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vendredi 5 juin 2026

Lyhanna : la Justice française fautive

Temps de lecture : 2 minutes

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a décidé vendredi, à l’issue d’un conseil ministériel restreint, de convoquer tous les procureurs généraux à une réunion de travail à la Chancellerie lundi matin. Il s’agira de discuter des failles judiciaires dans l’affaire de Lyhanna, enfant de 11 ans disparue vendredi dernier et dont le corps a été retrouvé jeudi soir dans le Gers.

Le principal suspect, Jérôme B., un homme de 41 ans qui connaissait Lyhanna car elle était amie de sa fille, avait fait l’objet de multiples plaintes depuis neuf ans pour diverses agressions sexuelles ou « comportements inappropriées », dont une plainte pour viol sur une enfant de dix ans l’été dernier ; depuis, la justice n’avait pas pris le temps de l’auditionner. Mieux, le parquet d’Auch, dirigé par la procureure Clémence Meyer, critiquée vendredi par le Garde des Sceaux, qui n’avait apparemment pas fait avancer le dossier en dix mois, avait montré où était ses priorités en publiant un communiqué pour dire qu’il allait se mobiliser après une phrase polémique d’un élu agricole envers les écologistes…

La direction de la gendarmerie a demandé jeudi soir de « lister » toutes les procédures relatives à des affaires sensibles concernant les mineurs et de « faire un point sur tous les actes d’enquête », selon un commandant de groupement de gendarmerie.

Le porte-parole de la Chancellerie, Sacha Straub-Kahn, a évoqué jeudi sur BFMTV un « constat d’échec pour tout le monde », un « dysfonctionnement global, probablement de la chaîne de l’Etat ». Sur RTL, Eric Mouzin, père de la petite Estelle victime du tueur en série Michel Fourniret, a estimé « surréaliste » que les ministres de l’Intérieur et de la Justice « semblent découvrir l’existence de dysfonctionnements au sein de leur ministère », soulignant que la situation n’était pas « le fruit d’une évolution du dernier mois ou de quelques semaines », mais datait de bien plus longtemps.

La lenteur de la justice peut s’expliquer, certes, par le manque de moyens, indigne d’un pays moderne, puisque la France ne consacre que 0,2% de son revenu annuel au budget de la justice, pourtant mission clé de la légitimité de l’Etat sur le plan des principes et de l’Histoire. C’est moins que le budget retraites de la SNCF… Un ratio qui la situe dans la queue de peloton des pays occidentaux. Toutefois, s’y ajoute un problème grave, comme l’ont d’ailleurs reconnu vendredi la plupart des politiques de tout bord, avec quelques décennies de retard ; la lutte contre la pédo-criminalité ne semble clairement pas faire partie des priorités du système.

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