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jeudi 11 décembre 2025

A leur compte, les salariés ne craignent pas de faire des sacrifices : l’exemple de la SCOP-TI

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russie

Il y a dix ans après une occupation d’usine de quatre ans, une bonne quarantaine de ses salariés ont repris l’usine Fralib de thés et tisanes exploitée par Unilever à  Gemenos (Bouches-du-Rhône) dans le cadre de la société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions SCOP-TI. Ces ouvriers, au demeurant courageux, se prévalent aujourd’hui de leur victoire et font valoir, ainsi que le raconte le journal Le Monde daté du 07/11/2024, qu’ils espèrent qu’enfin l’entreprise atteindra sa rentabilité en 2024.

Mais à quel prix ! Unilever a versé 2,85 millions d’euros pour le projet. Ils ont obtenu une subvention de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). La Métropole Aix-Marseille-Provence a repris leur bâtiment. Ils ont multiplié les campagnes de dons participatifs ou « sociofiancement ». Encore cette année, ils ont dû lancer une campagne de dons qui leur a permis de récolter fin août 2024 : 447 106,39 € de 3455 donateurs. Une rentabilité bien artificielle !

Une société qui vit de dons et subventions n’est plus vraiment une entreprise, mais plutôt une caisse de charité. Ça ne peut être qu’une exception. Mais il est intéressant de noter que pour faire vivre leur entreprise les salariés ont aussi fait des sacrifices en abandonnant leur prime de vacances, l’intéressement, la participation et le treizième mois qu’ils avaient chez Unilever. Leurs salaires n’ont guère augmenté : une situation qui les aurait poussé à réoccuper l’usine chez Unilever, mais qu’ils ont acceptée pour leur usine. C’est la vertu de la propriété et le plaisir de travailler pour soi-même qui l’ont emporté. Une certaine leçon à méditer.

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Une réponse

  1. Le plaisir de travailler pour soi-même ? Avec moins d’avantages et sans la moindre perspective de réussite ? Je parlerais plutôt de fierté mal placée, pour ma part. C’est souvent l’impression que j’ai, d’ailleurs, à chaque fois que des ouvriers nous montent une SCOP en s’imaginant qu’ils feront mieux que leurs anciens patrons ; je me demande à chaque fois combien de temps ça leur prendra pour faire pire… et mettre la clé sous la porte quand même.

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