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vendredi 26 juin 2026

« Les Français veulent-ils encore travailler ? », par Anne de Guigné

Temps de lecture : 2 minutes

La France ne travaille pas suffisamment. C’est une cause majeure de ses difficultés. Non seulement les Français travaillent moins que les autres, mais ils sont moins motivés.

Si les civilisations antiques qui nous ont précédés, Grecs et Latins, méprisaient le travail, le christianisme l’a pourtant réhabilité. Mais depuis le XIXème siècle, Marx fait rêver d’une société socialiste où le travail serait aboli. Son gendre, Paul Lafargue, revendiquait « le droit à la paresse » dont LFI se fait l’écho aujourd’hui. Sous la pression syndicale, la France est parmi les trois pays de l’Union européenne où la durée du travail est la plus basse. Les 35 heures et la retraite à 60 ans ont été le poison mitterrandien pour tuer l’esprit du travail.

Sous la contrainte de la nécessité, la durée du travail se rallonge un peu, mais, en même temps, la société française reste encalminée par une fonction publique pléthorique et surprotégée par son statut. Anne de Guigné s’inquiète à juste titre que largement plus de 50% de l’économie française soit désormais sous tutelle publique (les dépenses publiques représentent 56 à 58 %  du PIB), hors marché. Par ailleurs, les politiques de traitement social du chômage ont à leur tour éloigné des populations de l’emploi depuis les années 1970. Les jeunes en ont été les plus grandes victimes. Aujourd’hui 4 millions de personnes vivent dans un ménage touchant le RSA !

Plus que les aspects économiques, l’évolution des mentalités explique largement, selon Anne de Guigné, la dévaluation du travail. Le travailleur contemporain n’accepte plus la subordination, ou il l’accepte moins, il veut être autonome ; paradoxalement, il a besoin de reconnaissance de ses supérieurs en même temps qu’il rejette la hiérarchie.  Entre la généralisation du télétravail, la robotisation et la financiarisation de la détention des entreprises, le travail se déshumanise. Il se déconnecte de la réalité et perd en saveur dit-elle en rappelant la recommandation de Simone Weil de faire coïncider pensée et action dans le travail pour lui redonner sa dignité.

Elle dénonce aussi le travail qui ne paye plus. La France perd sa productivité et rogne la rémunération nette de trop de charges sociales. L’écrasement des salaires et les trappes à pauvreté du SMIC et des aides aux réductions de charges sur bas salaires ajoutent à une régression du salaire des cadres pour démotiver les salariés que par ailleurs désorientent les campagnes orchestrées autour des inégalités de rémunération et du retour des rentiers.

La France s’affaisse. En termes de PIB par habitant, elle est 25ème selon le FMI alors qu’elle était 11ème dans les années 1990. La dégradation de l’enseignement, initial et continu, n’y est pas pour rien ; la rigidité du droit du travail non plus. Selon les mots de Tocqueville, au-dessus des Français, l’Etat « élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort ». La solution à leurs maux est sans doute, conclut Anne de Guigné, que les Français s’octroient « par leur travail, le droit de veiller eux-mêmes à leur bonheur ». Elle a raison. Son petit livre est bienvenu et agréable à lire.

10 réponses

  1. Beaucoup de réalité dans ce résumé .
    L’élite dirigeante ne fait qu’encourager cette situation . Sans autonomie financière les citoyens acceptent tout. Certains entrepreneurs en profitent pour favoriser l’exploitation des populations immigrés avec des lois qui favorisent les régularisations ignobles lorsqu’il y a des millions de chômeurs

    1. L’immigration non-qualifiée actuelle est en réalité une « subvention migratoire » aux secteurs les moins innovants et productifs : bâtiment, tourisme, service à la personne, etc. En plus, les externalités négatives (infrastructures, tensions culturelles, etc) sont reportées sur le contribuable. Sans cette « subvention migratoire », le capitalisme français serait contraint de se tourner vers des secteurs innovants à haute valeur-ajoutée. Alors, en effet, faire venir des immigrés pour « payer nos dettes et nos retraites », je ne vois pas trop où est l’humanisme.

      1. Depuis plus 40 ans les baisses de charges n ont cessé d augmenter sur les bas salaires
        Elles ont subventionné des entreprises de main d’œuvre non qualifiée
        Ne nous étonnons pas de la desindustrialisation en France
        Quant a l immigration non qualifiée elle vient faire le boulot que les franchouillards ne veulent plus faire malgré 8% de chômeurs soit plus de 3 millions

  2. La réponse est pour la majorité NON il y a plusieurs raisons
    la culture de la fainéantise et des loisirs
    le découragement de plus en plus visible par les taxes et contraintes
    l’exemple donné par le monde public, politique et tout ce qui leurs est associé,
    et enfin le comportement général de la société
    Mais dans tout cela les politiques et le monde public en sont les premiers responsables, comme les juges et les médias et si vous regardez bien quelques anciens reportages majoritairement des résidus gauchistes même s’ils se disent de droite de 68. La situation en est à un tel point d’irrespect général que malheureusement la seule issue reste une guerre qui remet les choses en place.

  3. Bien sûr, que les Français veulent travailler. Mais l’état français ayant transformé le pays en poubelle, rognant chaque jour toutes les libertés dont la liberté de penser, ponctionnant le revenu de ceux qui travaillent pour le donner soit aux assistés soit au grand capital, démotiverait même le plus stupide des patriotes. En ceci, la caste dirigeante est coupable de haute trahison contre le Vieux Pays. Qui aurait envie de travailler pour financer ses chaines ?

    La Boétie répond à Guigné :

    « Or, est-il donc certain qu’avec la liberté se perd tout en un coup la vaillance.
    Les gens sujets n’ont point d’allégresse au combat ni d’âpreté : ils vont au danger quasi comme attachés et tous engourdis […].
    Entre les gens libres, c’est à l’envi à qui mieux mieux, chacun pour le bien commun, chacun pour soi, ils s’attardent d’avoir tous leur part au mal de la défaite ou au bien de la victoire ; mais les gens asservis, outre ce courage guerrier, ils perdent aussi en toutes autres choses la vivacité, et ont le cœur bas et mol et incapable de toutes choses grandes.
    Les tyrans connaissent bien cela, et, voyant qu’ils prennent ce pli, pour les faire mieux avachir, encore ils aident-ils. » (Discours sur la servitude volontaire).

  4. Oui, les Français veulent travailler, mais pas pour deux balles… Ils en ont marre d’entretenir des fonctionnaires pléthoriques et inefficaces et une classe politique de nuls qui ne font pas grand-chose pour vivre avec un train de vie très supérieur à la moyenne.

  5. Merci pour cette bonne recension. Débloquer l’ascenseur salarial est urgent pour motiver les meilleurs.

  6. pourquoi travailler si l’état prend tout pour subventionner des secteurs sous-performants… Selon une loi économique bien connue, les gens adaptent leur production au salaire réel qu’ils touchent… Donc, si les gens ne travaillent plus assez, c’est que ce n’est pas dans leur intérêt.

  7. Le gaulois veut travailler légèrement pourquoi pas 28h hebdo avec 3 mois de vacances ( c est déjà le cas dans la fonction publique et para publique ) et être très bien payé
    Il y a juste une petite contradiction qui explique nos déficits récurrents qui alimentent notre dette abyssale
    La glandouille est un élément fort de la bienpensance actuelle

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