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vendredi 13 février 2026

Le Gouvernement annonce un déficit public de 5% : ce sera très probablement plus

Temps de lecture : 3 minutes

Dans un communiqué daté du 26 janvier, l’agence de notation Moody’s a indiqué que le déficit public français devrait atteindre 5,2 % du PIB en 2026, au-delà donc de la cible de 5,0 % affichée par le Gouvernement, avant même l’entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026. Plusieurs raisons laissent à penser que l’objectif de 5 % – déjà peu ambitieux puisqu’il correspond au 3e déficit public le plus élevé de l’Union européenne en 2026 – ne sera pas atteint.

 Après le « 49.3 », le déficit public a été ramené de 5,3 % à 5 % du PIB dans la copie gouvernementale finale, grâce à des réévaluations de recettes fiscales de dernière minute (+ 2,5 milliards d’euros pour l’IS, + 400 millions d’euros pour la TVA, alors même qu’on annonçait mi-novembre un « trou » de 10 milliards dans les recettes de TVA au titre de l’année 2025…) et à des annonces d’économies budgétaires peu explicitées et en réalité invérifiables (notamment 2 milliards d’euros sur les agences et les opérateurs de l’Etat et 1 milliard d’euros sur les achats publics).

Surtout, le Gouvernement a décidé d’alourdir la fiscalité sur les entreprises à hauteur de 8,4 milliards d’euros par rapport au texte adopté par le Sénat, faisant fi des engagements qu’il avait pris et de la « parole publique » qu’il avait donnée. Le « stop-and-go » gouvernemental aura été permanent : baisse de l’IS, puis surtaxe exceptionnelle pour un an, puis deux ans, à 4 milliards d’abord, puis à 6 milliards ensuite, finalement à 7,3 milliards ; suppression de la CVAE programmée, puis repoussée, ensuite accélérée, enfin annulée. Or l’on sait, comme l’a rappelé le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, que, « pour un même solde public donné, un ajustement budgétaire par les dépenses ou par les recettes emporte des conséquences radicalement différentes sur la croissance et donc sur la capacité du pays à réduire dans la durée ses ratios de déficit et d’endettement ».

Personne ne peut rivaliser avec la France

Avec la surtaxe d’IS qui porte son taux à 35,3 % et le relèvement de la flat tax à 38,6 % (via la hausse de CSG sur les revenus du capital et la pérennisation de la contribution différentielle sur les hauts revenus ou CDHR), un même capital sera taxé à plus de 60 % (60,3 % exactement). Autrement dit, sur 100 euros de bénéfices réalisés puis distribués, les apporteurs de capitaux conserveront moins de 40 euros. Aucun pays voisin ne surtaxe autant le capital. Aucun ne franchit d’ailleurs la barre des 50 % : le taux combiné d’IS et de taxation des dividendes est de 48,6 % en Allemagne, 47,5 % en Belgique, 42,2 % en Espagne et de 46,6 % en Italie. Contre 60,3% en France, donc.

La reconduction de la surtaxe d’IS à hauteur de 7,3 milliards d’euros et le renoncement à la baisse initialement prévue de 1,1 milliard de CVAE ne sera évidemment pas sans conséquences sur le tissu productif, et partant sur les finances publiques. Affectant directement la confiance et les capacités d’investissement des entreprises, les augmentations d’impôt qu’elles subissent conduiront, à horizon de deux ou trois ans, à une diminution du PIB à hauteur du double des recettes fiscales escomptées (ce multiplicateur a été mis en évidence par Alberto Alesina en 2019).

Bref, la stratégie « court-termiste » du Gouvernement revient à sacrifier les perspectives de croissance déjà maigres des années à venir, compromettant d’autant le rétablissement des comptes publics. Elle aura inévitablement des répercussions sur le taux de chômage (à nouveau en hausse depuis 2024, à 7,5 %) et sur les défaillances d’entreprises (à leur plus haut niveau historique l’an dernier, avec 69 000 défaillances enregistrées).

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8 réponses

  1. La France n’est pas gouvernée, le président est évanescent, le dernier premier ministre est aux ordres de quelques socialistes incompétents et toute mesure un tant soit peu indispensable prônée par un ministre est retoquée par le conseil constitutionnel ou le conseil d’État, perdus dans leur idéologie mortifère. Le résultat est sans appel aucune autorité à l’intérieur du pays avec porte ouverte aux voyous et à une immigration, au mieux incontrôlée , au pire permissive. Ajoutons-y une image tellement nulle à l’extérieur que les Allemands se verraient bien prendre en mains la dissuasion nucléaire française sans que notre président, perdu dans ses illusions personnelles, ne réagisse. Triste fin de règne pour le malheur des français. Triste image de l’État pour les plus jeunes. Triste fin de parcours pour les plus âgés qui avaient Å“uvré pour une France soit débout et qu’ils voient à l’agonie. A croire que la loi euthanasie ,chère à notre président, ne constitue qu’un accompagnement du convoi funéraire de notre pays.

  2. Toujours la même méthode coue du gouvernement
    Le deficit sera plus proche des 6 que des 5% sauf petits arrangements qui commencent à pointer le bout du nez pour garder des chiffres acceptables
    La Grèce a commencé a dériver puis a maquillé ces comptes pour dissimuler la réalité
    Pour rester au pouvoir jusqu en 2027et aborder les élections favorablement le PR comme le gouvernement en
    sont tout a fait capables malheureusement

  3. Ce sera près de 6%, il ne faut pas se faire d’illusion vu l’irresponsabilité de nos représentants qui se fichent complètement de nous et du pays!

  4. Exprimer le déficit en fonction du PIB (5,2%) n’a aucun sens,
    car en réalité quand on a 100 de recettes, on a 135 de dépenses.
    Le déficit est donc de 35%.

  5. Bien vu! Merci Adalbert vous nous rendez un peu moins stupides…
    Pour être exact 446Mds€ de dépenses et 317Mds€ de recettes.
    Cela nous donne un déficit de 40,7% !!!
    Tous, l’état les médias les politique, tous son complices ou idiots!
    I
    Mais ceux qui savent, savent surtout déformer la réalité… sans mentir!

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