Arnaud de Puyfontaine, chargé du pôle industriel des Etats généraux de la presse vient de remettre son Rapport à l’Elysée et au ministère de la Culture. Ce Rapport omet une chose essentielle : le monopole inacceptable depuis 1947 des NMPP (Nouvelles Messageries de la presse parisienne), véritable Etat dans l’Etat pourvu des plus incroyables privilèges.
Arnaud de Puyfontaine, chargé du pôle industriel des Etats généraux de la presse vient de remettre son Rapport à l’Elysée et au ministère de la Culture. Ce Rapport omet une chose essentielle : le monopole inacceptable depuis 1947 des NMPP (Nouvelles Messageries de la presse parisienne), véritable Etat dans l’Etat pourvu des plus incroyables privilèges.
Lorsque vous êtes quelque part à l’étranger, même chez nos voisins, avez-vous remarqué que la (maigre) presse française présente dans les kiosques est datée de la veille, contrairement aux autres journaux étrangers qui sont, eux, du jour même ? La raison ? Il faudra la demander aux NMPP et à leur inadmissible monopole de distribution mis en place en 1947.
Depuis 1973, aucun quotidien nouveau en France
Et d’aucuns se plaignent encore que la presse française est en déclin. En 1914, la France pouvait se targuer avec 244 quotidiens vendus pour 1 000 habitants et occupait la première place mondiale. Aujourd’hui, avec 149 exemplaires vendus pour 1 000 habitants, elle n’est qu’à la 31e place, derrière tous les pays européens. Aux Etats-Unis, on peut compter 7,2 titres quotidiens par millions d’adultes, en Allemagne 5,9, en Espagne 3,8, en Grande-Bretagne 2,3 et en France seulement 1,8 ! Il n’y a pas un seul quotidien qui ne soit pas en déficit. En 2006, la somme totale des ventes (hors abonnements) du Monde (125 000), du Figaro (140 000), de Libération (75 000) et même du Parisien (90 000) équivaut à celle de France Soir en 1981 (430 000 exemplaires). Depuis 1973, année du lancement de Libération, aucun nouveau quotidien ne s’est créé en France. Quelles sont les causes de ce déclin qui semble inéluctable ? Certains parlent de l’essor des nouveaux médias, de l’Internet et des chaînes sur le câble. D’autres, de l’apparition des gratuits. Il y a bien là-dedans une grande part de vérité mais cela n’explique pas tout. Sinon, comment se fait-il que dans un pays comme la Grande-Bretagne où le câble, le satellite, la télévision numérique terrestre se sont développés avant et bien plus vite qu’en France, les quotidiens se portent très bien ? Non, comme pour la situation économique, les causes sont internes.
Plus de 4 000 euros par mois pour un rotativiste
Tout commence au lendemain de la deuxième guerre mondiale lorsque les ouvriers des imprimeries (et le Parti communiste) obtiennent le monopole de la fabrication des journaux et quand on a créé les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP), les coopératives chargées de distribuer la presse. Ces deux monstres étatiques existent toujours et gardent encore le monopole de l’impression et de la distribution des principaux quotidiens français. Il s’agit de deux administrations dont les coûts sont tellement élevés que les quotidiens n’arrivent plus depuis longtemps à assurer les marges. Les syndicats dirigent les imprimeries et la distribution et ce sont eux qui décident du nombre de personnes employées. Sans parler des rémunérations dont les plus basses s’élèvent à plus de 4 000 euros par mois pour un rotativiste ! De plus, celui-ci bénéficie de neuf semaines de vacances par an, d’une couverture sociale qui lui permet de conserver son salaire pendant trois ans et des augmentations de salaire automatiques qui interviennent tous les ans sinon deux fois par an. Et ce n’est pas tout. En vertu d’un principe communiste dit de l’ « ouvrier collectif », le Livre a institué le mécanisme ingénieux de la rotation permanente des postes. Une façon de bénéficier des avantages conférés à chaque poste disponible. Au total, l’impression représente un coût qui avoisine 40 % du prix de vente d’un quotidien.
Sauver la presse ? Oui, en commençant par supprimer tous les privilèges des NMPP.
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