Avec l’alerte lancée en 1972 dans « Halte à la croissance », le Club de Rome est présenté par les soutiens du GIEC comme un précurseur. Cette alerte est invoquée pour critiquer la défiance persistante des citoyens pourtant avertis depuis si longtemps, et la lenteur de mise en œuvre des mesures nécessaires. Et invoquée pour critiquer la défiance persistante des citoyens pourtant avertis depuis si longtemps, et la lenteur de mise en œuvre des mesures nécessaires. Mais en réalité, les hypothèses du Club de Rome sont exactement opposées à celles du GIEC : pour le Club de Rome le problème était la pénurie de ressources, pour le GIEC c’est l’excès de ressources.
Le club de Rome est lui-même un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de cinquante-deux pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement. D’après le rapport du Club de Rome, dans son hypothèse la plus optimiste, la production d’or devait s’arrêter il y a 25 ans, en 2000, les mines devant être totalement épuisées. Plus grave, l’extraction de gaz naturel devait survenir en 2021. Et celle de pétrole en 2022. L’hypothèse des experts de 1972 était pourtant résolument optimiste, supposant une poursuite de l’augmentation de la consommation, mais un quintuplement des réserves connues. Sur les dix-neuf ressources étudiées, seules quatre (fer, charbon, chrome, cobalt) devaient rester disponibles sensiblement plus longtemps, de l’ordre de 150 ans.
Il est étrange que des hypothèses exactement contraires aboutissent à la même conclusion : « il faut faire décroitre l’économie »
Pour le rapport de 1972, il n’existait donc pas de risque de changement climatique dû au CO2 puisque la consommation de gaz et de pétrole allait rapidement disparaître faute de production de ces combustibles. La décroissance étant inévitable, les efforts devaient se concentrer sur la façon de s’y adapter.
Les grossières erreurs contenues dans le rapport du Club de Rome n’impliquent pas que les données du GIEC soient inexactes. Mais il est étrange que des hypothèses exactement contraires aboutissent à la même conclusion : « il faut faire décroitre l’économie ». Ces surprenants revirements peuvent expliquer les doutes qu’expriment une partie de la population : comment avoir confiance en des positions opposées soutenues avec le même enthousiasme par de nombreux scientifiques, et utilisées par de nombreux responsables politiques. D’autant plus qu’on imagine les conséquences dévastatrices qu’aurait eu la prise en compte effective des conclusions du Club de Rome au niveau mondial : investissements massivement improductifs, chute de 50% du niveau de vie dans tous les pays du monde, famines, guerres. De la part des citoyens, une certaine circonspection est donc compréhensible.
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4 réponses
Je ne suis pas sûre que la population connaisse le club de Rome. En revanche, comment peuvent t il comprendre les injonctions contradictoire suivantes : nous sommes trop nombreux/la chute de la natalité est un problème. Comment comprendre qu aucun programme écolo décliniste ne propose la suppression des allocs ? Qu aucun écolo ne félicite l Europe de son decin démographique et économique, vu notre déclin , ils devraient nous montrer au monde entier comme modèle.
Votre article démontre que nos « élites » feraient bien de réfléchir avant de traiter tous ceux qui ne gobent pas le discours officiel de complotistes !
Le mouvement écolo-malthusien issu du « Club de Rome » n’est que la résurgence d’un écolo-malthusianisme plus ancien aux racines idéologiques parfois fascisantes. Nombres de « pères fondateurs de l’écologie » ont un passé plus ou moins nazi (la caricature la plus célèbre est Bernardt de Hollande, passé de la Waffen SS à la direction du WWF ! Mais c’est loin d’être le seul… qu’on songe au Commandant Cousteau, etc.). Quoi qu’il en soit, l’idée d’une limite à la croissance est scientifiquement inepte. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Lavoisier repris par Bastiat) : la croissance économique consiste en la création de nouveaux services soit directement soit à travers la modification de la matière. L’homme n’ajoute ni ne retranche un seul atome à l’écosystème ; il modifie l’agencement des atomes. La croissance est donc virtuellement infinie, puisqu’elle consiste dans la croissance des services à quantité de matière strictement constante ! La fin du pétrole exploitable, à horizon proche ou lointain, ne signifiera donc en aucun cas la fin de la croissance. Les hommes trouveront de nouveaux moyens de se rendre service à l’infini. Vive la liberté, morbleu !
Les conclusions sont marxistes et malthusiennes, ce qui n’est pas surprenant au vu de la prise de contrôle de nombre d’instances de l’ONU par des idéologues de ces obédiences.