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lundi 1 juin 2026

Choose France : et si on rendait la France attractive pour les entreprises françaises ?

Temps de lecture : 2 minutes

Mettre un « coup d’arrêt » à ce « défaitisme insupportable ». À l’occasion de la 9ème édition du Sommet Choose France au château de Versailles, Emmanuel Macron a vanté une « édition record » et historique. Ces chiffres bruts méritent toutefois d’être relativisés.

Tout d’abord, on parle avant tout d’annonces qui ne se traduisent pas nécessairement par des investissements réels. Le projet d’usine de batteries de l’entreprise Taïwannaise ProLogium, à Dunkerque, est, par exemple, retardé depuis deux ans malgré 1,5 milliard de subventions validées par la Commission européenne. En Isère, le projet de méga-usine de puces des entreprises GlobalFoundries et STIMicroelectronics a été épinglé dans un rapport de la Cour des comptes : si l’américain STIM a investi et a reçu des subventions, ce n’est pas le cas du français GlobalFoundries… ce qui « pénalise la complétude du projet, et par là-même, son efficacité globale au nom de laquelle les soutiens publics ont été accordés ». Nous pourrions également mentionner le projet d’un centre de données Microsoft dans le Haut-Rhin, retardé par l’administration dans l’obtention d’un permis de construire.

Ensuite, avant de rendre la France attractive pour les entreprises étrangères, ne faudrait-il pas commencer par le faire pour les entreprises françaises ? Lors de son déplacement à l’usine Vorwerk, en Eure-et-Loire, M. Macron a affirmé qu’il ne fallait pas « massacrer les entreprises avec de la fiscalité, ni ceux qui travaillent ». Pourtant, et contrairement à ce que l’on a l’habitude d’entendre, les prélèvements obligatoires sur les sociétés non financières sont cinq fois plus élevés que les « aides » (382 milliards d’euros vs. 73 milliards en 2024). Les entreprises étrangères qui participent au Sommet Choose France bénéficient de baisses d’impôts, de subventions (dans l’industrie, 30 % des décisions d’investissement en ont bénéficié) et de procédures accélérées, pendant que les entreprises françaises subissent une pression fiscale record.

Le timing du sommet illustre cruellement cette réalité : dans un communiqué de presse publié le 28 mai, le manufacturier de pneumatiques Michelin a annoncé la suppression de 1 500 postes sur 3 ans, soit une baisse d’environ 10 % de ses effectifs. Le groupe a évoqué un contexte économique fortement instable, mais aussi les coûts de production et une pression fiscale « parmi les plus fortes des pays industrialisés ». Voilà sans doute le véritable baromètre de l’attractivité française : non pas les promesses d’investissements, mais la capacité des entreprises déjà implantées à continuer d’y produire durablement.

La France est sans aucun doute une économie attractive pour les investisseurs étrangers, mais elle le serait encore plus si elle permettait aux entreprises déjà implantées de produire, d’embaucher et d’investir sans être écrasées par la fiscalité.

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