Manque l'argument le plus important selon moi. Ce que ne comprennent pas les gens qui veulent le revenu universel, c'est que la monnaie est un instrument d'échange et n'est pas en soi de la richesse.
Donner aux gens de l'argent en contrepartie de rien du tout, en contrepartie d'aucun travail, veut dire de manière parfaitement mécanique que le montant d'argent reçu en revenu universel sera entièrement compensé par des prix plus élevés répartis sur tous les biens et services présents sur le marché.
Cet effet est parfaitement mécanique. Il sera peut-être à peine atténué par le fait que les prix des biens et services venant de l'étranger seront moins ajustés que ceux directement produits en France.
Autrement dit, pas un seul centime de pouvoir d'achat ne sera donné aux individus grâce au revenu universel. Pour vivre correctement il faudra travailler toujours exactement autant que sans le revenu universel.
Par contre il existera tous les effets délétères résultant de la nécessité du financement du revenu universel par les hommes de l'Etat.
Ceci résulte de ma réflexion personnelle, j'attends votre retour pour savoir si j'ai bien raisonné. Je n'ai jamais rien lu de tel.
Tout dépend du financement choisi.
– Si le dispositif est financé par la création monétaire, votre raisonnement est irréprochable.
– Le dispositif proposé ne sera viable que s'il s'assume comme étant une redistribution des revenus, dont on explicite le circuit.
Le danger vient de la démagogie. – Les attendus de ce projet sont justes : rationaliser l'existant pour assurer à tous "un socle de revenu quoi qu'il arrive" serait un progrès.
– Mais les auteurs du projet cèdent à la démagogie (et détruisent par là même ce qu'ils prétendent proposer !), dès lors qu'ils ne parlent que de ce qui serait distribué (564 euros par mois, voire plus !), sans dire : quel impôt serait nécessaire pour le financer, ni quel serait le périmètre des personnes concernées.
– Donc, oui à "un socle de revenu universel" mais à condition qu'il soit conçu comme un intéressement à la richesse du pays. Cela implique que la somme distribuée ne soit pas fixée a priori, mais soit le partage de ce qui aura été collecté par "un impôt universel" dédié à son financement.
– S'il doit y avoir un "débat citoyen", il doit porter sur le taux de prélèvement de l' "Impôt universel de redistribution nationale" que tous devront payer (puisque n'auront droit au "socle de revenu universel" que ceux qui auront participé).
Le risque de casser les chances d'une vraie réussite – Les étudiants de familles aisées sont sécurisés par le soutien qu'ils reçoivent de leurs parents.
– Est-ce pour eux "une incitation pernicieuse à un effort minimum" ?
– Le taux d'abandon des études est-il plus important chez les étudiants soutenus ou chez ceux qui doivent faire de petits boulots pour survivre ?
– La nécessité ne peut être "un puissant aiguillon" que si l'on a par ailleurs un minimum de sécurité.
Le test de la Finlande – On peut observer que cette expérience n'a duré que quelques mois. Cette "Allocation universelle" restait donc une aide précaire. Cela peut expliquer le peu d'effet sur l'emploi.
– Les bénéficiaires de l'allocation universelle ont tous exprimé une baisse de leur angoisse. Ceux qui considère cela comme négligeable ont-ils jamais vécu dans l'angoisse du lendemain ?
Quel taux de prélèvement pour payer 564 euros par mois ? Supposons que le socle citoyen soit financé intégralement par l'IRPP devenu l' "impôt universel de redistribution nationale" (payé par tous, selon un taux égal pour tous).
En 2017, le revenu fiscal de référence total était de 1.027.803.836.995 euros pour les 66.770.000 habitants de la France. Par mois et par personne, cela fait un revenu fiscal moyen de 1282 euros.
=> Si le "socle citoyen" (versé à tous) est de 564 euros, le taux de prélèvement (payé par tous) doit être de 43,99%.
=> Mais on peut choisir un autre taux de prélèvement:
10% –> 128 euros
15% –> 192 euros
20% –> 256 euros
25% –> 320 euros
30% –> 385 euros
35% –> 449 euros
40% –> 513 euros
(au delà de 50%, l'opération n'a pas de sens, sauf à créer des inégalités de traitements entre les citoyens).
Remarque :
– Pour une grande majorité de la population, les revenus sont inférieurs à la moyenne ; pour eux, l'opération est donc bénéficiaire. En particulier, les travailleurs pauvres reçoivent une aide (qu'ils n'ont pas actuellement) sans créer d'effets de seuil.
– Pour le revenu moyen, l'opération est blanche : la somme reçue sera toujours égale à la somme prélevée.
– Pour les revenus supérieurs à la moyenne, l'opération est négative mais avec une gradation : sans les effet de seuil et sans l'opacité et l'arbitraire des tranches d'imposition.
10 réponses
Manque l'argument le plus important selon moi.
Ce que ne comprennent pas les gens qui veulent le revenu universel, c'est que la monnaie est un instrument d'échange et n'est pas en soi de la richesse.
Donner aux gens de l'argent en contrepartie de rien du tout, en contrepartie d'aucun travail, veut dire de manière parfaitement mécanique que le montant d'argent reçu en revenu universel sera entièrement compensé par des prix plus élevés répartis sur tous les biens et services présents sur le marché.
Cet effet est parfaitement mécanique. Il sera peut-être à peine atténué par le fait que les prix des biens et services venant de l'étranger seront moins ajustés que ceux directement produits en France.
Autrement dit, pas un seul centime de pouvoir d'achat ne sera donné aux individus grâce au revenu universel. Pour vivre correctement il faudra travailler toujours exactement autant que sans le revenu universel.
Par contre il existera tous les effets délétères résultant de la nécessité du financement du revenu universel par les hommes de l'Etat.
Ceci résulte de ma réflexion personnelle, j'attends votre retour pour savoir si j'ai bien raisonné. Je n'ai jamais rien lu de tel.
Tout dépend du financement choisi.
– Si le dispositif est financé par la création monétaire, votre raisonnement est irréprochable.
– Le dispositif proposé ne sera viable que s'il s'assume comme étant une redistribution des revenus, dont on explicite le circuit.
Quels revenus ?
Si le revenu universel veut dire mêmes revenus et avantages que les Procureurs je crois que je serais preneur …
Sur Bfm Business, ils citent l'expérience où ça a provoqué, au contraire, une augmentation de la création d'entreprises
Re :
Où ?
Merci pour votre message
NL
Le danger vient de la démagogie.
– Les attendus de ce projet sont justes : rationaliser l'existant pour assurer à tous "un socle de revenu quoi qu'il arrive" serait un progrès.
– Mais les auteurs du projet cèdent à la démagogie (et détruisent par là même ce qu'ils prétendent proposer !), dès lors qu'ils ne parlent que de ce qui serait distribué (564 euros par mois, voire plus !), sans dire : quel impôt serait nécessaire pour le financer, ni quel serait le périmètre des personnes concernées.
– Donc, oui à "un socle de revenu universel" mais à condition qu'il soit conçu comme un intéressement à la richesse du pays. Cela implique que la somme distribuée ne soit pas fixée a priori, mais soit le partage de ce qui aura été collecté par "un impôt universel" dédié à son financement.
– S'il doit y avoir un "débat citoyen", il doit porter sur le taux de prélèvement de l' "Impôt universel de redistribution nationale" que tous devront payer (puisque n'auront droit au "socle de revenu universel" que ceux qui auront participé).
Le risque de casser les chances d'une vraie réussite
– Les étudiants de familles aisées sont sécurisés par le soutien qu'ils reçoivent de leurs parents.
– Est-ce pour eux "une incitation pernicieuse à un effort minimum" ?
– Le taux d'abandon des études est-il plus important chez les étudiants soutenus ou chez ceux qui doivent faire de petits boulots pour survivre ?
– La nécessité ne peut être "un puissant aiguillon" que si l'on a par ailleurs un minimum de sécurité.
Le test de la Finlande
– On peut observer que cette expérience n'a duré que quelques mois. Cette "Allocation universelle" restait donc une aide précaire. Cela peut expliquer le peu d'effet sur l'emploi.
– Les bénéficiaires de l'allocation universelle ont tous exprimé une baisse de leur angoisse. Ceux qui considère cela comme négligeable ont-ils jamais vécu dans l'angoisse du lendemain ?
Quel taux de prélèvement pour payer 564 euros par mois ?
Supposons que le socle citoyen soit financé intégralement par l'IRPP devenu l' "impôt universel de redistribution nationale" (payé par tous, selon un taux égal pour tous).
En 2017, le revenu fiscal de référence total était de 1.027.803.836.995 euros pour les 66.770.000 habitants de la France. Par mois et par personne, cela fait un revenu fiscal moyen de 1282 euros.
=> Si le "socle citoyen" (versé à tous) est de 564 euros, le taux de prélèvement (payé par tous) doit être de 43,99%.
=> Mais on peut choisir un autre taux de prélèvement:
10% –> 128 euros
15% –> 192 euros
20% –> 256 euros
25% –> 320 euros
30% –> 385 euros
35% –> 449 euros
40% –> 513 euros
(au delà de 50%, l'opération n'a pas de sens, sauf à créer des inégalités de traitements entre les citoyens).
Remarque :
– Pour une grande majorité de la population, les revenus sont inférieurs à la moyenne ; pour eux, l'opération est donc bénéficiaire. En particulier, les travailleurs pauvres reçoivent une aide (qu'ils n'ont pas actuellement) sans créer d'effets de seuil.
– Pour le revenu moyen, l'opération est blanche : la somme reçue sera toujours égale à la somme prélevée.
– Pour les revenus supérieurs à la moyenne, l'opération est négative mais avec une gradation : sans les effet de seuil et sans l'opacité et l'arbitraire des tranches d'imposition.
Remplacer les quarante mille sortes de « cheques » par un revenu minimum ?
Est-ce que supprimer toutes les aides et allocations par une seule ne serait pas moins coûteux ? Quand on voit naître des aides inconséquentes pour tout et n’importe quoi (réduction pour reprisage !), on peut se poser la question.
A condition d’interdire toute forme d’autre allocation, car la démagogie ambiante les ferait vite réapparaître !