CEUX QUI SAVENT ET CEUX QUI SOIGNENT… Tout est parti d'une idée lumineuse, à la logique implacable: puisque la quasi-totalité des dépenses de l'assurance-maladie proviennent sous une forme ou sous une autre d'une prescription médicale, il suffit de plafonner, ou mieux de réduire, le nombre des médecins pour venir à bout de la dérive des dépenses de santé. Cette même démarche a déjà été appliquée avec le succès que l'on sait au corps infirmier, en obligeant la France à "importer" d'urgence nombre de praticiens étrangers, dont une partie ne maîtrisaient même pas notre langue.
Bien sûr, aucune des intelligences supérieures qui président à l'avenir de notre santé n'avait jamais pensé qu'à l'origine des dépenses de santé, ce n'est pas le médecin – ou plus largement le corps soignant – que l'on trouve, mais la maladie. Or la maladie survient le plus souvent en dehors du médecin qui, au contraire. contribue à la soigner et à éviter son apparition ou sa propagation. Mais cette réflexion est incontestablement issue d'une évidence trop lumineuse pour faire vaciller les certitudes de nos gouvernants, pétris des certitudes qu'on enseigne dans les meilleures écoles de la République où l'on n'a jamais su ce que soigner veut dire.
C'est ainsi qu'au fur et à mesure que l'administratif a pris le pouvoir sur les médecins (qui, pour certains, c'est vrai ne sont pas toujours exempts d'abus), en tissant un réseau compliqué d'obligations, dont la plupart ne brillent ni par leur pertinence, ni par leur efficacité. On en est venu progressivement à raisonner non plus en terme d'efficacité thérapeutique, mais en terme de coûts et d'optimisation administrative en obligeant quotidiennement le corps médical à faire le grand écart entre sa volonté de soigner – qui est quand même la règle suprême – et des contraintes administratives sans cesse renforcées, qui font du métier une profession de moins en moins libérale, à horaires indéterminés et promise à un avenir bureautique lourd, à l'activité sans cesse plombée par une "boulimie administrative" complètement insensée (pas moins de 14 pages d'imprimé et d'une dizaine de signatures pour un transport en VSL de 60 euros!)
Alors les déserts médicaux, c'est le résultat d'un aveuglement prolongé où ceux qui ne savent pas, ceux qui n'ont jamais pratiqué décident souverainement de ce qui est bien pour le malade et surtout pour leurs propres carrières, qui à l'inverse du métier de généraliste, ne souffrent jamais d'aucune crise de vocation, d'aucune surcharge prolongée ou d'aucun aléa de rémunération.
A ce train on finira pour la médecine comme pour l'agriculture, à avoir à terme plus de gens censés s'en occuper bien au chaud en Ministère et dans les directions décentralisées que de professionnels exerçant réellement leur métier sur le terrain. Il n'est pas sûr du tout que la santé publique ait quelque chose à gagner à voir ses coûts de traitement progressivement remplacés par des coûts de gestion. Avec au bout du chemin l'aberration de ces déserts dont on ne doit pas s'étonner, puisque en définitive nous avons laissé faire, comme des inconscients et des irresponsables, tous ceux qui, sans vraiment les prévoir, les ont quand même objectivement organisés.
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CEUX QUI SAVENT ET CEUX QUI SOIGNENT…
Tout est parti d'une idée lumineuse, à la logique implacable: puisque la quasi-totalité des dépenses de l'assurance-maladie proviennent sous une forme ou sous une autre d'une prescription médicale, il suffit de plafonner, ou mieux de réduire, le nombre des médecins pour venir à bout de la dérive des dépenses de santé. Cette même démarche a déjà été appliquée avec le succès que l'on sait au corps infirmier, en obligeant la France à "importer" d'urgence nombre de praticiens étrangers, dont une partie ne maîtrisaient même pas notre langue.
Bien sûr, aucune des intelligences supérieures qui président à l'avenir de notre santé n'avait jamais pensé qu'à l'origine des dépenses de santé, ce n'est pas le médecin – ou plus largement le corps soignant – que l'on trouve, mais la maladie. Or la maladie survient le plus souvent en dehors du médecin qui, au contraire. contribue à la soigner et à éviter son apparition ou sa propagation. Mais cette réflexion est incontestablement issue d'une évidence trop lumineuse pour faire vaciller les certitudes de nos gouvernants, pétris des certitudes qu'on enseigne dans les meilleures écoles de la République où l'on n'a jamais su ce que soigner veut dire.
C'est ainsi qu'au fur et à mesure que l'administratif a pris le pouvoir sur les médecins (qui, pour certains, c'est vrai ne sont pas toujours exempts d'abus), en tissant un réseau compliqué d'obligations, dont la plupart ne brillent ni par leur pertinence, ni par leur efficacité. On en est venu progressivement à raisonner non plus en terme d'efficacité thérapeutique, mais en terme de coûts et d'optimisation administrative en obligeant quotidiennement le corps médical à faire le grand écart entre sa volonté de soigner – qui est quand même la règle suprême – et des contraintes administratives sans cesse renforcées, qui font du métier une profession de moins en moins libérale, à horaires indéterminés et promise à un avenir bureautique lourd, à l'activité sans cesse plombée par une "boulimie administrative" complètement insensée (pas moins de 14 pages d'imprimé et d'une dizaine de signatures pour un transport en VSL de 60 euros!)
Alors les déserts médicaux, c'est le résultat d'un aveuglement prolongé où ceux qui ne savent pas, ceux qui n'ont jamais pratiqué décident souverainement de ce qui est bien pour le malade et surtout pour leurs propres carrières, qui à l'inverse du métier de généraliste, ne souffrent jamais d'aucune crise de vocation, d'aucune surcharge prolongée ou d'aucun aléa de rémunération.
A ce train on finira pour la médecine comme pour l'agriculture, à avoir à terme plus de gens censés s'en occuper bien au chaud en Ministère et dans les directions décentralisées que de professionnels exerçant réellement leur métier sur le terrain. Il n'est pas sûr du tout que la santé publique ait quelque chose à gagner à voir ses coûts de traitement progressivement remplacés par des coûts de gestion. Avec au bout du chemin l'aberration de ces déserts dont on ne doit pas s'étonner, puisque en définitive nous avons laissé faire, comme des inconscients et des irresponsables, tous ceux qui, sans vraiment les prévoir, les ont quand même objectivement organisés.