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jeudi 15 janvier 2026

L’écriture inclusive validée par le Conseil d’État

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un arrêt du 31 décembre, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi de l’association Francophonie Avenir, qui s’oppose à l’écriture inclusive par la Ville de Paris. Que faut-il en déduire ? La plus haute juridiction administrative entérine l’idée selon laquelle des graphies comme « conseiller·e·s » ou « président·e·s » relèveraient désormais de la langue française et ne constituent ni une prise de position idéologique, ni une entorse au principe de neutralité du service public. Elle considère ainsi que l’emploi de formes abrégées visant à faire apparaître le féminin d’un titre n’est pas, en soi, assimilable à un message politique. Le raisonnement repose sur une interprétation extensive de ce qui peut être considéré comme un usage admissible du français dans l’espace public.

Cette position tranche avec d’autres décisions récentes, notamment celle du tribunal administratif de Grenoble en mai 2023, qui avait annulé des statuts universitaires au nom de la « clarté et intelligibilité » de la norme en matière d’actes administratifs. Elle contraste aussi avec la position constante de l’Académie française, mais aussi avec une circulaire de novembre 2017 proscrivant l’écriture inclusive dans les actes officiels. De la même manière, en octobre 2023, nos sénateurs ont adopté, en première lecture, une proposition de loi visant à protéger la langue française des dérives de l’écriture inclusive, qu’ils considèrent comme un frein à la lecture et à la compréhension de l’écrit. En donnant raison à la Ville de Paris, le Conseil d’État ouvre une brèche : ce qui relevait jusqu’ici de choix militants ou de pratiques internes devient juridiquement valide dans l’espace public, y compris sur des plaques commémoratives.

Il existe pourtant de nombreux arguments contre l’écriture inclusive porteuse, par nature, d’un projet militant puisque l’objectif est bien de changer les représentations sociales : manque de lisibilité pour les personnes sans handicap, illisibilité pour les personnes dyslexiques, incompatibilité avec la littérature, difficulté de lecture à voix haute, opposition binaire des genres dans la forme (contrairement au masculin neutre qui se veut justement plus « inclusif »), effets inexistants sur l’égalité entre les hommes et les femmes…

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29 réponses

  1. En quoi ce sujet concerne t il le conseil d’état ? Est il aussi concerné par le nombre de poils de la baleillette de mes toilettes?

  2. Finalement, les gens de ce « conseil » sont aussi c.ns que ceux qui prône ce genre d’écriture qui ne fait que dénaturer la langue. Je pense qu’il n’y a qu’en France que l’on a ce genre de parasites. « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » A. Einstein

  3. FAUX : le Conseil d’État n’a pas « validé » l’écriture inclusive.
    ✅ Il a simplement jugé que la Ville de Paris pouvait l’utiliser dans ses propres documents, faute de loi l’interdisant.
    👉 Aucune obligation, aucune norme nationale, aucune validation linguistique.
    Le juge dit le droit, pas le bon sens.

    1. « Aucune obligation, aucune norme nationale, aucune validation linguistique »…….Nous voilà relativement rassurés !!!
      -Le droit ne devrait-il pas avoir le bon sens pour corollaire au risque d’être in fine discrédité ?
      -Certaines inepties ne devraient-elles pas être considérées dans certains cas comme irrecevables ?

  4. Le Conseil d’État s’est mis hors la loi en n’appliquant pas les articles 110 et 111 du plus ancien texte de loi français, datant d’août 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêts, encore en vigueur (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006070939), imposant l’usage de la langue française dans les textes officiels.
    A moins que les conseillers d’État n’aient jamais maîtrisé la langue française ?
    À moins encore que cette Cour (c’est bien le mot) se courbe par bien-pensance de gauche ?
    L’Académie française, seule légitime à dire le français, a élevé une protestation contre cette décision inique (https://www.academie-francaise.fr/actualites/communique-sur-la-decision-du-conseil-detat-relative-lusage-de-lecriture-inclusive).
    La caste impérieuse se croît légitime à décider de tout, il serait temps de limiter ses abus de pouvoir à constants.

  5. Le Conseil d’État contre la langue Française ! La nécessité de nettoyer cette haute administration occupée par les ennemis de la Nation n’a jamais été aussi évidente.

  6. Décidément Conseil d’État et Conseil Constitutionnel ne sont plus en phase avec le simple bon sens. Dans un pays où l’exécutif se comporte sans réelle stratégie cette évolution délétère risque de s’accroître encore.

  7. Encore une institution qui ne sert à rien à part démolir le pays car gangrenée par l’extrême gauche et son idéologie

  8. Hé bien ,moi je penses qu’il y a énormément de choses beaucoup plus importantes à s’occuper en ce moment que de l’écriture !!!

  9. Et pendant ce temps-là les personnes de moins de 1,60m se prennent la tête pour atteindre des produits en magasin ou grimper des marches dont la hauteur est calculée pour des tailles standards. Ils sont bien plus nombreux que ceux qui se disent lésés par le manque d’un .e mais les décideurs de tous horizons s’en tapent et les « militants intersectionnels » encore plus puisque ce n’est pas ce modèle de « vivre ensemble » qui les intéresse.

  10. A quoi sert sert le conseil d’État à part recaser les copains recalés? En tout cas pas à bien gérer le pays. Avec un bilan de 3500 milliards de dette, il est temps de penser à supprimer cette haute juridiction administrative.

  11. Un arrêt incompréhensible ! comment le Conseil d’Etat peut-il s’abaisser à entériner de telles incongruités? C’est désolant !

  12. Une question : si je reçois un courrier officiel d’une administration quelconque écrit en écriture inclusive, est-ce que je peux y répondre en prétendant ne pas comprendre suffisamment le langage utilisé ?

  13. Un questionnaire à compléter proposé par une société connue des plus sérieuse m’indiquait récemment 3 choix possibles à ma grande stupéfaction : Êtes-vous : -un homme ? : -une femme ? : -Non binaire ?
    Une question se pose en l’occurence : -Quid de ceux qui se revendiquent par exemple « non binaires »?
    -Le pronom « IEL »doit-il devenir systématique ?
    -Faudra-il tenir compte de toutes les appartenances existantes à plus ou moins long terme pour un changement progressif et radical dans la façon de nous exprimer dans une novlangue ?
    Ne pas oublier que la langue est bien l’âme d’un peuple, et » qu’un peuple qui tient sa langue est un peuple qui tient bon » (Dixit Andre Gide)

  14. Pauvre combat ciblé de certaines féministes !
    Ridicule. Inutile. Elles font pitié.
    Elles emm…… tout le monde et ne représente qu’elles.
    Occupez vous donc de vrais combats.
    Ah mais non c’est vrai c’est bien plus dur, plus compliqué et il faut vraiment se retrousser les manches !

  15. La langue et l’écriture appartiennent au peuple. Si l’on envisage un changement, il faut l’avis du peuple par référendum et nom l’avis d’un conseil d’état non qualifié.

  16. L’accès aux documents en question devrait devenir plutôt compliqué si au masculin et au féminin viennent s’ajouter systématiquement les mentions afférentes aux orientations diverses et variées des individus composant une société !!!
    Les esprits fécond, à l’origine de ces « inovations » aux retombées enegivores en raison de la diffusion de ces nouveaux textes toujours plus long et lourds quant aux formes restent curieusement silencieux sur un sujet pourtant censé les préoccuper en permanence .
    Certes nous ne serons pas à un paradoxe près par les temps qui courent !!!

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