Selon Piketty, « Si l’Europe ne sort pas urgemment du régime de sacralisation de la propriété privée et de libre-échange absolu mis en place dans les 1990, on ne pourra jamais résoudre les défis géopolitiques, sociaux, industriels et climatiques du 21e siècle. » La sacralisation de la propriété est en fait un pilier de notre bloc de constitutionnalité, issu de son texte le plus ancien (et le plus fondamental), la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen d’août 1789 : – en son article 2, la propriété est citée juste après la liberté parmi les quatre « droits naturels et imprescriptibles » de l’être humain ; – et à l’article 17, où la propriété est cette fois qualifiée d’ « inviolable et sacrée », justement… Pas grand-chose à voir avec cette référence arbitraire aux années 1990. Car le droit de propriété est en fait un fondement essentiel de toute société libre, indispensable à la capacité de résistance de chaque individu à l’oppression qui résulte nécessairement du collectivisme. Ceux à qui il est interdit de posséder ne serait-ce que pour vivre en autarcie de leur travail sont forcément les prisonniers du système qui leur concède de quoi subsister. La DDHC elle-même ne vient pas de nulle part, mais résulte d’un long héritage philosophique. Rousseau, pourtant particulièrement sensible à la question des inégalités, écrit même ceci dans le Discours sur l’économie politique : « Il est certain que le droit de propriété est le plus sacré de tous les droits des citoyens, et plus important à certains égards que la liberté même ; soit parce qu’il tient de plus près à la conservation de la vie ; soit parce que les biens étant plus faciles à usurper et plus pénibles à défendre que la personne, on doit plus respecter ce qui peut se ravir plus aisément ; soit enfin parce que la propriété est le vrai fondement de la société civile, et le vrai garant des engagements des citoyens : car si les biens ne répondaient pas des personnes, rien ne serait si facile que d’éluder ses devoirs et de se moquer des lois. » Longue vie à la sacralisation de la propriété.


10 réponses
Piketty, Soros, Minc, tous frères dans l’absurde. Ils créent plus de dégâts qu’Attila, Tamerlan ou Joseph Staline.
Ben oui, Piketty et consorts sont aujourd’hui les pires ennemis des droits de l’homme et du citoyen. De même que tous les sectateurs des impôts dits « sur la fortune (productive ou improductive) » qui poursuivent hypocritement les mêmes objectifs (et cela fait du monde), du monde où l’on s’étonne de trouver le RN ! Sur ce plan, Socialistes/LFI/RN, même combat.
Marine le Pen a toujours été de gauche et ne s’en est jamais caché. Qui cela peut-il sérieusement surprendre que les politiques proposées par le Rassemblement National soient d’inspiration socialistes ?…
Du reste, depuis les années 70, il n’y a quasiment plus de droite, en France : seulement un vaste spectre de nuances de gauche.
Doit on accorder à cet enseignant insignifiant aux propos communistes un quelconque intérêt???????
Dans la mesure où ce sinistre individu a une influence non négligeable sur une partie de la population (en l’occurrence, ici, celle qui a fait de l’envie un art de vivre), il est peut-être important d’en parler et de dénoncer à quel point ses saillies sont complètement contraires à ce qui a construit nos sociétés.
Et n’apporteraient rien de bon si par malheur elle devaient être suivies d’effets.
Je ne sais pas dans quel univers vit piketty mais en europe le droit de propriété n’est, hélas, ni sacré ni absolu loin s’en faut. les limites au droit de propriétés sont quasiment infinis et c’est la source de la plupart des nos problèmes.
En fait, c’est du droit à l’expropriation généralisée dont rêvent ces cryptocommunistes.
Il faudrait demander à tous ces robespierristes lugubres de relire leur propre Déclaration des Droits de l’Homme de 1793 : « Liberté, égalité, sûreté, propriété »… Il semble que M. Piketty soit aussi incompétent en histoire qu’en économie. … On sent clairement que les collectivistes veulent rétablir la corvée, le servage et la mainmorte…
Il est amusant de constater que les mêmes qui en 1789 ont « nationalisé  » les biens de l’Eglise et par la suite de très nombreuses propriétés privées ont finalement inscrit dans la Constitution que la propriété privée devait être sacrée. Cela montre bien à quel point le souhait de beaucoup est seulement de s’approprier le bien d’autrui en le déclarant d’abord aliénable puis, une fois confisqué, en le rendant inaliénable.
Toutefois, comme l’écrit l’un de vos lecteurs, la propriété en France est largement battue en brèche notamment depuis les lois dites « d’intérêt public » où l’intérêt public est fréquemment une manière détournée par certaines autorités pour s’accaparer des biens à des fins financières (ma famille en a été très largement victime et ce, dans une ampleur assez stupéfiante) ou par exemple dans le cas de squats en tous genres où les propriétaires ne peuvent récupérer leurs biens illégalement occupés voire peuvent même être condamnés au bénéfice des squatteurs !
Piketti a raison. Et je pense qu’il faut faire un exemple.
Il est urgent de saisir les avoirs de Piketti qui vit, assez bien je crois, de son enseignement et de ses publications…