L’Agence des participations de l’Etat (APE) vient de publier son rapport d’activités 2015-2016. Ce document de 130 pages, consacré à démontrer que l’Etat est un « actionnaire exemplaire », révèle en réalité un Etat omniprésent, mauvais gestionnaire, privilégiant le court terme et dont le portefeuille perd de la valeur. La vraie question qu’il n’aborde pas est simple : rien ne justifie, en économie de marché, que l’Etat soit actionnaire.
L’Agence des participations de l’Etat (APE) vient de publier son rapport d’activités 2015-2016. Ce document de 130 pages, consacré à démontrer que l’Etat est un « actionnaire exemplaire », révèle en réalité un Etat omniprésent, mauvais gestionnaire, privilégiant le court terme et dont le portefeuille perd de la valeur. La vraie question qu’il n’aborde pas est simple : rien ne justifie, en économie de marché, que l’Etat soit actionnaire.
L’ETAT ACTIONNAIRE DE 81 ENTREPRISES
L’APE publie chaque année un rapport sur ses activités. Si l’on veut bien dépasser le côté « autoglorification » du rapport, on découvre que l’Etat est loin d’avoir privatisé toutes les entreprises. Il reste un actionnaire essentiel. Encore faut-il préciser que l’APE ne montre qu’une partie de l’empire étatique : elle ne tient pas compte d’autres « bras armés » de l’Etat, comme la Caisse des dépôts, ni de la plupart des EPIC (Etablissements publics à caractère industriel et commercial). C’est dire que l’APE ne donne qu’une vue partielle du secteur public.
Pourtant, le domaine couvert par la seule APE est déjà impressionnant : l’Etat est tentaculaire et omniprésent, via son actionnariat, dans les entreprises. L’Agence prétend incarner « l’Etat actionnaire », ce qui, dans une économie libre, est déjà un non-sens en soi. A ce titre, l’APE gère un portefeuille de 81 entreprises, autour de quatre secteurs : les transports (la SNCF, Air-France, la RATP, le groupe ADP, ou encore Marseille-Fos), l’énergie (ENGIE, EDF, AREVA,…), les services et la finance (de France-Télévision au groupe La Poste, en passant par Orange, la FDJ, Dexia, l’Imprimerie Nationale ou Rungis), et enfin l’industrie, avec des participations dans Airbus, Thales, Safran, Giat Industries, Alstom, Monnaie de Paris, mais aussi Renault ou PSA.
UNE VALEUR DU PORTEFEUILLE EN CHUTE LIBRE
Le pourcentage du capital détenu varie, et peut atteindre 100%, aussi bien que des chiffres plus faibles (13,7% chez PSA par exemple), mais l’Etat s’octroie des privilèges (Les 13,7% détenus chez PSA donnent à l’APE 19,2% des droits de vote, car les droits de vote doubles lui donnent un poids supérieur à celui de son actionnariat). L’Etat est-il un bon gestionnaire ? En un an, d’avril 2015 à avril 2016, la valeur de son portefeuille boursier est passée de 83,1 milliards à 62,8 milliards, soit une perte de 24,5%, deux fois plus forte que le recul du CAC 40 (-12,2%). Le recul de l’énergie y est pour beaucoup, mais on peut s’interroger sur les choix en matière de restructuration du nucléaire et sur la gestion d’EDF et d’Areva. D’un strict point de vue financier, l’Etat ne se révèle pas un bon stratège, même si le rapport parle d’une « gestion avisée du portefeuille ».
FOCALISATION SUR LE COURT TERME ET SUR DES SUJETS SECONDAIRES
L’Etat encaisse d’importants dividendes (3,9 milliards en 2015, contre 4,1 en 2014). Certes le rapport affirme que l’APE a le souci de l’investissement, de « l’anticipation des évolutions stratégiques à venir » et que l’Etat est un actionnaire « responsable et exemplaire ». Mais où est le souci du long terme, quand on constate que l’Etat est généreux envers lui-même en matière de distribution de dividendes. Le rendement du seul dividende (4,36%) est 1% au-dessus de celui des entreprises du CAC 40. Il peut certes y a voir un biais sectoriel, mais, en dépit des affirmations du rapport, on peut difficilement voir dans cette politique de large distribution de dividendes un grand souci du long terme et de l’investissement via l’autofinancement.
En sens inverse, l’APE se focalise sur des questions telles que la féminisation des conseils, la lutte contre l’optimisation fiscale, la modération de la rémunération des dirigeants, la mise en place de la responsabilité sociale de l’entreprise, Certes, des sujets intéressants, mais on peut s’interroger sur leur pertinence, face aux enjeux essentiels d’innovation et de compétitivité.
UN SECTEUR PUBLIC PLETHORIQUE, QUE RIEN NE JUSTIFIE
Les 81 entreprises concernées représentent un ensemble économique considérable, avec un chiffre d’affaires de 147 milliards d’euros (7% du PIB), 90,9 milliards de capitaux propres et un total de 1 666 000 emplois (ce qui s’ajoute aux autres emplois publics de la fonction publique d’Etat, hospitalière ou territoriale). Non seulement l’Etat occupe une place considérable, par le poids des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, mais encore ses tentacules s’étendent au-delà, via les participations de l’APE.
L’APE se présente comme un modèle d’action stratégique, dans un monde en évolution rapide : éternelle présomption des hommes de l’Etat. Les échecs cuisants des politiques industrielles françaises et des projets mis en avant par l’Etat dans le passé devraient servir de leçon. Et surtout, ceux qui investissent leur propre argent dans des entreprises ont plus de raisons que les bureaucrates de faire les bons choix. Ni les échecs passés, ni l’expérience de nos voisins, ni la logique du marché, de la liberté d’entreprendre et de la subsidiarité, rien ne justifie que l’Etat garde des participations publiques. Pourtant, la question de la privatisation nécessaire est absente de l’élection présidentielle. Encore un domaine oublié de la campagne actuelle…
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Une réponse
L'état incompétent Nos gouvernants, contaminés par le virus "énarcotechnocratosoviétos", n'ont jamais su gérer. Il faut leur confier uniquement les fonctions régaliennes de l'état et encore !
Tout le reste doit être géré par le secteur privé.
l'état doit immédiatement céder toutes ses participations actuelles ce qui permettra à nos entreprises d'avancer.
Un fonctionnaire n'est pas fait pour gérer mais pour dépenser et taxer. Il n'a aucune idée de la création de richesse au sens noble puisqu'il n' a jamais su gagner de l'argent par ses propres moyens contrairement au secteur privé.
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Nos gouvernants, contaminés par le virus "énarcotechnocratosoviétos", n'ont jamais su gérer. Il faut leur confier uniquement les fonctions régaliennes de l'état et encore !
Tout le reste doit être géré par le secteur privé.
l'état doit immédiatement céder toutes ses participations actuelles ce qui permettra à nos entreprises d'avancer.
Un fonctionnaire n'est pas fait pour gérer mais pour dépenser et taxer. Il n'a aucune idée de la création de richesse au sens noble puisqu'il n' a jamais su gagner de l'argent par ses propres moyens contrairement au secteur privé.