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samedi 18 avril 2026

Les dictateurs de tous les pays, unis derrière la Chine

Temps de lecture : 2 minutes

C’est une image pour les pages sombres des livres d’Histoire : le numéro un chinois, Xi Jinping, a accueilli mardi soir pour la première fois ses homologues russe, Vladimir Poutine, et nord-coréen, Kim Jong Un. Ce dernier, par peur d’attentats, ne sort quasiment jamais de son pays et est d’ailleurs venu en train blindé. Depuis la guerre froide, les dirigeants des trois nations ne s’étaient plus réunis, la dernière fois remontant à 1959 lors d’un défilé à Pékin où Mao Zedong avait accueilli Kim Il Sung et Nikita Khrouchtchev.

Ces trois dirigeants siégeaient au premier rang de la première parade militaire à Pékin depuis six ans, à l’occasion de la commémoration du 80ème anniversaire de la reddition du Japon, ultime étape de la deuxième guerre mondiale. Il s’agissait surtout d’une démonstration historique de défiance envers les Etats-Unis au nom d’un supposé Sud Global, en fait une alliance hétéroclite sous domination chinoise, regroupant la Russie, devenu  un « client » géopolitique de Pékin en raison de son isolement consécutif à l’invasion de l’Ukraine, ceux des pays d’Asie qui jugent inévitable de devoir courtiser le régime de Xi Jinping, voire l’Inde, même si les sujets de dissensions demeurent entre les deux pays les plus peuplés du monde. L’Inde de Narendra Mori a effectué récemment un rapprochement spectaculaire avec son rival et parfois ennemi, qui s’avère aussi être son deuxième principal partenaire commercial, en réaction aux droits de douanes punitifs instaurés par Donald Trump. Ce dernier a d’ailleurs envoyé ironiquement ses « chaleureuses félicitations » à Vladimir Poutine, Kim Jong Un et Xi Jinping du fait qu’ils « conspirent contre les Etats-Unis », un ton acerbe très surprenant tant l’hôte de la Maison Blanche est d’habitude indulgent, voire obséquieux avec ses homologues des pays à régime autoritaire. De quoi interroger sur la stabilité émotionnelle et intellectuelle du président américain, que la rumeur avait donné pour mort le week-end dernier du fait qu’il n’avait pas été vu en public durant trois jours.

Le défilé militaire déployait des missiles capables d’atteindre les côtes américaines. Pékin a présenté ses derniers missiles antinavires, drones de combat et missiles balistiques à capacité nucléaire. Le dirigeant chinois le plus puissant depuis Mao s’est également engagé à accélérer la construction d’une « armée de classe mondiale » et à « sauvegarder fermement » la souveraineté et l’intégrité territoriale, une référence à peine voilée à Taïwan et un avertissement contre toute tentative d’indépendance officielle.

Si Pékin a fait grand cas des pays présents, dont aucun classé dans le « camp » occidental, hormis la Slovaquie et, de manière ambiguë la Serbie, peu des pays représentés sont réputés très fréquentables, et étaient sans doute présents surtout du fait qu’ils sont acheteurs potentiels de matériel militaire chinois : le Vietnam, au demeurant dernier pays à avoir affronté militairement la Chine, en 1979, la Malaisie, le Pakistan et l’Iran. En bref, aucune démocratie n’était présente, aucune puissance technologique ou scientifique parmi les invités de la Chine, si on omet ce qui reste de la Russie sur ces derniers points. Le PIB cumulé des vingt pays représentés ne dépassait pas 5 % du total mondial, et à peu près un tiers de celui de la seule Chine.

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11 réponses

  1. Dans la liste des dictatures vous avez oublié l’Europe car chez nous l’opposition se suicide, ou meurt dans une abondance inquiétante, ou elle disparaît sans laisser quelconque trace…
    Merci pour votre toute prochaine objectivité…

    1. Quand les journalistes et le opposants seront empoisonnés ou envoyés en colonie pénitentiaire, on pourra parler de dictature…

  2. Effectivement une démonstration de force militaire, mais ce matériel est il fiable à l’usage, il vaut mieux ne pas en faire l’expérience. Il faut cependant admettre que ces dictature représentent 4 milliards d’individus, qui sont soumis et sont plus ou moins robotisés.

  3. Parce que vous pensez (je vous fais ce crédit de penser) que nous ne sommes pas en régime totalitaire ? Pire qu’une dictature parce que se déguisant en régime démocratique ! Nous sommes gouvernés par une clique de financiers, hauts-fonctionnaires, soutenus par des médias stipendiés et pratiquant l’ingénierie sociale, une manipulation éhontée. Un peu de lucidité et d’humilité, s’il vous plaît !

    1. Un peu de lucidité en effet, cher Monsieur. Si nous étions dans un régime totalitaire, après avoir écrit ce commentaire, vous seriez déjà bien loin…

  4. Cet article n’est pas sans me rappeler la chanson de Boris Vian, la java de bombes atomiques :
    « Voilà des mois et des années
    Que j’essaye d’augmenter
    La portée de ma bombe
    Et je n’me suis pas rendu compt’
    Que la seul’ chos’ qui compt’
    C’est l’endroit où s’qu’ell’ tombe
    Y a quéqu’chose qui cloch’ là-d’dans,
    J’y retourne immédiat’ment
    Sachant proche le résultat
    Tous les grands chefs d’Etat
    Lui ont rendu visite
    Il les reçut et s’excusa
    De ce que sa cagna
    Etait aussi petite
    Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
    Il les a enfermés
    En disant soyez sages
    Et, quand la bombe a explosé
    De tous ces personnages
    Il n’en est rien resté »

  5. Bonjour Mr LECAUSSIN, j’apprécie en général vos articles, mais : que dire d’un pays dont le président peut augmenter le nbre de parrainages pour l’élection présidentielle pour éliminer certains candidats, où une loi peut être votée 10 fois de suite jusqu’à ce qu’elle passe, où un candidat à l’élection présidentielle peut être dégagé par la justice en quelques semaines alors que ce genre de procédure prends des années, que dire du référendum de 2005, des journaux comme libération renfloués avec nos impôts, que après des élections catastrophiques pour le parti en place, il soit toujours au pouvoir…(Liste non exhaustive). Comme disait Coluche, la dictature c’est ferme ta g,,,e, la démocratie c’est cause toujours. Et aussi : si voter servait à quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit. Et je ne parle pas de la censure dans les médias, ni de toutes ces décisions qui ne passent pas par l’assemblée (Ukraine par exemple). Comment appelez vous un pays où l’état contrôle tout ou presque, où tous les moyens démocratiques sont verrouillés ou biaisés ? Ce qui n’empêche pas, comme dans les pays plus autoritaires, des suicides un peu bizarres (Marleix, Denece), mais tout cela est sans doute complotiste

    1. Merci, cher Monsieur, de nous lire et de nous soutenir. Les démocraties ne sont pas parfaites, loin de là, mais ne les comparons pas avec des régimes qui emprisonnent et tuent les opposants et les journalistes.
      Cordialement

  6. Rendez-vous compte, si le chevalier à la triste figure Mélenchon avait été élu il aurait participé au grand raout de Xi ! Quel cauchemar…

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