Journal d'actualité libéral
|
lundi 19 janvier 2026

Eloge de l’énergie nucléaire

Temps de lecture : 4 minutes

énergie nucléaire

L’énergie nucléaire est nécessaire aujourd’hui en France car :

  • elle est disponible et économique,
  • elle rend notre pays (ainsi que l’Europe) plus indépendant des producteurs de pétrole et de gaz,
  • elle est propre (malgré ses déchets) et ne produit pas (ou peu) de gaz à effet de serre.

Ces trois arguments sont essentiels, même s’il y en a de nombreux autres.

Une énergie disponible

La France dispose de tous les atouts pour développer l’énergie nucléaire pour la production d’électricité et de chaleur sans dépendre de l’extérieur pour les techniques et les fabrications. La dépendance extérieure ne concerne que l’uranium, qui n’est plus extrait en France depuis plus de 20 ans car la teneur en uranium des mines étant faible, leur exploitation s’est révélée plus coûteuse que celle des mines à plus forte teneur en uranium de pays grands producteurs comme le Canada, l’Australie, le Kazakhstan (et d’autres pays).

La France, tout en fermant ses mines d’uranium, a pris des intérêts dans des compagnies minières dans de nombreux pays. Elle est donc moins dépendante d’autres pays que pour ses importations de pétrole et de gaz restreintes à un monopole réduit de producteurs (principalement Moyen-Orient, Russie, Etats-Unis).

Les nombreux producteurs d’uranium comptent des sociétés françaises bien placées depuis longtemps pour exploiter elles-mêmes des mines à l’étranger.

De plus, l’énergie nucléaire fournit de nombreux emplois en France.

Dans les années 1980, des considérations essentiellement économiques ont primé sur l’indépendance nationale qui était devenue secondaire. Elle revient aujourd’hui au premier plan des préoccupations de la France et aussi de l’Union européenne inquiète de voir sa dépendance énergétique s’accentuer : plus de 50 % de son approvisionnement énergétique provient de l’extérieur, ce taux est de 44% pour la France.

Une source d’électricité économique

L’opinion publique associe généralement le développement du nucléaire en France au général de Gaulle qui tenait beaucoup à l’indépendance énergétique de la France. Il a, certes, joué un rôle important pour son futur développement, mais les décisions qui ont doté la France d’un grand programme nucléaire ont été prises suite à la crise pétrolière de 1973, notamment par Pierre Messmer, alors Premier ministre du Président Georges Pompidou, bien après la mort du général de Gaulle en 1970.

L’énergie nucléaire est compétitive dans la durée. L’électricité ainsi produite est économique par rapport aux centrales au gaz et au charbon qui seront de plus en plus affectées par des dépenses supplémentaires liées aux effets sur l’environnement.

Il n’y a pas de menaces sur l’augmentation du coût de l’électricité nucléaire. L’abondance de l’uranium naturel et sa répartition variée protègent d’une envolée de son prix. Même dans cette hypothèse, l’incidence sur le prix final de l’électricité serait faible pour le consommateur car le coût de l’uranium naturel ne représente qu’une part infime (5%) du coût de production de l’électricité (et moins de 2% du prix de vente aux particuliers).

Aucune raison technique ne justifie aujourd’hui l’explosion du prix de l’électricité, sinon de mauvais choix de politiques énergétiques, notamment en faveur des éoliennes et des panneaux photovoltaïques aux productions erratiques et intermittentes, le plus souvent d’origine étrangère.

L’énergie nucléaire est économique et elle présente en plus la garantie de le rester, contrairement à l’énergie fournie par les combustibles fossiles (charbon, gaz ou pétrole).

Une source propre qui ne produit aucun gaz à effet de serre

C’est une énergie propre pour l’environnement même s’il existe aussi des contraintes et des inconvénients centrés essentiellement autour de deux problèmes : la sûreté et les déchets.

Concernant la sûreté, les résultats sont excellents en France, et il faut bien sûr veiller à maintenir cette situation. C’est une énergie sûre comparée aux barrages, au charbon ou au gaz.

Concernant les déchets, une solution de référence parfaitement valable et acceptée par la représentation nationale existe : le stockage géologique à grande profondeur déjà utilisé dans d’autres pays (Etats-Unis, Suède et Finlande) et encore à l’étude dans d’autres. Il reste à la mettre en œuvre en France

Cependant, une partie de l’opinion publique en doute encore parce qu’une propagande antinucléaire efficace pérore dans les médias qu’il n’y a pas de solution et que le stockage géologique comporte un risque pour eux et pour les futures générations. C’est une erreur.

Par ailleurs, la prolifération d’armes nucléaires n’est pas liée au développement d’un programme nucléaire civil de production d’électricité (et de chaleur). C’est donc un faux problème parfois mis en avant.

C’est pourtant par crainte de la prolifération des armes nucléaires que le président américain Jimmy Carter a brusquement interdit le retraitement des combustibles nucléaires usés en 1977, ainsi que l’usage civil du plutonium sur le territoire des États-Unis, et donc le développement des réacteurs surgénérateurs à neutrons rapides (RNR).

Il a lancé une étude internationale, International Nuclear Fuel Cycle Évaluation (INFCE), dans l’espoir de voir interdire dans le monde l’usage du plutonium à usage civil.

Mais le Français Georges Vendryes, père des RNR en France (Phénix et Superphénix), a orchestré la riposte avec les pays favorables au développement des RNR. L’étude a duré de 1977 à 1980 et les avantages du retraitement du combustible usé ont finalement été reconnus.

Les pays qui souhaitent se doter de l’arme nucléaire utilisent essentiellement l’enrichissement de l’uranium avec des centrifugeuses qui se passent totalement de réacteurs nucléaires. C’est la voie la plus directe et la plus efficace pour qu’un pays, (comme l’Iran par exemple) puisse se doter d’un armement nucléaire.

Pourtant, les anti-nucléaires ne cessent de répéter, à tort, qu’il y a un lien direct entre l’énergie nucléaire à des fins civiles et son utilisation à des fins militaires.

En revanche, le risque terroriste contre des installations nucléaires doit être pris en compte.

Indépendance énergétique

En France, l’électricité est produite à 95% sans énergie fossile, essentiellement grâce au nucléaire (plus de 67% en 2024).

L’énergie nucléaire issue de la fission de l’uranium, et peut-être plus tard du thorium, est donc économique, abondante, propre, pilotable et durable. Elle permet de s’affranchir, au moins partiellement, des énergies fossiles et ne produit pas de gaz à effet de serre.

Voilà pourquoi c’est une énergie d’avenir indispensable en France, et dans les pays du monde qui voudront s’en doter et qui pourront se permettre cette technologie.

Illustration de couverture ©wirestock surFreep!k

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


24 réponses

    1. C’est de la vapeur qui provient de la condensation de l’eau contenue dans l’air (comme le brouillard). Elle est produite par la chaleur échangée avec le circuit de refroidissement du réacteur. Elle se dissout ensuite en se refroidissant.

    2. Ce n’est pas un gaz, c’est de la vapeur d’eau qui s’évapore et qui représente une quantité totalement négligeable devant l’évaporation naturelle des océans.

    3. Ce qui sort des cheminées est de la vapeur d’eau. Celle-ci se condense très rapidement pour former un nuage de gouttelettes à l’origine du panache blanc qui s’élève au dessus des aéroréfrigérants. La vapeur d’eau est un gaz à effet de serre mais ici sa durée de vie n’est que de quelques secondes avant de se condenser. Cela n’a donc rien à voir avec le CO2 qui est un gaz à effet de serre qui a une durée de vie de plusieurs milliers d’années dans l’atmosphère.

      1. Effectivement, ce qui sort des aéroréfrigérants est de la vapeur d’eau qui est bien un gaz et qui est aussi, et de très loin, le principal gaz à ‘effet de serre’ nom hélas très mal choisi mais soyons pragmatique.
        La vapeur d’eau issue du processus de refroidissement sera sans véritable action sur le climat car ce n’est pas une nouvelle quantité de gaz qui est injectée dans l’atmosphère et cette vapeur d’eau va rapidement se retrouver dans son état liquide initial avec un bilan global nul.
        Par contre et bien que cette fausse information circule sur la plupart de nos médias, la durée de vie statistique du gaz carbonique est de l’ordre de 5 ans gérée par les échanges permanents entre l’atmosphérique et les différents puits de carbone terrestres. Cela ne veut pas dire pour autant que la concentration atmosphérique de gaz carbonique ne pourra pas augmenter si des quantités de gaz carbonique sont régulièrement injectées au-delà d’un certain seuil, soit du fait des activités humaines (utilisation des énergies fossiles, modification de l’utilisation des sols…) soit par des phénomènes naturels comme le volcanisme ou, en cas de hausse globale des températures terrestres quelle qu’en soit la cause, une plus grande évaporation des océans.

  1. C’est vrai à court terme, jusqu’à un moyen terme qu’on peut évaluer à 50-100 ans. Au delà, la technologie française actuelle des REP se heurtera à la raréfaction des ressources en uranium naturel, d’autant que de plus en plus de pays souhaitent développer l’électro nucléaire.
    Il est donc urgent que notre pays se tourne dès aujourd’hui, pour une échéance que plusieurs experts positionnent autour de 2070, vers les RNR, technologie qui « brûle » la totalité du minerai d’uranium et pas seulement les 0,7 % de ce minerais qui sont fissiles : ce qui multipliera par plus de 100 l’échéance de la pénurie d’uranium. EDF maîtrise déjà les RNR, grâce à l’expérience de Phénix et Superphénix aujourd’hui mis à l’arrêt : il s’agit donc de les « moderniser » en s’appuyant sur des solutions qui ont leurs preuves.
    Ce qui laissera largement assez de temps pour mettre au point la technologie d’après, celle des réacteurs à fusion qui n’utilisent pas d’uranium.

    1. Oui, il est étonnant ue Michel Gay, trés au fait de ces problèmes ne mentionne pas les RNR qui résolvent pratiquement tous les problèmes liés à l’utilisation de la fission nucléaire (approvissionnement en combustible et déchets)
      Quand le programme nucléaire français à été lancé, dans les années 1970 cet aspect avait complètement été intégré avec le réacteur de recherche Phoenix puis sa version industrielle Superphoenix.
      Il faut croire que les facultés intellectuelles en France ont fortement baissé depuis cette époque pour que le nouveau programme nucléaire français n’englobe plus ce complément indispensable.
      Mais c’est vrai que Lionel Jospin d’abord en arrêtant Superphoenix puis Emmanuel Macron en stoppant le programme ASTRID sont passés par là.
      De grands visionnaires!

  2. C’est une très bonne analyse. Mais pourquoi ne pas insister sur une orientation française vers superphenix qui résout le problème des déchet et pourquoi lequel la France était ( avant Macron) bien en avance

    1. Lionel Jospin, ce grand visionnaire de salon à tué le seul risque sérieux pouvant nuire à sa croyance antinucléaire sacrée. En effet l’argument des déchets serait tombé de lui même !

  3. Ce qui est vraiment incroyable c’est qu’il y a eu dans le passé d’énormes controverses sur les déchets nucléaires, dont on ne savait que faire, ce qui a en grande partie monté l’opinion contre le nucléaire, et maintenant on n’en entend quasiment plus parler !!! Où sont les experts des problèmes insolubles ? On aimerait bien en entendre des fiables sur la question. Ont-ils perdu la parole ?

  4. Excellent article.
    Anecdote pour les anti co2 :
    Celui qui a fermé Fessenheim est responsable de l’émission de 8 millions de tonnes de co2 supplémentaires par an…
    Et d’un gaspillage de près de 10 milliards d’euros de l’argent durement gagné par les français.
    Une rigolade Penelope et les costumes de Fillon!

  5. Cet excellent billet, oublie un argument français : le nucléaire existant depuis 2002, avec l’hydraulique, est suffisant en France et le sera pour 10 ans au moins. Les EnRintermittentes, tant depuis 2005 que dans l’affreux projet de PPE3, ne servent à rien en France, et n’ont fait que doubler le prix de l’électricité et menacent de recommencer. Les écolos, dans leur guerre contre le nucléaire ont eu tout faux (prix, impôts, normes favorables au gaz..) pour diminuer les émissions de CO2 et nos importations de combustibles et de machines.

    1. On ne discute pas avec ceux qui sont dans la croyance. Les ecolos ne raisonnent pas, si non ils seraient de l’avis de Michel Gay.

  6. La FUSION nucléaire, l’énergie PRESQUE idéale car elle a quand même un défaut.
    Elle ne peut pas fonctionner sans un fleuve dont le débit ne se réduit pas drastiquement en été, ce qui est de plus en plus fréquent et oblige à l’arrêt des réacteurs.
    La perfection n’est pas de ce monde …
    Avis peut-être à revoir quand la FISSION nucléaire sera opérationnelle.

    1. Très bonne réponse et contrairement à tout ceux ici qui ignorent que la vapeur d’eau est de loin le GES le plus important, le nucléaire , pour sa production , réchauffe aussi l’atmosphère

      1. Tout à fait, mais au regard de l’évaporation naturelle et de la puissance reçue par le soleil, les rejets directs de l’industrie nucléaire (vapeur et chaleur) ont a peu prés le même effet que pisser dans un lac pour en augmenter le niveau.
        Les effets principaux sur le climat sont d’ordre indirect: émission de GES pour la construction et les GES émis pour le cycle du combustible, ce qui, pour une centrale exploitée a pleine capacité sur sa durée de vie normale donne qq chose de l’ordre de 0.004Kg CO2/Kwh électrique produit.

    1. @ Bernard
      Qu’on soit dirigé par des gens compétents… (ce qui fait qu’on est très loin d’espérer d’apercevoir un début de virage vers la bonne direction…)

  7. Alors pour ceux qui ne croient pas que le premier gaz à effet de serre est la vapeur d’eau et que c’est les océans qui le dégazent, pourquoi nous emmerder avec nos dégazages de CO2 à cause de l’utilisation des fossiles

  8. La vapeur d’eau est bien un gaz et il est invisible. Ce que l’on voit sortir des cheminées des tours de refroidissement n’est plus de la vapeur mais de l’eau devenu à l’état liquide. La condensation si vous préférez.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.