Année préélectorale et agitation sociale et estudiantine obligent : les promesses de nouvelles dépenses publiques s’accumulent. Mais Bercy croit aux miracles : cela ne pèsera pas sur les déficits publics. Tout vient pourtant démentir ces doux rêves.
Année préélectorale et agitation sociale et estudiantine obligent : les promesses de nouvelles dépenses publiques s’accumulent. Mais Bercy croit aux miracles : cela ne pèsera pas sur les déficits publics. Tout vient pourtant démentir ces doux rêves.
Le retour de la cagnotte ?
Les comptes publics 2015 définitifs sont connus depuis fin mars. Le déficit public, prévu à 3,8% du PIB, a été réduit à 3,5%. Il n’en fallait pas plus pour que certains ressortent la vieille lune de la « cagnotte », comme si nous avions découvert un trésor caché. La réalité est différente : le déficit a juste été un peu moins élevé que prévu, notamment parce que la baisse des taux d’intérêt a allégé la charge de la dette, ce qui n’empêche pas Michel Sapin de déclarer « Nous avons fait nos preuves. Nous faisons mieux que prévu. Nous baissons nos déficits tout en finançant nos priorités et en réduisant les impôts ». Ce dernier point aura échappé aux Français.
Il n’y a pas de cagnotte, puisque le déficit public 2015 est de 77,4 milliards (dont 70,5 pour le budget de l’Etat) et la dette publique continue à augmenter (95,7% du PIB fin 2015 contre 64,4% en 2007) ; nous sommes loin des obligations de Maastricht (un déficit inférieur à 3% du PIB et une dette inférieure à 60%), en dépit de trois reports successifs « accordés » par Bruxelles. Nous sommes encore plus loin des obligations du traité de stabilité (2013), avec la « règle d’or » d’un déficit structurel (hors conjoncture) inférieur à 0,5%. Nous faisons moins bien que la moyenne de la zone euro (2,2%), sans parler de nos voisins allemands, passés de 4,1% de déficit (2010) à l’équilibre budgétaire en trois ans !
Après nous le déluge !
Pour 2016, le budget voté prévoit de réduire légèrement le déficit public de 3,5% à 3,3% du PIB, ce qui n’empêcherait pas la dette de grimper à 96,2%. Mais la comparaison au PIB n’est pas pertinente ; la comparaison aux recettes (les prélèvements obligatoires) l’est plus : comme elles sont à 44,5% du PIB, la dette publique représente plus de deux fois les recettes publiques annuelles ! Elle atteignait 2 096,9 milliards fin 2015 (57 milliards de plus en un an). Avec 66,6 millions d’habitants, cela représente 31 485 euros par habitant, ou encore, avec 28,3 millions de ménages, plus de 74 000 euros par ménage, et cela sans tenir compte des engagements hors bilan, (comme les retraites des fonctionnaires) qui représenteraient 3 200 milliards !
Cela n’a pas empêché la multiplication des annonces de dépenses publiques. La revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, qui s’appliquera en partie en 2016 (+0,6% en juillet), en partie en 2017 (+ 0,6% en février), va grever le budget : 2,4 milliards en année pleine, qui s’ajoutent aux mesures de revalorisation des carrières. Il fallait aussi calmer les jeunes : la généralisation de la garantie jeunes coutera au moins 500 millions de plus, (sans parler du débat sur le RSA pour les jeunes de 18 à 25 ans, qui coûterait entre 3,5 et 6 milliards). Un plan emploi et formation de 2 milliards est annoncé par le Président, tandis que les embauches prévues pour faire face au terrorisme coûteront 815 millions de plus. Il fallait aussi calmer les agriculteurs : 825 millions. Ce n’est pas tout. Il a par exemple été envisagé un rachat des licences des chauffeurs de taxis ou encore une renonciation à la baisse des dotations aux collectivités locales. D’autres grèves et manifestations vont surement entrainer d’autres promesses, d’autant plus qu’elles ne s’appliqueront en année pleine qu’en 2017. « Après nous, le déluge ».
Miracle à Bercy
Voilà le miracle : Bercy refait les calculs et donne son verdict : les prévisions de déficit et dette sont maintenues. Or l’hypothèse sur laquelle repose le budget (1,5% de croissance du PIB) est surestimée, et la faible inflation réduit les rentrées de TVA, ce qui fait que, même sans les dépenses nouvelles, le recul des recettes qui en résultera aggravera le déficit ! La seule économie viendra de l’allégement de la charge de la dette (second poste budgétaire à 44 milliards) à cause de la baisse des taux d’intérêt, mais que se passera-t-il le jour où les taux repartiront à la hausse ? Certes le ministre des finances explique que chaque dépense nouvelle « sera intégralement financée par des mesures compensatoires ». Mais qui peut y croire, surtout lorsque la moindre réforme structurelle est reportée à 2017 !
Un seul moyen : réduire la dépense
Tout cela n’est que chimères. La réalité est celle que Turgot écrivait à Louis XVI en 1774 : « Point de banqueroute, ni avouée, ni masquée ; point d’augmentation d’impôts, la raison en est dans la situation de vos peuples (…) ; point d’emprunts, parce que tout emprunt diminue toujours le revenu libre ; il nécessite au bout de quelque temps ou la banqueroute, ou l’augmentation des impositions (…). Pour remplir ces trois points, il n’y a qu’un moyen. C’est de réduire la dépense au-dessous de la recette ». Deux siècles et demi plus tard, les courtisans réclamant encore plus de dépenses ont changé de noms, mais la réalité, elle, est toujours la même.
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2 réponses
TSCG En effet le pacte budgétaire répondant au doux nom de Traité de Stabilité de Coordination et de Gouvernance impose un déficit structurel de 0.5% mais il impose aussi,sauf erreur, une baisse de la dette de 10% par an pour atteindre les 60%.La France en est loin!!!
Le génie de nos dirigeants..! Affichez sur internet :"Time is money, compteur de la dette publique"
et regardez bien chaque rubrique proposée…! Le résultat de 40 années de gestion irresponsable….
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2 réponses
TSCG
En effet le pacte budgétaire répondant au doux nom de Traité de Stabilité de Coordination et de Gouvernance impose un déficit structurel de 0.5% mais il impose aussi,sauf erreur, une baisse de la dette de 10% par an pour atteindre les 60%.La France en est loin!!!
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