Journal d'actualité libéral
|
mercredi 10 juin 2026

Energie solaire : quand les subventions déstabilisent le marché

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis vingt ans, le secteur des panneaux solaires photovoltaïques est arrosé de subventions massives. Selon la base de données de l’OCDE, la production de cellules et modules photovoltaïques solaires a été le secteur industriel le plus aidé entre 2005 et 2024, à hauteur, en moyenne, de 3,2 % du chiffre d’affaires des entreprises, contre 0,9 % pour l’ensemble des secteurs. Au-dessus de ce dernier chiffre se situent aussi, mais dans une proportion moindre, l’acier (1,4 %), l’aluminium (1,7 %), l’engrais (1,3 %).

L’intervention publique a créé une surcapacité chronique : la production mondiale de modules solaires est passée de 38,1 gigawatts (GW) en 2014 à près de 773 GW en 2024. Autrement dit, elle a été multipliée par plus de 20 en dix ans. Cela ne signifie cependant pas que les entreprises fonctionnent à plein régime. Le taux d’utilisation des capacités de production – la proportion réellement exploitée pour fabriquer des modules destinés à la vente – a diminué : de 86 % en 2018 à 63 % en 2024.

Cette situation de surcapacité et de sous-utilisation a eu un effet direct sur le marché : les prix ont chuté drastiquement. En 2008, le coût moyen d’un watt de module solaire était supérieur à 3,92 USD/watt, mais en raison de l’excès d’offre par rapport à la demande, il est tombé à 0,13 USD/watt en 2024. La logique économique est simple, tout le monde la comprend : lorsqu’il y a beaucoup plus de produits disponibles que de clients pour les acheter, la concurrence entre producteurs pousse les prix vers le bas. Certes, cela peut sembler être une bonne chose pour les consommateurs, mais la pression sur les fabricants, qui doivent écouler leurs stocks et rester compétitifs, est trop forte.

Un exemple vient de Chine : en 2024, malgré de fortes subventions, plusieurs entreprises ont subi des pertes conséquentes, une baisse de revenus et il y a eu des licenciements. Cette même année, les prix ont tellement chuté qu’ils ont été en moyenne inférieurs au seuil de rentabilité pour de nombreuses entreprises.

Le solaire est certes un secteur particulier mais il n’en reste pas moins que la leçon peut servir à bien d’autres : les subventions, qui sont souvent idéologiques, déséquilibrent le marché, entraînent une surcapacité et réduisent les prix au point de mettre les entreprises en difficulté. Ce qui se produit rarement lorsqu’on laisse les prix et la demande guider les investissements.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


5 réponses

  1. Moyennant quoi bien des terres agricoles ou sauvages se voient recouvertes d’abominables linceuls massacrant la biodiversité et les paysages, sans d’un écolo ne s’émeuve !

    1. Pas besoin d’etre écolo pour s’en émouvoir mais les dernières lois donnent tout pouvoir aux Préfets pour approuver les projets dès que considérés « d’interet national majeur », porte ouverte à toutes les dérogations aux codes de l’urbanisme, de l’environnement, etc. Les associations de citoyens essayent de lutter devant les tribunaux mais les opérateurs multiplient les appels jusqu’au Conseil d’état; une idée de ce que cela coute, quelle que soit l’issue?

  2. Reste à comprendre pourquoi une telle faiblesse de la demande alors que tout indique qu’elle devrait être forte : Diminution du coût de l’électricité pour un foyer, Diminution de la dépendance au réseau… ??

    1. La baisse globale de la demande d électricité s explique prioritairement par notre desindustrialisation

  3. Nous avons effectivement avons besoin de plus de marché, y compris pour les services comme les réserves de capacité ou l’équilibrage du réseau. Nous assistons je pense au démarrage d’un mouvement schumpeterien classique et les acteurs en place, nucléaire en particulier, risquent l’obsolescence et en appellent à une aide massive de l’état pour le renouvellement des leurs capacités, infinancables par le marché. Le développement des énergies renouvelables est un cas d’école formidable pour les libéraux. Une énergie, en particulier pour le photovoltaïque + stockage, moins chère , plus décentralisée, en phase d’amélioration des coûts et des performances et dont l’une des clés est la diffusion de mécanisme de marché et de trading.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.