Journal d'actualité libéral
|
mercredi 8 juillet 2026

Contrairement à ses voisins, la France voit sa balance commerciale s’enfoncer encore

Temps de lecture : 2 minutes

La France n’arrive toujours pas à sortir de l’ornière d’une position défavorable en matière de commerce extérieur. Après deux trimestres d’amélioration, la balance commerciale des biens s’est de nouveau dégradée au premier trimestre 2026. Le déficit commercial atteint désormais -14,1 milliards d’euros, soit une détérioration de 2,8 milliards d’euros par rapport au trimestre précédent. Les importations françaises ont progressé de 1,8 % au premier trimestre, pour atteindre 171,8 milliards d’euros, tandis que les exportations sont restées quasiment stables, à 157,6 milliards d’euros (+0,1 %). Le déficit énergétique s’est creusé de 1,8 milliard d’euros en trois mois pour atteindre -9,9 milliards d’euros, sous l’effet d’une forte progression des importations d’hydrocarbures naturels (+15,1 %) et des produits pétroliers raffinés (+2,5 %).

Du côté industriel, cela ne va pas mieux. Le déficit des produits manufacturés s’est aggravé de 1,7 milliard d’euros, pour atteindre -10,2 milliards d’euros. L’excédent du secteur des transports s’est réduit de 2,2 milliards d’euros, avec notamment une dégradation du solde aéronautique de 0,8 milliard d’euros et du solde automobile de 0,7 milliard d’euros. Les exportations aéronautiques, bien qu’elles restent un atout majeur pour la France, ont reculé de 3,4 %, après des ventes exceptionnelles fin 2025.

Quelques secteurs continuent toutefois de résister. Les exportations de matériel militaire atteignent un niveau historique, en hausse de 7,5 % sur le trimestre et de 66 % par rapport à leur moyenne des dix dernières années, malgré une chute des ventes de 0,8 milliard d’euros au mois de mai 2026.

Avec ces résultats, la compétitivité en prend un coup. Après avoir regagné des parts de marché depuis le deuxième trimestre 2025, la France en perd à nouveau nettement au début de 2026. Les exportations françaises de biens en volume reculent de 5,6 %, alors que la demande mondiale adressée à la France progresse légèrement de 0,6 %. Cela signifie que les entreprises françaises profitent moins de la croissance du commerce mondial que leurs concurrentes étrangères.

En comparaison avec nos voisins européens, les résultats sont peu flatteurs. Au premier trimestre 2026, le solde commercial rapporté au PIB s’améliore en Allemagne (+0,4 point) et en Italie (+0,2 point), alors qu’il se dégrade en France (-0,5 point). Les exportations françaises diminuent également de 2 % en valeur, quand celles de l’Espagne progressent de 2,2 %, celles de l’Italie de 1,3 % et celles de l’Allemagne de 0,6 %.

La dégradation est enfin particulièrement marquée avec le Proche et Moyen-Orient, où le solde commercial français recule de 2,7 milliards d’euros en raison de la baisse des ventes aéronautiques après deux bons trimestres. À l’inverse, les échanges avec l’Union européenne continuent de s’améliorer, avec un gain de 1,3 milliard d’euros sur le trimestre.

Pour le mois de mai 2026, la situation ne donne pas l’impression de s’améliorer. Selon le DSECE : « En mai 2026, le solde commercial se dégrade de 1,5 milliard d’euros et se situe à -6,9 milliards d’euros, après l’amélioration constatée en avril (+1,0 milliard d’euros). Cette évolution s’explique par une baisse des exportations (-1,1 Md€) conjuguée à une hausse plus modérée des importations (+0,4 Md€) ». Le commerce extérieur français continue de s’enfoncer dans le rouge.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


2 réponses

  1. Plutôt qu une approche mensuelle qui se caractérise par des montagnes russes en fonction des épiphénomènes économiques, une analyse tendancielle sur 12 mois glissants serait beaucoup plus pertinente

  2. « le Proche et Moyen-Orient, où le solde commercial français recule de 2,7 milliards d’euros en raison de la baisse des ventes aéronautiques »

    Sauf erreur, les ventes sont enregistrées à la livraison, non à la commande.

    On peut présumer qu’il y a quelques retards de livraison suite à la guerre trumpienne avec l’Iran et les ripostes de ce dernier sur les pays alliés des USA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.