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jeudi 3 septembre 2026

Arrêts de travail : si on essayait la responsabilité ?

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis le 1er septembre 2026, la durée des arrêts de travail est limitée à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation. Le médecin pourra toutefois déroger à ces plafonds en prenant en considération la situation du patient et les recommandations de la Haute autorité de la santé (HAS). Il s’agit d’économiser sur les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale dont le coût a été de 17,6 Md€ en 2025.

Ces mesures s’ajoutent à celles qui ont été prises ces derniers mois : limitation à 3 jours des arrêts prescrits par téléconsultation ; baisse du plafond des revenus pris en compte (1,4 Smic au lieu de 1,8) pour le calcul des indemnités journalières (IJ) ; instauration d’un nouveau formulaire Cerfa sécurisé ; réduction du taux d’indemnisation des fonctionnaires ; etc. Et ce n’est pas fini puisque le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage de nouvelles mesures dans le budget 2027 comme il l’a déclaré au Parisien.

En attendant, les 40 millions d’euros (M€) d’économies visés seront-ils au rendez-vous ? Pas sûr car certains estiment le coût des consultations supplémentaires induites à 30 M€. L’économie réelle serait donc de l’ordre de 10 M€, soit 1% de l’augmentation annuelle des indemnités journalières. Ce n’est sûrement pas ainsi que l’on réduira le trou de la Sécu !

Cela n’étonne pas Frédéric Bizard, économiste de la santé, pour qui ce n’est pas sur les arrêts longs qu’il y a abus. Faudrait-il alors rendre les arrêts de courte durée plus compliqués et plus contrôlés ? Pas nécessairement non plus puisqu’ils ne sont quasiment pas pris en charge (délai de carence). Les pays qui pratiquent l’auto-déclaration des arrêts de travail (c’est-à-dire sans certificat d’un médecin), n’ont pas observé d’explosion des arrêts. C’est le cas, en Europe, de l’Allemagne et de la Finlande (3 jours), de la Belgique (1 jour trois fois par an), de la Suisse (2 jours), du Royaume-Uni (7 jours depuis 1985), du Portugal (3 jours consécutifs deux fois par an), du Danemark (sans limite de durée). En fait, l’auto-déclaration est un moyen de rendre les patients plus responsables.

Lutter contre ceux qui abusent et profitent du système au détriment des vrais malades sans jamais s’attarder sur la déresponsabilisation que génère l’Assurance maladie ne mènera jamais bien loin.

Laisser à chacun la liberté de s’assurer auprès du prestataire de son choix lui permettrait de connaître le véritable coût des soins (et des arrêts maladie) et de prendre conscience que c’est lui qui les paie. Responsabilisés, les assurés contribueraient à réduire les gaspillages et les abus.

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