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mercredi 17 décembre 2025

Obama, McDo et le salaire minimum

Temps de lecture : 2 minutes

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Depuis quelque temps déjà, les syndicats des chaînes de fast-food incitent leurs adhérents à protester contre le salaire minimum qu’ils perçoivent. Mais à quoi peuvent aboutir les grèves et les marches auxquelles nous assistons ?

Depuis quelque temps déjà, les syndicats des chaînes de fast-food incitent leurs adhérents à protester contre le salaire minimum qu’ils perçoivent. Mais à quoi peuvent aboutir les grèves et les marches auxquelles nous assistons ?

Aux Etats-Unis un salaire minimum fédéral existe depuis 1938. A la différence de ce qui se passe en France, il n’est pas ajusté automatiquement mais selon la décision du Congrès uniquement. Aussi, ne l’ayant pas été depuis 2009, son niveau de 7,25 $ de l’heure a-t-il perdu à cause de l’inflation 12,5% de sa valeur réelle en cinq ans… Le Président Obama a donc exprimé le désir que celui-ci soit porté à 10,50$ en 2016. Mais les syndicats du marché du « fast-food » trouvent le Président trop modéré. Ils réclament un salaire minimum de 15 $/heure !

Or, la marge des restaurants rapides n’est que de 3% avant impôts, alors que les salaires et leurs charges représentent 26% du chiffre d’affaires. Si la demande des syndicats était satisfaite, afin d’éviter les pertes, le prix des hamburgers devrait croitre d’au moins 66% (d’après l’Heritage Foundation) ! Car, dans la mesure où la clientèle de ce secteur est en général économiquement faible, elle reste très sensible aux prix. Une hausse importante des prix la conduirait donc à réduire considérablement sa demande. Et pour compenser cette baisse de la demande, les restaurants seraient amenés à augmenter davantage les prix qu’il avaient prévus à l’origine. En fin de compte ils seraient conduits à fermer des établissements et à licencier du personnel…

C’est ainsi que beaucoup d’employés seraient mis au chômage tandis que le prix de l’alimentation augmenterait pour les plus démunis. En contrepartie, il est vrai que des personnes, tout en conservant leur poste, gagneraient davantage. Mais comme le montre le Congressional Budget Office, il s’agit en grande majorité de jeunes gens, dont les revenus familiaux sont supérieurs au niveau de la pauvreté et qui, en général, parce qu’ils acquièrent rapidement de l’expérience, restent peu de temps payés à ce salaire minimum.

Florin Aftalion
Professeur émérite à l’ESSEC

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