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dimanche 1 novembre 2026

Crise financière, Covid, climat ou le piège du consensus scientifique

Temps de lecture : 2 minutes

Le scientifique Steven Koonin et deux autres chercheurs de la Hoover Institution, Terrence Keeley et Scott Atlas, viennent de publier une étude intitulée « Le piège du consensus : comment l’accord fabriqué corrompt l’action publique ». Ils analysent trois des politiques les plus coûteuses des vingt  dernières années : la crise financière de 2008, les confinements et la décarbonation accélérée. Ces politiques relèvent, selon eux, d’une même pathologie, qu’ils nomment « le piège du consensus » : des modèles non validés présentés comme des faits, des institutions qui escamotent les incertitudes pour avoir l’air de connaître la « vérité », et, une fois « la vérité » proclamée, le désaccord est traité comme une faute professionnelle.

En 2005, Raghuram Rajan, économiste au FMI, avertit que le système financier mondial peut s’écrouler. Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor américain, balaie cette mise en garde d’un revers de main. Mais Rajan avait raison. Avec la crise de 2008, des millions de salariés ont perdu leur emploi, le contribuable a payé les sauvetages des banques, et aucun dirigeant de Wall Street n’est allé en prison.

Le Covid a reproduit ce mécanisme. Dès le printemps 2020, les données montraient que le taux de mortalité était élevé surtout chez les personnes âgées : le bon sens commandait une protection ciblée. Ceux qui l’ont dit ont été attaqués dans la presse et blâmés. Les modèles qui ont justifié le confinement se sont pourtant révélés faux. Et les coûts – économiques, sociaux, humains – ont été énormes. Nous continuons d’ailleurs à les payer.

Si les gaz à effet de serre réchauffent bel et bien la planète, l’idée d’une catastrophe climatique inévitable en l’absence de transition énergétique repose sur des scénarios invraisemblables et sur des incitations institutionnelles récompensant l’alarmisme. On a lancé des politiques climatiques chiffrées à plusieurs centaines de milliards de dollars. En 2004, le ministre allemand de l’Environnement, Jürgen Trittin, avait promis que le soutien aux renouvelables coûterait aux ménages « une boule de glace » par mois. Depuis, le prix de l’électricité pour les ménages allemands a été multiplié par dix… Il est deux fois plus élevé qu’en France et l’un des plus élevé au monde.

Les auteurs suggèrent un garde-fou plus que raisonnable : une protection de la liberté académique. Car dire que « la science a tranché » n’est pas un argument : c’est le plus souvent une manière de clore un débat qui n’est pas du tout terminé.

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13 réponses

  1. Le consensus est la solution de l’ignorance. Un electeur qui ne comprend rien à la situation du pays votera au centre pensant « moyenner » le risque de mal choisir. Le « en même temps » est du même tonneaux…
    Et tout est bien fait pour que l’on ne comprennent pas!

  2. Je me demande une chose : comment se fait-il que pendant le Covid, où il n’y avait presque pas d’avions, un trafic automobile très réduit et beaucoup de choses à l’arrêt, le taux de CO² n’ait pas baissé d’un iota ? Mais posez donc la question à un écolo pur sucre, la seule réponse sera de vous faire traiter de facho.

    1. Posez la question à Gemini ; » »Les émissions mondiales de CO2 ont diminué d’environ 5 % à 7 % sur l’ensemble de l’année 2020 par rapport à 2019, ce qui représente la plus forte baisse annuelle depuis la Seconde Guerre mondiale » »

      Par secteur d’activité (en avril 2020) :• Aviation : -75 %
      • Transport de surface (routier, etc.) : -50 %
      • Production d’énergie : -15 %

  3. Toutes ces dérive scientistes existent parce qu’elles ont l’immense qualité de permettre de donner à l’état un pouvoir quasi illimité et si il y a bien une chose que l’état à soif c’est bien de pouvoir et obtenir un pouvoir absolu en toute « légitimité » c’est le saint grall ultime. En effet, qui pourrait s’opposer au sauvetage du monde sinon des personnes absolument ignobles?

  4. Oui, un peu d’histoire : Aristarque de Samos vs Claude Ptolémée . Le premier est né environ 300 ans avant JC, le second 100 après JC soit un écart de 400 ans … Il aura fallu attendre environ les années 1600 où Galilée redéfini l’héliocentrisme.
    Pourtant Aristarque de Samos avait déjà calculé « grossièrement » (avec les moyens de l’époque) la taille de la lune, du soleil dans un système héliocentrique… mais le consensus scientifique dont Ptolémée semble être à l’origine a tenu environ 1500 ans ….. Comme à chaque fois, il est toujours difficile d’avoir une démarche rigoureuse pour comprendre la nature et abandonner les corrélations non expliquées complètement et tenues pour la vérité. Dans la même idée, vers les années 1960 Mao avait initié ce qui est appelé  » la campagne des quatre nuisibles  » avec encore des corrélations mal comprises… l’histoire est souvent un éternel recommencement . La remise en cause est toujours absente chez nos (très) chers dirigeants, et les décisions malheureuses.

  5. Vous ne serez pas invité sur France Inter. En effet le sabotage de l’énergie nucléaire ruine l’ Europe.

  6. En science le débat n’est jamais terminé, une nouvelle découverte peut venir à tout moment bouleverser l’hypothèse momentanément retenue!

  7. Monsieur Lecaussin, je vous remercie pour cet article qui remet bien les choses à leur place, mais la réalité est pire que ce que vous décrivez.

    J’affirme haut et fort que quiconque prétend que « la science a tranché », quel que soit le sujet, n’a rien compris à ce qu’est la science. La science est une affaire de doute, de remise en question perpétuelle, pas du tout une affaire de certitudes.

    De même, la science n’est pas un processus démocratique. Les scientifiques se réunissent régulièrement en congrès, non pas pour voter la prochaine vérité scientifique, mais au contraire, pour présenter leurs travaux les uns aux autres, et se critiquer mutuellement. C’est ainsi que la science avance, on est bien loin du consensus. N’est ce pas d’ailleurs Albert Einstein lui même qui disait que là où il y a consensus, la science s’arrête ?

    1. Le consensus scientifique résulte d’une convergence de preuves. Le consensus est révisable (et le doute est légitime) à condition de s’appuyer sur de nouvelles preuves plutôt que sur le rejet systématique du consensus.
      « La science a tranché » . La science ne produit pas toujours des certitudes mais la science permet d’établir des degrés de confiance. Le doute scientifique ce n’est pas suspendre indéfiniment son jugement (à la manière d’un Sceptique). Le consensus évite justement de suspendre ad vitam aeternam son jugement et il permet d’avancer.

  8. En parlant du model cosmologique issue du big bang, l’astrophysicien Jean- Pierre Luminet disait en répondant à son interlocuteur sur le consensus scientifique concernant le big bang, que là où il y a un consensus, c’est qu’il y a des gens que ne sont pas d’accord avec le consensus.

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