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vendredi 16 janvier 2026

Australie : l’accès aux réseaux est officiellement interdit aux moins de 16 ans

Temps de lecture : 2 minutes

Ne pas être naïf, les réseaux sociaux constituent de puissants outils de propagande et manipulations, avec utilisation habile d’algorithmes orientés qui posent problème, tant dans la manière opaque dont des comptes sont poussés en avant, ou au contraire shadow-bannés, ainsi que par les effets délétères sur des jeunes esprits soumis à addiction, ou dont le sens critique n’est pas encore établi. Pour autant, l’interdiction pure et simple constitue une riposte illibérale et excessive.

C’est pourtant ce dans quoi s’est engagé l’Australie, au demeurant pas un pays particulièrement attaché aux libertés individuelles comme cela avait été illustré durant le Covid. Les moins de 16 ans d’Australie sont officiellement interdits d’accès à de nombreux réseaux sociaux, une démarche pionnière au niveau mondial qui vise à protéger la jeunesse des algorithmes addictifs d’Instagram, TikTok ou encore Snapchat. Des centaines de milliers d’adolescents sont déconnectés des applications sur lesquelles ils pouvaient passer plusieurs heures par jour.

Sans mesures « raisonnables » prises pour faire respecter la loi, les plateformes concernées risquent des amendes pouvant atteindre 28 millions d’euros. Les réseaux sociaux « sont utilisés comme une arme par les harceleurs (…), sont vecteurs d’anxiété, constituent un outil pour les escrocs et, pire que tout, sont un outil pour les prédateurs en ligne », a justifié le Premier ministre travailliste Anthony Albanese. Facebook, Instagram, YouTube, TikTok, Snapchat ou encore Reddit ont désormais l’interdiction de conserver ou de permettre la création de comptes pour les utilisateurs d’Australie âgés de moins de 16 ans. Les plateformes de streaming Kick et Twitch, ainsi que les réseaux sociaux Threads et X, sont aussi concernés.

Certes, mais du coup les adolescents n’auront plus, du moins légalement, accès à ce que les réseaux sociaux peuvent offrir d’intéressant, d’autant plus qu’ils constituent désormais un outil central d’information et d’échanges. Cette logique interroge aussi ; est ce que les mêmes législateurs auraient interdit l’imprimerie au motif qu’elle constitue aussi un puissant outil de diffusion de discours haineux, ou de propagande dangereuse ? De plus, c’est aux parents de prendre des mesures pour leurs enfants, pas au gouvernement.

Pour l’heure, la plateforme de jeux en ligne Roblox, le réseau Pinterest ou encore la messagerie WhatsApp sont épargnés par le dispositif. Mais cette liste pourra évoluer, a averti le gouvernement. Certains sites restent accessibles sans compte, à l’image de YouTube. Des travaux de recherche avancent que passer trop de temps en ligne nuit au bien-être des adolescents. La justice a toutefois été saisie : un groupe de défense des droits des internautes a dit avoir engagé une procédure auprès de la Haute Cour d’Australie.

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7 réponses

  1. Bon. Il faut reconnaitre aux australiens a minima historiquement 2 mérites:
    – ils furent les seuls a n’avoir fusillé aucun de leurs soldats en 1917
    – avoir réglé le problème des armes avant que l’Australie ne devienne comme les USA.

    Donc on va voir avant de juger. Ils font a grande échelle ce que je faisais sur le routeur de ma maison il y a 20 ans…Quand la menace ne suffit plus, on passe aux choix techniques.

    1. 85 % des décès par balles aux usa sont des suicides. 11% sont soit des criminels qui se tuent entre eux, sont tués par la police ou tués par des citoyens en légitime défense. La quasi totalité des fusillades de masse ont eu lieu là où le port d’arme est interdit.

  2. Je suis d’avis qu’il est malsain de laisser aux mineurs un accès illimité à Internet (pas seulement aux réseaux sociaux, qui ne sont qu’une partie du problème).

    Je ne suis pas pour que cela passe par la loi, mais j’estime que les parents ne devraient pas offrir à leurs enfants un tel accès avant leur majorité. Et tout devrait donc être fait pour qu’un tel accès ne soit indispensable à quiconque, au moins avant dix-huit ans : il y aurait donc, par exemple, un énorme travail à faire afin de « dénumériser » l’école, par exemple, et revenir à ses fondamentaux dont l’efficacité ne s’est jamais démentie : livres, cahiers, tableaux noirs.

    C’est en apprenant à se passer d’Internet que l’on apprend le mieux à s’en servir intelligemment, j’en suis, par expérience, intimement convaincu.

    1. Je dois pas entièrement contre une bonne partie de votre commentaire. Mais se passer d’internet pour mieux savoir l’utiliser, c’est un peu comme se passer de voiture pour mieux savoir les conduire aux codes de la route.

  3. A 15 ans tu est coullionnable et du jour au lendemain quand tu as16 ans tu ne l’est plus? Il vont savoir comment si l’abonnement à internet qui permet d’accéder au réseaux sociaux ne seront pas au nom d’un adulte?

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