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mercredi 11 mars 2026

De plus en plus de frontaliers quittent la sécu pour le système privé suisse

Temps de lecture : 2 minutes

Les étatistes de tous les bords politiques nous le répètent sans cesse : le modèle social français est le meilleur système au monde, et le monde entier nous envie notre sécurité sociale. Pourtant, quand ils ont le choix, certains Français préfèrent la quitter. Selon un rapport de l’Urssaf Franche-Comté intitulé « Informations statistiques sur les frontaliers en Suisse affiliés à l’assurance maladie française issues des données collectées par les Urssaf », le nombre de frontaliers français travaillant en Suisse augmente, mais le nombre de ceux qui sont affiliés à la sécurité sociale française baisse.

Entre fin 2023 et fin 2024, le nombre de frontaliers français a augmenté de 4 %. Au quatrième trimestre 2024, ils étaient plus de 234 000 – mais seulement un peu plus de 158 000 étaient affiliés à la sécurité sociale ; soit 64% des moins de 65 ans, une baisse de 2 % par rapport à l’année d’avant (à titre de comparaison, 74 % des frontaliers français travaillant en Suisse dépendaient de la « sécu » fin 2022…). Dans certains départements, la baisse est même plus importante : dans l’Ain par exemple, en 2024, on a enregistré 6 % de frontaliers en plus et 3 % d’affiliés à l’assurance maladie en moins. Selon les mots du rapport, « ce constat illustre sans doute une attractivité moins forte de l’assurance maladie française comparée à l’assurance maladie suisse. »

En effectuant des recherches sur le site comparis.ch, on peut trouver des assurances suisses au coût de 500 CHF par mois (550 €) avec une franchise basse et une prise en charge des soins dentaires, y compris d’orthodontie, et des corrections visuelles. L’Urssaf explique que « l’assurance maladie française est donc de manière générale moins avantageuse dans le cas de hauts revenus » par rapport au système suisse, mais il n’y a pas que le coût qui attire les frontaliers.

Il est en outre beaucoup plus facile de trouver un médecin généraliste ou un spécialiste en Suisse que dans les départements français limitrophes. L’assurance peut y être plus chère, les consultations également, mais les délais y sont beaucoup moins importants. En 2022, selon les données de la banque mondiale, le nombre de médecins pour 1000 habitants était de 4,5 en Suisse contre 3,3 en France. A noter qu’en 1997, il était le même pour les deux pays. La France a stagné alors que la Suisse a gagné 1,2 praticiens pour 1 000 habitants.

Dans une étude de 2020, l’IREF avait comparé douze systèmes de santé, dont celui de la France et de la Suisse : la Suisse se classait 3e et la France… dernière. Le système d’assurance santé suisse repose sur le privé concurrentiel : l’assuré est libre de s’affilier (et de résilier) à la caisse maladie de son choix. Il serait peut-être temps de réformer notre assurance maladie et de l’ouvrir au marché libre.

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8 réponses

  1. Le nombre de frontaliers français qui travaillent dans un pays plus libéral sur de nombreux plans augmente, ce qui peut montrer qu’ils y trouvent souvent un intérêt d’ordre pécuniaire.
    Ayant pris goût à cela, les plus attentifs d’entre eux optent pour le régime d’assurance maladie suisse qui s’appuie plus sur le secteur privé qui semble plus intéressant à leurs yeux.
    Attention aux vérifications à fin de redressements possibles pour toutes les personnes concernées qui se détournent ainsi du droit chemin socialiste de l’hexagone.

  2. Qui de plus heureux qu’un Français frontalier de la Suisse et y travaillant ? La Suisse qui n’émarge pas à l’UE ….. Qui de plus heureux qu’un Suisse frontalier de la France et allant y faire ses courses ?

  3. Et s’il n’y avait que la sécu !!!! Entre le foutoir administratif français, et la propreté, le respect des Suisses, etc. etc. L’enfer et le paradis.

  4. Au cours de mes études universitaires, j’ai découvert que les 80 hectares de Rennes-Beaulieu, comme tous les campus universitaires, bénéficiaient des « franchises universitaires » [ https://laportelatine.org/formation/magistere/bulle-parens-scientiarum-universitas-1231 ].
    Au nombre desdites franchises, une dérogation au monopole d’État de la radiodiffusion (décret-loi du 27 décembre 1851, loi du 30 juin 1923, art. 85, ordonnance 45-472 du 23 mars 1945, ordonnance 59-273 du 4 février 1959, art. 4), lequel ne sera abrogé que par la loi 82-652 du 29 juillet 1982.
    Cela permettait aux étudiants de l’INSA de copier la fameuse « Radio Caroline » [ https://www.youtube.com/watch?v=nPrOdTiyC7g ], donc de diffuser en avant-première du rock américain sur toute l’agglomération; le tout sans être inquiété par la police, faute de réquisition du Recteur d’Académie.
    De proche en proche, le campus était, depuis le 13 avril 1231, sous statut d’extra-territorialité.
    Tout d’abord, lisez ce livre: https://www.larevueparlementaire.fr/articles-revue-parlementaire/3705-francois-taquet-l-urssaf-un-cancer-francais
    « URSSAF », à l’instar de Voldemort, celui dont on ne doit jamais prononcer le nom:
    – une société-mère, l’ACOSS (ordonnance n° 67-706 du 21 août 1967, art. 48) et 22 filiales de droit privé, ayant la nature juridique de sociétés en participation, faute de statuts (en clair, des ectoplasmes juridiques, dépourvus de toute personnalité morale);
    – une mise en concurrence avec tous leurs homologues de l’Union Européenne, depuis 2003;
    – 705 milliards d’€ de cotisations annuelles;
    – 3,5 milliards d’€ de pénalités annuelles, grâce à la déclaration sociale nominative (DSN), télétransmise mensuellement & moulinée par des algorithmes;
    – 90 % des entreprises débusquées par ces algorithmes, donc contrôlées et redressées; en clair, 90 % de fraudeurs;
    – depuis 1945, la Cour des comptes, après avoir tenté de contrôler la comptabilité des URSSAF, rend un constat de carence, eu égard à son opacité;
    – la moitié des liquidations judiciaires sont provoquées par l’URSSAF ou son homologue agricole, la MSA;
    – 95,35 % des entreprises françaises ont moins de 10 salariés, elles «passent en dessous des radars» et supportent 62,2 % de charges:
    [ https://www.juritravail.com/Actualite/qu-est-ce-que-le-rsi-deux-catastrophes-trois-problemes-une-solution/Id/286404 ]
    [ https://www.juritravail.com/Actualite/coulez-le-bismarck/Id/163551 ]
    À présent, créons par acte notarié deux sociétés, chacune au capital de 120 K€: – une société anonyme simplifiée (SAS) de droit français, domiciliée sur un campus universitaire français;
    – une société anonyme (SA) ou une société en commandite par actions (SECA) de droit luxembourgeois, domiciliée sur un campus universitaire luxembourgeois;
    – ensuite, toujours par acte notarié, les deux structures fusionnent en société européenne (SE), avec siège statutaire au Luxembourg, et établissement secondaire en France;
    – ladite société européenne (SE) embauche deux salariés, tous deux avec contrat de droit luxembourgeois et lieu de travail au Luxembourg;
    – ladite société européenne (SE) délègue l’un des deux salariés, toujours avec contrat de droit luxembourgeois, mais avec lieu de travail au campus français;
    – l’URSSAF locale ne va pas tarder à « allumer » l’établissement français de la société européenne luxembourgeoise;
    – question: quand l’URSSAF sera placée dans l’essoreuse, tiendra-t’elle jusqu’à la 21ème procédure ? Je crois qu’entre le Conseil constitutionnel, la CJUE, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, etc, on va se régaler.

  5. « Il serait peut-être temps de réformer notre assurance maladie et de l’ouvrir au marché libre ».
    Mon commentaire : je n’irais pas (a priori) jusque là car la sécu a très bien fonctionné durant des décennies, avant que le cancer socialiste ne métastase. Ceci dit, il s’agirait de comparer (en valeur actuelle nette) la rentabilité de la sécu française de la période ou elle était bien gérée par rapport au système concurrentiel suisse.
    Il est probable que le système suisse soit bien plus agile face aux évolutions des besoins médicaux. Le système français est bureaucratique, dont lourd, donc inadaptable à l’évolution des besoins.

  6. C’est clair qu’avec les prix prohibitif de la sécurité sociale (cotisation CNTFS) et le service déplorable qu’est capable de nous donner l’état Français, il n’y a pas photo.
    Si je pouvais me dégager des cotisations françaises pour m’assurer en Suisse, je le fais demain aveuglément. Sauf que la France aime bien prendre en otage ses sources de revenus et qu’il est impossible de changer de régime sans quitter son entreprise.
    Du vol a l’état pur !

  7. Je suis moi même frontalier en pre retraiteet affilier a la l’amal depuis plusieurs années et je paye n etant plus sur le marché du travail 215chf avec l assurance accident et 300 chf de franchise

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