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samedi 30 mai 2026

La vie de château pour cégétistes : la SNCF

Temps de lecture : 2 minutes

Propriétaire du château de Challuy, dans la Nièvre, l’Instance commune (IC) du groupe public ferroviaire, comité d’entreprise dérogatoire aux mains de la CGT, fait dans le social, accueillant les enfants du personnel. « Par groupes de 80, ils viennent y suivre des stages d’équitation et de tennis, et faire des balades dans le vaste parc privé et les bois environnants. Le domaine comprend quatre courts de tennis, une piscine et un terrain de basket. » A l’occasion, l’IC donne aussi dans la solidarité : en 2016, il a hébergé pendant trois mois, 30 jeunes mineurs soudanais migrants évacués de la jungle de Calais.

L’ambiance est un peu différente lors de son Festival annuel « Visions sociales », qui se tient au château d’Agecroft. Dominant la baie de Cannes avec vue sur les îles de Lérins, cette propriété de rêve appartient au comité d’entreprise d’EDF, dirigé par… la CGT. « Ici, tout n’est désormais que luxe, calme et volupté […] : deux piscines, deux bars, une salle de cinéma modulable en discothèque, une salle de sports. » Ce CE est richement doté puisqu’il perçoit chaque année 1% de la masse salariale d’EDF.

L’IC disposait, elle, en 2021 de 35,6 millions €, soit plus du tiers des subventions allouées aux comités économiques et sociaux du groupe SNCF. Épinglée en 2023 par un rapport de la Cour des comptes pour sa gestion de 2017 à 2021, « la gouvernance de l’IC est restée quasiment inchangée […]. Elle gagnerait à être plus transparente, plus participative. »

Son parc immobilier pléthorique (66 sites) est mal entretenu, en dépit de grosses dépenses. « Pour réaliser les travaux qu’elle finance elle-même (soit la moitié des 19 M€ de travaux réalisés entre 2019 et 2021), l’IC a recours à des entreprises régulièrement reconduites sans réelle mise en concurrence malgré la qualité parfois contestable des prestations réalisées ; l’organisation des travaux manque de rigueur. » Pour les travaux financés par la SNCF, en tant que mandataire, elle ne respecte pas les règles de la commande publique, pourtant obligatoires. La Cour relève que « ni la SNCF ni l’IC n’ont une claire connaissance de l’ampleur des travaux à prévoir au cours des prochaines années, de leur ordre de priorité et de leur mode de financement. »

L’institution déplore « une connaissance approximative […] de la fréquentation des sites, dont le taux d’occupation n’est pas un indicateur pilote de sa gestion. » « Pour les villages de vacances, les coûts de l’IC sont plus du double de la moyenne nationale, et pour les colonies de vacances, le poids de la masse salariale y est deux fois plus élevé. »

Enfin, la Cour dénonce un « absentéisme assez élevé des salariés permanents […], dont le suivi du temps de travail devrait être mieux assuré ; [des] locaux mal inventoriés ; [une] communication très insuffisante aux salariés […] sur […] sa gestion financière, alors qu’il s’agit d’une obligation légale.» Comme nous l’avons déjà écrit, la SNCF est une…gabegie.

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7 réponses

  1. Il est utile aussi de rappeler que la CGT est aussi financée par nos impôts et que visiblement cela ne pose pas de problème d’alimenter cette gabegie.

  2. SNCF, mais aussi EDF, France Télécom, transports publics locaux et autres structures parpubliques qui se goinfrent avec l’argent public et toujours en déficit chronique. Mais dans toutes ces structures, force est de constater que les têtes sont toujours issus du monde de l’ENA, de SciencesPo et parfois de la politique de métier qui nous a entraîné aux fond des abîmes. J’ai de bons souvenirs d’il y a 60 ans ou l’on faisait 42 h/s et on se battait pour faire des heures sup qui donnaient le sourire à la fin du mois; aojourd’hui avec seulement 35 voir moins pour beaucoup ils se battent pour avoir des vacances et des loisirs et à la fin du mois ils « tirent la gueule » ! Merci CGT et autres…

  3. la taille de l’erreur sur le fiancement du CE EDF est énorme, la gabegie d’autant plus. Voilà les éléments : Qui finance le CE EDF ?
    Le CCOS est financé par le prélèvement de 1 % minimum du chiffre d’affaires des entreprises du secteur de l’énergie, et non de la masse salariale comme c’est généralement le cas pour les comités d’entreprise.

  4. Pourquoi les syndicats quels qu’ils soient devraient se préoccuper de la gestion de biens payés intégralement par les contribuables ? Car ce ne sont pas les adhérents qui profitent de ces prébendes qui payent. Quand est-ce qu’un politicien patenté va se saisir du problème du financement d’organismes nuisibles à l’économie du pays ? Peut-être un « Mélanchon »placé de l’autre coté de l’échiquier ? Il va falloir le trouver.

  5. J’ai commencé à travailler à ALSTHOM (avec un H) St Ouen en 1956 et à cette époque c’était 45 heures et heures sup. le samedi avec plaisir.

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