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dimanche 31 mai 2026

La Russie de Poutine ou la roue du diable

Temps de lecture : 2 minutes

Le 23 février a commencé la 5e année de guerre en Ukraine, pardon, de « l’opération spéciale » qui devait durer quelques jours. Lancée par l’autocrate Poutine, elle s’est heurtée à l’héroïsme des Ukrainiens qui refusent d’être soumis par les Russes. Depuis quatre ans, le Kremlin envoie à la boucherie des centaines de milliers de jeunes pour des gains de terrains presque insignifiants. Cette guerre est un échec pour la Russie, qui aura beaucoup de mal à s’en remettre.

Comment ce pays s’est-il transformé sous Poutine pour en arriver là ? C’est un Russe, Vassili Zorki, journaliste et scénariste aujourd’hui exilé à Paris, qui l’explique dans un livre intitulé La roue du diable. Quelques extraits.

« La Russie est un pays de violence et d’humiliation, où même l’idée de défendre des droits semble impossible. Un pays où il est interdit de fumer de l’herbe, mais pas d’avaler des litres de vodka puis d’ailler tuer le premier venu. Un pays soumis au patriarcat et à l’arbitraire, où l’on explique depuis des siècles qu’il faut être « comme tout le monde », un pays où un garçon doit toujours êtres un vrai mec et une femme une bête de somme… Tout ce qui se passe aujourd’hui découle directement de cela. »

« En 2003, des médias, des journaux, des magazines d’opposition fermaient. La dernière chaîne d’opposition, TVS, a été aussi fermée. Et Mikhail Khodorkovski, le PDG de la société Youkos, a été arrêté à l’aéroport de Novossibirsk parce qu’il avait critiqué Poutine lors d’une assemblée de l’Union des industriels et entrepreneurs. Volontairement, on retenait sa langue, on recourait à des formulations prudentes, laissant de toute façon comprendre de quoi il était question. » La machine de l’oppression se met en marche.

« En 2011, Poutine annonça qu’il se présenterait pour un troisième mandat. La légitimité des élections était devenue extrêmement douteuse. Les manifestations en faveur de la démocratie se multiplient et l’homme politique Alexei Navalny fut arrêté pour la première fois et emprisonné le 5 décembre 2011. » (…) « Je pense que cette période, de 2011 à 2013, a été un tournant, à partir duquel la Russie a basculé dans l’autoritarisme. Avant 2011, les répressions étaient ciblées, obéissant à un mécanisme subtil : là, l’Etat relâchait la bride, tandis qu’ici, il resserrait la vie….Les manifestations ont été progressivement interdites et les protestations écrasées. »

« Le 27 février 2015, Boris Nemtsov, un leader de l’opposition, fut assassiné à une centaine de mètres du Kremlin et en décembre de la même année fut prononcée la première condamnation au titre de l’article 212.1 du Code pénal : un militant de l’opposition à Poutine, Ildar Dadine, écopa de trois ans de prison pour avoir simplement participé à des manifestations. »

Aujourd’hui, contester l’invasion de l’Ukraine ne serait-ce qu’en parlant de « guerre », c’est risquer une condamnation au pénal et plusieurs années de prison. L’étau se resserre plus sur la population. « Dans les premiers mois de guerre, pas moins de quatre mille sources d’information et autres médias furent interdits. Plus de cent journalistes ont été désignés comme « agents de l’étranger ». L’accès à plusieurs réseaux sociaux a été bloqué ou restreint.

Et la population ? Pourquoi ne se révolte-elle pas ? « Plus de 70 % des Russes ne sont jamais sortis de leur pays, et 30 % n’ont jamais quitté leur région. La majorité de ceux qui allaient à l’étranger, se rendaient en Turquie ou en Egypte, avec des formules « tout inclus ». Les Russes ne se font une idée des autres pays qu’à travers les images de la télévision et les récits de propagande. »

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7 réponses

  1. Ils possèdent un esprit de moujik car en fait ils n’ont jamais connu autre chose que l’oppression. Du tzar et de l’aristocratie, des Soviets et de la bureaucratie communiste, et enfin de Poutine et des oligarques. La Russie est toujours foncièrement une société féodale avec ses différentes castes où on ne fait qu’obéir à la supérieure!

  2. Ce qui n empêche nullement tout une gamme de souverainistes nationalistes franchouillards de nous vendre la propagande russe quotidiennement

  3. C’est vrai que l’on peut leur opposer le modèle « démocratique «  européen ou américain avec des élites de type Epstein, pardon tine comme exemple.. oligarchie ploutocratie à tout les étages dictature des minorités en plus et l’on voit le résultat.. no comment !

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