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jeudi 9 juillet 2026

Affaire Marine Le Pen : la mauvaise foi du RN

Temps de lecture : 2 minutes

La classe politique française ne s’est une nouvelle fois pas grandie dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le RN en tête.

Il serait opportun de rappeler à certains de nos hommes politiques de gauche que l’État de droit n’est pas une variable d’ajustement et que, entre autres, la présomption d’innocence doit être un principe intangible. A la suite de la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics par la cour d’appel de Paris, cette dernière a immédiatement fait part de sa volonté de faire pourvoi en cassation, quels que soient au demeurant les risques juridiques et judiciaires. Il en résulte qu’elle est toujours présumée innocente. Cela n’a pas empêché son collègue Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, et plusieurs députés Ecologistes de la qualifier de « délinquante ».

Il n’en demeure pas moins que l’attitude de Marine Le Pen et de ses proches n’a rien eu de reluisant. En effet, il est difficile de verser plus dans la mauvaise foi. La fondatrice du RN se retrouve aujourd’hui dans la position de l’arroseur arrosé. C’est tout le problème des donneurs de leçons et des moralisateurs à la petite semaine. Le Front National puis le RN n’ont cessé d’exciper du slogan « Mains propres et tête haute », comme lors des élections législatives de 1993. En clair, tous pourris sauf nous ! Aujourd’hui, tout particulièrement en première instance, ce sont les juges « rouges » qui sont des pourris. Le raisonnement circulaire ne manquera pas de faire sourire.

Ce sont surtout les déclarations et autres positions de Marine Le Pen qui lui reviennent comme un boomerang. En 2013, elle exigeait l’inéligibilité à vie pour les hommes politiques coupables, entre autres, de détournement de fonds… En 2022, elle proposait la fin des mesures d’aménagement de peine, dont le bracelet électronique…

Quant à la procédure et au regard du calendrier électoral, le RN n’avait cessé avant la première instance d’appeler à la célérité de la justice au nom du peuple français. Depuis l’arrêt de la cour, il ne demande plus de délais de faveur, mais l’application des délais de droit commun, Marine Le Pen étant subitement une justiciable comme les autres. Etrange tout de même pour une populiste de bénéficier de délais de procédure inconnus des autres justiciables… On relèvera aussi que la candidate à l’élection présidentielle avait dit et répété qu’elle ne se pourvoirait pas en cassation si la cour la condamnait et ce, afin de laisser le champ libre à Jordan Bardella, mais nous avions sans doute mal entendu…

Bien entendu, Marine Le Pen a rappelé la vieille rengaine populiste selon laquelle il appartenait au peuple français de trancher, comme si les électeurs pouvaient effacer une décision de justice…

Quoi qu’il en soit, la campagne électorale est maintenant bien lancée et Marine Le Pen va enfin pouvoir parler du fond. Espérons que le RN ne le détourne pas (le fond…).

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