Mercredi 6 mars, à l’occasion d’une interview donnée au journal Le Monde, Bruno le Maire a détaillé les contours du plan d’économies (assez relatif) qu’il souhaite mettre en œuvre pour contenir les dépenses de l’État et des administrations publiques en général.
Un point particulier semble avoir retenu son attention : la prise en charge par la Sécurité sociale des transports de patients atteints d’une affection de longue durée (les transports d’urgence par le SAMU ne sont pas concernés), en ambulance ou en taxi, qui a coûté la coquette somme de 5,7 Mds€ l’année dernière.
Ce poste de dépenses, qui absorbe 5 % du prix total des soins de ville, a doublé en vingt ans, à cause notamment du vieillissement de la population, mais aussi de la désertification médicale entraînée par l’instauration du numerus clausus, dont la suppression (partelle) ne devrait pas produire d’effets avant 2035.
Dans un rapport publié l’année dernière, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), avait ainsi noté une progression annuelle moyenne de 4 % de ce type de frais, à un niveau supérieur à celui des dépenses générales de soins (+ 2,6 %). L’immense majorité (93,3 %) est prise en charge par l’Assurance maladie, le reste étant couvert par les ménages eux-mêmes (3,3 %) et les mutuelles (3,1 %).
La seule réponse du Gouvernement, pour l’heure, n’a été que d’augmenter les franchises médicales de 2 à 4 € pour l’utilisation d’un transport sanitaire, ce qui ne devrait pas être suffisant pour freiner l’envolée de ses coûts.
L’autre enjeu concerne les prix pratiqués par les taxis, une corporation réglementée soumise à un système d’achats de charges où la concurrence ne peut donc pas s’appliquer correctement. Il serait opportun de songer à les mettre en compétition avec les grandes compagnies de VTC pour tirer les prix vers le bas et permettre à la Sécurité sociale de dégager des économies.
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3 réponses
reduire les dépenses de l’état? lumineuse idée ! et si on commençait par réduire le train de vie princier de tous ces énarques et a tous ces haut fonctionnaires qui cumulent mandats et présidence d’association sans compter de jolis conflits d’interet allez bruno chiche ??
Bonjour,
votre regard sur la problématique du budget de la mobilité sanitaire est intéressant. Oui la hausse de ce budget est liée à la politique en santé de l’Etat (développer l’ambulatoire, virage domiciliaire, spécialisation des plateaux techniques) et au vieillissement de la population.
En revanche je ne suis pas sûr que la libéralisation au profit des VTC répondra au besoin de maîtrise de la dépense publique. D’une part les VTC ne sont présents que dans les métropoles et ce n’est pas là qu’est le gros de la dépense de transport sanitaire et d’autre part si on libéralise ce secteur la dépense explosera par le volume. En effet le volume des prescriptions de transport n’est pas maîtrisable car c’est clairement à l’appréciation du médecin. La seule façon de maîtriser le volume est d’appliquer le numerus clausus des taxis conventionnés qui a été prévu par la loi mais dont le décret n’est jamais sorti. C’est précisément pour cela que l’enveloppe des taxis a doublé dans les dix dernières années contrairement aux ambulances et VSL qui ont été contenus. A votre disposition si vous voulez approfondir data à l’appui.
Roland de Barbentane
Président de Keolis Santé
C’est quand même inquiétant qu’une personne comme lui, énarque au plus haut niveau des finances, prenne conscience de ce problème seulement aujourd’hui alors que, moi, je critique ce dévoiement depuis plus de dix ans. Des exemples, j’en ai à la pelle comme, par exemple, celui du cousin d’un ami, parti dans la Nièvre et qui, cancer venu, venait se faire soigner à Paris. Maintenant il est mort mais, pendant plus d’un an, il venait tous les jours, en taxi, se faire soigner à La Pitié. Je me demande comment la Sécurité Sociale a pu accepter cette charge sans lui demander de se faire soigner dans sa région où, je suppose, il y a des hôpitaux. Sauf si, évidemment, notre problème était plus grave et que la Nièvre en est totalement dépourvue. Que les gens de la Nièvre sont obligés de venir se faire soigner à Paris! Un an de taxi de la Nièvre à Paris, cela correspond à quel budget?
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reduire les dépenses de l’état? lumineuse idée ! et si on commençait par réduire le train de vie princier de tous ces énarques et a tous ces haut fonctionnaires qui cumulent mandats et présidence d’association sans compter de jolis conflits d’interet allez bruno chiche ??
Bonjour,
votre regard sur la problématique du budget de la mobilité sanitaire est intéressant. Oui la hausse de ce budget est liée à la politique en santé de l’Etat (développer l’ambulatoire, virage domiciliaire, spécialisation des plateaux techniques) et au vieillissement de la population.
En revanche je ne suis pas sûr que la libéralisation au profit des VTC répondra au besoin de maîtrise de la dépense publique. D’une part les VTC ne sont présents que dans les métropoles et ce n’est pas là qu’est le gros de la dépense de transport sanitaire et d’autre part si on libéralise ce secteur la dépense explosera par le volume. En effet le volume des prescriptions de transport n’est pas maîtrisable car c’est clairement à l’appréciation du médecin. La seule façon de maîtriser le volume est d’appliquer le numerus clausus des taxis conventionnés qui a été prévu par la loi mais dont le décret n’est jamais sorti. C’est précisément pour cela que l’enveloppe des taxis a doublé dans les dix dernières années contrairement aux ambulances et VSL qui ont été contenus. A votre disposition si vous voulez approfondir data à l’appui.
Roland de Barbentane
Président de Keolis Santé
C’est quand même inquiétant qu’une personne comme lui, énarque au plus haut niveau des finances, prenne conscience de ce problème seulement aujourd’hui alors que, moi, je critique ce dévoiement depuis plus de dix ans. Des exemples, j’en ai à la pelle comme, par exemple, celui du cousin d’un ami, parti dans la Nièvre et qui, cancer venu, venait se faire soigner à Paris. Maintenant il est mort mais, pendant plus d’un an, il venait tous les jours, en taxi, se faire soigner à La Pitié. Je me demande comment la Sécurité Sociale a pu accepter cette charge sans lui demander de se faire soigner dans sa région où, je suppose, il y a des hôpitaux. Sauf si, évidemment, notre problème était plus grave et que la Nièvre en est totalement dépourvue. Que les gens de la Nièvre sont obligés de venir se faire soigner à Paris! Un an de taxi de la Nièvre à Paris, cela correspond à quel budget?