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dimanche 10 mai 2026

Epidémie de gaullisme social à droite et à l’extrême droite

Temps de lecture : 2 minutes

La brebis galeuse du gaullisme fait des émules. Paraphrasant André Malraux, nous pourrions dire malicieusement que tout le monde a été, est ou sera gaulliste social… Certes, la proximité d’une élection présidentielle est propice à l’invocation des « grands hommes ». Mais, ce que nous constatons, c’est qu’il ne s’agit plus tant de se référer au héros de la France libre que de s’inscrire dans un courant politique d’appoint au gaullisme : le gaullisme social ou… gaullisme de gauche.

En effet, c’est un tir groupé d’hommes politique de droite et d’extrême droite auquel nous assistons depuis quelques mois. Nous venons de consacrer une pendule à Gérald Darmanin, partisan d’une « ligne gaulliste sociale modernisée ». Il y avait déjà Xavier Bertrand, lui aussi gaulliste social revendiqué, comme Jean Castex, Michel Barnier, notre Premier ministre Sébastien Lecornu, entre autres. Nous ne pouvons tous les mentionner.

Maintenant, c’est à l’extrême droite que le concept fait florès. Dans un entretien donné au Figaro, le polytechnicien François Durvye, présenté comme « longtemps conseiller de l’ombre de Marine Le Pen » et comme « nouveau conseiller spécial de Jordan Bardella », conteste que le Rassemblement National ait un programme économique socialiste : « En vérité le RN, sur le plan économique, est l’héritier du gaullisme social ». Il fait part de son attachement au « modèle social » français, dont la défense « ne passe que par une économie libre et prospère et sans cette prospérité, il n’y a pas de progrès social, à condition que l’État joue son rôle ». Il s’agit de réconcilier « les ambitions nationales et les intérêts économiques ». Nous traduisons : il s’agit de préserver un « modèle social » qui plombe notre pays et dont personne ne veut à l’étranger, avec une économie prétendument libre mais sur fond d’étatisme et de nationalisme. Cet embrouillamini caractérise une mouture de troisième voie qui navigue entre le capitalisme et le socialisme.

Le journaliste du Figaro pose ensuite une question étrange compte tenu des idées exprimées précédemment : « Etes-vous libéral ? ». La réponse vaut d’être intégralement citée : « Je crois à la liberté de l’entreprise et je crois que l’entreprise est le lieu de création de valeur, et qu’ensuite cette valeur bénéficie à tous et permet le financement d’un modèle social que nous souhaitons défendre. Je ne sais pas si être cela, c’est être libéral ».

On pourra louer François Durvye pour oser soutenir la liberté d’entreprendre, un fait trop rare pour ne pas être souligné. Mais Frédéric Bastiat aurait rétorqué : la deuxième partie de votre propos détruira la première…

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9 réponses

  1. « Je crois à la liberté de l’entreprise et je crois que l’entreprise est le lieu de création de valeur, et qu’ensuite cette valeur bénéficie à tous… »

    Il suffit de couper la partie finale de la phrase pour passer de la démagogie socialisante à une pensée de droite qu’on débarrassera de l’adjectif « extrême ».

  2. « qui plombe notre pays et dont personne ne veut à l’étranger » oui , mais auquel tant de français (une majorité) sont attachés (au propre comme au figuré) . Nous sommes en démocratie, et donc la majorité choisit …. jusqu’à la chute .

  3. Tous ces politiciens – de gauche comme de droite- ne professent aucune conviction personnelle, ils n’affichent que celles qui leur rapportera des voix et servira leurs ambitions, quitte à proférer des contradictions, impossibilités ou reniements au cours du temps. Ce ne sont pas les compétences de de Gaulle qu’ils espèrent s’attribuer, c’est sa réputation de droiture et de dévouement à la France, c’est-à-dire ce dont ils manquent le plus.

  4. … votre conclusion décrit du pur « en même temps » !
    Rien ne changera, la France a décroché, au sens aéronautique du terme, c’est a dire qu’il lui faudra tomber encore plus bas pour reprendre de la vitesse et essayer de redresser… si elle ne s’est pas crashée avant.

  5. Être gaulliste est un tout, ne se referer qu’à une partie de l’œuvre de de Gaule relève de la « publicité mensongère ». S’il suffit de copier un acte de de Gaule pour se prétendre Gaulliste, alors je suis gaulliste… quand je vais aux toilettes!

  6. De Gaulle n’a jamais été un libéral (au sens économique). Il a toujours défendu une « troisième voie » entre le libéralisme et le socialisme. Cette 3e voie s’est incarnée dans la planification à la françaie, aujourd’hui oubliée, et une grand intervention de l’Etat dans les affaires économiques. Difficile, voire impossible, en France d’être élu en ne se référant pas au social. Bien qu’obèse notre Etat est toujours apprécié par tous ceux qui en profitent; etils sont très nombreux.

    1. Ah cette fameuse 3ème voie gauloise que tous les PR nous vendent a chaque élection comme le saint graal alors qu en réalité ce n est qu une vague fumisterie pour gogos
      Le GdG était un conservateur societal et etatiste mais qui avait su remettre de l ordre dans notre économie ravagée par la 4 ème république
      Le budget de l etat avait été drastiquement resserré

  7. C’est vrai, il tombe dans le « gaullisme social ».
    Mais pour autant, si le RN, et donc ce conseiller, n’affichait pas une volonté de défendre le « modèle social », il perdrait le vote des retraités, qui craignent fort que leurs pensions de retraite soient mises sous le boisseau et que l’assurance-maladie leur fasse acquitter des « restes à charges » significatifs (alors que ceci sera, en parallèle de la libération des talents, indispensable au rétablissement des comptes publics).
    Peut-être un libéral qui cache sa petite tronçonneuse ?
    Car, si on supprimait soudainement la surtaxation du travail et de l’épargne, que ferez-vous des vieux qui encombrent les hôpitaux, et des pensions attendues par les retraités actuels (que l’Iref aime bien défendre…) ? Vous les financerez par l’emprunt (qui va rapidement être impossible) ou bien en spoliant l’épargne ? On est coincé.

  8. Je pense que ceux qui affublent le concept du gaullisme à gaullisme de gauche, gaullisme social ne sont que des usurpateurs. Le gaullisme est un tout et tout adjectif qui lui est associé est une imbécillité. Bertrand, par exemple, n’a jamais été gaulliste et il ne le sera jamais.

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