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mardi 27 octobre 2026

Devaquet, CIP, CPE… ou 40 ans de capitulations devant les jeunes dans la rue

Temps de lecture : 2 minutes

Le présupposé selon lequel la jeunesse qui proteste a forcément raison, et qu’il faut donc céder à ses « revendications », est une regrettable tradition française au bilan désastreux. Entraînée par une petite fraction très politisée (le reste trouve ça surtout rigolo de sécher les cours), la jeunesse s’est régulièrement mobilisée en France contre telle ou telle situation ou initiative législative, et a presque toujours fait craquer le pouvoir… pour le pire.

La loi Devaquet de 1986 était un très bon texte, dont l’adoption nous aurait économisé 40 ans de dérive vers la massification incontrôlée et largement improductive de l’enseignement supérieur généraliste. Avec des universités vraiment autonomes, libres de leurs cursus et de leur sélection, mais aussi avec des frais de scolarité plus réalistes qui auraient largement augmenté leurs moyens, on aurait aujourd’hui une situation de l’enseignement supérieur radicalement différente, et beaucoup plus en phase avec les réalités économiques et les situations étrangères. Patatras, grosses manifs, décès de Malik Oussekine, retrait du projet de loi.

Le CIP de 1994 et le CPE de 2006 (plus grosse mobilisation de la jeunesse des dernières décennies, au moins 2 fois plus de manifestants à son pic que le mouvement actuel) étaient des textes tout à fait pertinents, qui auraient permis de largement réduire le chômage des jeunes et de faciliter leur insertion en emploi. Retrait en rase campagne dans les deux cas. Résultat, la France a aujourd’hui des taux de chômage des jeunes et de NEETs (les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation) parmi les plus élevés d’Europe. Alors que nos finances publiques sont en quasi faillite, on va donc claquer des milliards en plus pour des bâtis de lycées que les régions ont largement rénové par rapport à leur situation d’il y a 40 ans (et alors que les effectifs d’élèves vont beaucoup diminuer dans les prochaines années), pour des universités dont le principal problème est la surpopulation des premiers cycles par défaut de sélection adaptée, et on va supprimer ou dévitaliser Parcoursup sans aucune solution de rechange pertinente. Encore un beau gâchis dont on pourra créditer une fois de plus la mobilisation opportuniste des structures de jeunesse de l’extrême-gauche, elles-mêmes stimulées par leurs aînés. Tant que le pouvoir en France ne saura pas résister aux manifs, elle restera largement irréformable.

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