mais ils n’ont pas l’indépendance qui doit caractériser les think-tanks. Ainsi l’IFRI vit notamment de ses contrats avec l’Etat. Certains, par exemple la Fondapol, bénéficient de crédits du Premier ministre, d’autres sont des corps d’expertise à la solde du gouvernement, comme l’ex-Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), devenu France Stratégie, qui disposait en 2024 de 140 agents publics. De même, l’OFCE, Observatoire français des conjonctures économiques, vit d’une subvention versée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation via la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP).

De vrais think tanks libéraux, comme l’IREF, irriguent néanmoins la pensée politique française, en «  modèles réduits » des organismes anglo-saxons.

Leur rôle n’est pas de réunir les foules mais d’aider les relais d’opinion à débattre, à convaincre. Les idées sont des armes, du moins lorsqu’elles sont construites et rationnelles. Le délabrement autant que l’indigence de la pensée politique actuelle, en France comme ailleurs, requièrent plus que jamais ce travail de réflexion en amont, pour concevoir des politiques désirables. La pensée peut ébranler le monde, même si c’est parfois dans le temps long. « Les mots font du vent, mais le vent pousse le monde » disait Bernanos. Au début du XVIIIème siècle, deux essayistes anglais, John Trenchard et Thomas Gordon publièrent, sous la signature de Cato, une longue série de lettres, The Independent Whig, pour dénoncer, comme Caton le fit contre la tyrannie de César, la corruption, l’amoralité et les abus de pouvoir en Angleterre. Ils contribuèrent ainsi à la « Glorious Révolution » soixante-cinq ans plus tard et influencèrent les Founding Fathers américains.

L’action politique jaillit de la pensée de petits groupes déterminés. « Ce ne sont pas les masses qui font l’histoire mais les valeurs qui agissent sur elles à partir de minorités inébranlables » disait Emmanuel Mounier non sans raison. Les think tanks contribuent à installer une culture, une anthropologie. L’homme politique italien et penseur libéral Benedetto Croce soulignait l’importance de l’éthique et de la philosophie pour faire advenir une pensée au monde. « Les idées ont des conséquences » avait titré l’un de ses ouvrages l’intellectuel américain Richard Weaver en 1948.

Les think tanks libéraux français expriment bien des nuances, du libertarianisme à l’ordo libéralisme, ils se revendiquent des Lumières écossaises ou des courants qui ont agité la galaxie libérale américaine depuis la dernière guerre, de Friedman à Rothbard… Cette diversité est naturelle et souhaitable. Car les libéraux savent que la vérité ne se détient pas mais se recherche sans cesse et se dévoile dans le libre débat.

L’IREF pour sa part est né au début des années 2000 avec l’aide de think tanks plus anciens, notamment de l’ALEPS longtemps animée par son président Jacques Garello et porteuse de la philosophie politique autrichienne de Friedrich von Hayek. Nous défendons la liberté des idées comme celle du marché économique parce que nous croyons que l’échange enrichit et révèle toujours de nouveaux moyens de répondre aux besoins humains. Nous croyons que la propriété est nécessaire parce qu’elle est, comme le disait Bastiat, naturelle à l’homme, mais aussi parce qu’elle est le meilleur rempart des individus contre la puissance de l’Etat. Nous avons enfin la conviction que la liberté et la propriété donnent la meilleure et nécessaire assise à la responsabilité sans laquelle l’homme peine à trouver sa dignité. Notre libéralisme économique est l’expression et l’outil de ce libéralisme anthropologique.

Au demeurant, les think tanks ne doivent pas se complaire dans l’agitation intellectuelle. Ils préparent l’action. Les think tanks libéraux ont vocation à initier des révolutions libérales comme l’ont fait ceux du monde anglo-saxon. A cet effet l’IREF essaie de mener tout à la fois, d’une part une œuvre de réflexion, de production intellectuelle et de formation (université d’été d’Aix en Provence, réunions régulières d’universitaires dans son IREF académie, école du libéralisme, colloques, revue Journal des Libertés, travaux de recherche dirigés par son comité scientifique européen…) ; d’autre part une action de communication et de persuasion avec sa lettre quotidienne Contrepoints et ses nombreux contacts et relais auprès des journalistes, des élus, des entrepreneurs…

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3 réponses

  1. La politique na pas besoin de « penseurs bidons ». Elle a d’abord besoin d’élites intelligentes capables de discernement pour ne pas se laisser leurrer par des pseudo « penseurs » autoproclamés.
    Pour cela il faut changer le mode d’accès au pouvoir…
    Au boulot les « penseurs »!

  2. Vous avez raison en ce qui concerne la Suisse, mais vous omettez un détail important : l’art. 7 LArm, art. 12 OArm (Loi et Ordonnance sur les Armes, respectivement):
    « le port d’armes et le tir avec des armes à feu [ainsi que la détention, trafic, et autres – ndlr] sont interdits aux
    ressortissants des Etats suivants:

    • Albanie
    • Algérie
    • Sri Lanka
    • Kosovo
    • Croatie
    • Macédoine
    • Monténégro
    • Bosnie et Herzégovine
    • Serbie
    • Turquie »

  3. « De vrais think tanks libéraux, comme l’IREF »

    L’IREF n’est liberal que sur l’économie. L’IREF est un think tank conservateur.

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